
La guerre du Golfe relance la flambée pétrolière : le Brent franchit les 85 dollars
La rupture de la trêve entre Washington et Téhéran et la menace d’un double blocus des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb font craindre une crise d’approvisionnement mondiale.
La trêve américano-iranienne conclue en juin s’est effondrée en l’espace de quelques jours, replongeant le marché pétrolier dans la volatilité. Après le rétablissement du blocus naval américain sur les ports iraniens le 14 juillet, les frappes aériennes ont repris de part et d’autre du Golfe, visant pour la première fois des infrastructures proches de Téhéran. Le prix du baril de Brent a bondi de près de 12 % sur la semaine, s’établissant autour de 85 dollars le 17 juillet, tandis que le WTI américain dépassait les 80 dollars. Les flux de brut transitant par le détroit d’Ormuz ont nettement ralenti, et les stocks stratégiques libérés au printemps par l’Agence internationale de l’énergie n’ont pas été reconstitués, privant le marché de tout amortisseur.
À ce goulet d’étranglement s’ajoute une menace sur la mer Rouge. Selon des sources relayées par Reuters, Téhéran a demandé aux rebelles houthis du Yémen de se tenir prêts à fermer le détroit de Bab el-Mandeb en cas de frappe américaine contre ses infrastructures énergétiques. Or, depuis le début du conflit, l’Arabie saoudite a massivement réorienté ses exportations par cette voie pour contourner Ormuz ; en juin, 7,4 millions de barils par jour y transitaient, soit environ 7 % de la production mondiale. Les analystes de la banque allemande Commerzbank préviennent qu’un blocage simultané des deux détroits accentuerait la pression haussière sur les cours, tandis que le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a fait part de sa « vive inquiétude » si la situation ne s’améliore pas dans les prochaines semaines.
Les répercussions se lisent de manière contrastée selon les régions. En Russie, les observateurs du secteur énergétique évoquent une « fenêtre d’opportunité » : les exportations de brut depuis les ports de la Baltique et de la mer Noire ont atteint un niveau record de près de 3 millions de barils par jour en juin, principalement à destination de l’Inde, dont les achats de pétrole russe ont dépassé la moitié de ses importations totales. Au Nigeria, la presse souligne le décalage persistant entre la baisse antérieure du brut et les prix à la pompe, qui restent supérieurs à 1 000 nairas le litre, les coûts de change, de fret et de raffinage neutralisant l’effet de la détente passagère. Aux États-Unis, la remontée des cours ravive les craintes inflationnistes, même si les derniers chiffres de l’inflation sous-jacente sont ressortis inférieurs aux attentes.
Les marchés financiers continuent toutefois de considérer le conflit comme « gérable », les cours restant en deçà des pics d’avril-mai. Des médiateurs régionaux — Qatar, Égypte, Pakistan — s’efforcent de relancer des pourparlers, tandis que Washington a annoncé une communication gouvernementale mercredi prochain susceptible d’affecter plus de 4 000 produits, ajoutant une incertitude commerciale à la crise énergétique. La prochaine étape à surveiller sera donc la teneur de cette annonce et l’évolution des initiatives diplomatiques dans le Golfe.
| Presse africaine subsaharienne | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | 0.00 | neutral |
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
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