
Israël reclasse les crocodiles pour en faire des gardiens de prison
La ministre de l’Environnement a autorisé l’élevage de crocodiles du Nil à des fins sécuritaires, relançant le projet du ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir d’entourer les centres de détention palestiniens de reptiles.
La ministre israélienne de la Protection de l’environnement, Idit Silman, a signé le 15 juillet un décret reclassant les crocodiles du Nil de la catégorie « faune sauvage » à celle de « faune élevée en captivité », une modification réglementaire qui permet leur utilisation par des « organismes de sécurité ». Cette décision ouvre la voie au déploiement de ces reptiles autour des prisons où sont incarcérés des détenus palestiniens, un projet défendu depuis décembre 2025 par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Le ministre Ben Gvir, figure de l’extrême droite israélienne, a salué la mesure en publiant sur les réseaux sociaux une image générée par intelligence artificielle le montrant tenant un crocodile en laisse, accompagnée du message : « Tu penses à t’évader ? Réfléchis-y à deux fois. » Selon les médias israéliens, il s’inspire du centre de rétention pour migrants « Alligator Alcatraz » ouvert brièvement en Floride sous l’administration Trump. L’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) s’oppose fermement à ce projet, rappelant que la loi n’autorise la détention d’animaux sauvages qu’à des fins éducatives ou scientifiques. « Nous devons les protéger, pas nous faire protéger par eux », a déclaré un responsable de l’INPA. La conseillère juridique du ministère de l’Environnement, Neta Drori, a également estimé que le plan manquait de base légale et professionnelle, soulignant que le Service pénitentiaire ne possédait pas l’expertise requise pour gérer des animaux dangereux.
Concrètement, le décret transfère la supervision des crocodiles de l’INPA à un « organisme de sécurité », tel que le Service pénitentiaire israélien, placé sous l’autorité de Ben Gvir. Le ministre envisage d’installer les premiers spécimens autour de la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev, où sont détenus de nombreux militants du Hamas capturés après l’attaque du 7 octobre 2023. Cette prison abrite une population carcérale palestinienne dont les conditions de détention se sont, selon des organisations de défense des droits humains, considérablement durcies depuis le début de la guerre à Gaza. Des groupes environnementaux israéliens ont en outre souligné l’inefficacité d’un tel dispositif en hiver, le métabolisme des crocodiles ralentissant avec le froid.
Au-delà de la controverse technique, cette mesure illustre la radicalisation de la politique pénitentiaire israélienne à l’égard des Palestiniens. Dans les colonnes du quotidien Haaretz, des éditorialistes ont dénoncé une « barbarie érigée en politique d’État » et une « mise en scène sadique » assumée par le gouvernement. L’inspiration trumpiste revendiquée par Ben Gvir – le centre floridien avait été fermé après moins d’un an d’exploitation – inscrit cette initiative dans un alignement sur les franges les plus dures de la droite américaine. En Europe, où la question du traitement des détenus palestiniens est régulièrement soulevée par des diplomaties et des ONG, ce projet pourrait accentuer les critiques adressées à l’État hébreu.
Le décret a été signé en dépit de l’avis défavorable de la conseillère juridique du ministère, ce qui fragilise sa validité. Le plénum de l’Autorité de la nature et des parcs doit se réunir prochainement pour examiner la question, tandis que des recours juridiques ne sont pas exclus. En attendant, le Service pénitentiaire israélien n’a pas officiellement confirmé le calendrier de mise en œuvre, et plusieurs officiers auraient, selon la chaîne 13, accueilli la proposition initiale par des « moqueries ».
| Presse latino-américaine | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
| Presse chinoise | 0.00 | neutral |
Israel opens the door to a dangerous and cruel measure, driven by a far-right minister, that prioritizes security over animal welfare and human rights.
By focusing on Ben Gvir's figure and the U.S. precedent, the measure is portrayed as an authoritarian escalation rather than an administrative decision.
It omits that the specific prison is Ketziot, holding Palestinian detainees captured after October 7, which would contextualize the measure within post-attack repression.
Italy and France denounce a medieval and inhumane project that turns crocodiles into tools of repression against Palestinians, backed by a far-right minister.
By using historical analogies (Neapolitan legend) and citing protests from environmental authorities, a picture of barbarity and illegality is constructed.
It omits that the reclassification could have other legitimate uses, such as conservation, and focuses solely on the prison aspect.
China reports the regulatory change as an administrative move, emphasizing legal procedure and security objectives, without value judgment.
By presenting the decision as a simple technical reclassification, it avoids discussing political and humanitarian implications, normalizing the measure.
It omits that the proposal is specifically for Palestinian detainees and that Ben Gvir is a far-right minister, as well as criticism from environmental authorities.
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