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Géopolitique et Politiquesamedi 25 juillet 2026

Guterres à Damas : première visite d’un chef de l’ONU depuis 2009

Le secrétaire général des Nations unies a plaidé pour le respect de la souveraineté syrienne et un soutien international accru à la reconstruction du pays.

Arrivé samedi à Damas, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a été accueilli par le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, avant de s’entretenir avec le président de transition Ahmad al-Charaa. Il s’agit du premier déplacement d’un chef des Nations unies en Syrie depuis la visite de Ban Ki-moon en 2009, deux ans avant le déclenchement d’une guerre civile qui a fait plus d’un demi-million de morts. Qualifiant son voyage de « visite de solidarité », M. Guterres a souligné que l’ONU se tient aux côtés des Syriens « à ce moment charnière » et a appelé la communauté internationale à « ne ménager aucun effort » pour les soutenir.

Les autorités de Damas, qui cherchent à sortir de décennies d’isolement, ont mis l’accent sur l’urgence de la reconstruction et la levée complète des sanctions encore en vigueur. Selon le ministre al-Chaibani, quelques 3,5 millions de réfugiés sont déjà rentrés, mais le pays, où 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, a besoin d’un appui massif pour passer de l’aide humanitaire au développement durable. Les États-Unis et l’Union européenne ont assoupli une partie de leurs sanctions, mais les effets sur le terrain restent limités, tandis que les coupes dans l’aide internationale aggravent la précarité. Le gouvernement syrien entend profiter de cette visite pour consolider sa réintégration diplomatique, au-delà de ses alliés traditionnels russes et iraniens.

M. Guterres a par ailleurs exigé la cessation des « violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale syriennes », dénonçant en particulier ce qui se produit autour du Golan, qu’il a rappelé être « un territoire syrien ». Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, l’armée israélienne s’est déployée dans la zone tampon patrouillée par la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et mène régulièrement des frappes et incursions en profondeur. Damas réclame un retrait israélien immédiat et inconditionnel. Des cycles de négociations directes entre les deux parties ont abouti à un mécanisme de coordination, sans pour autant faire cesser les opérations militaires israéliennes, condamnées par l’ONU et plusieurs capitales occidentales.

Cette visite intervient dans un contexte intérieur fragile. La transition menée par le pouvoir islamiste issu de l’ex-rébellion a été émaillée d’épisodes de violences confessionnelles, notamment dans les régions alaouites et druzes, qui ont mis à l’épreuve les promesses de protection des minorités. M. Guterres doit s’adresser au nouveau parlement lundi et rencontrer des représentants de la société civile. Son déplacement fait suite à celui du président français Emmanuel Macron et s’inscrit dans une dynamique de réengagement international, marquée aussi par l’annonce de Washington de retirer la Syrie de sa liste des États soutenant le terrorisme. Le dossier syrien reste néanmoins suspendu à la capacité du nouvel exécutif à bâtir des institutions inclusives et à garantir la stabilité de l’ensemble du territoire.

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samedi 25 juillet 2026

Guterres à Damas : première visite d’un chef de l’ONU depuis 2009

Le secrétaire général des Nations unies a plaidé pour le respect de la souveraineté syrienne et un soutien international accru à la reconstruction du pays.

Arrivé samedi à Damas, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a été accueilli par le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, avant de s’entretenir avec le président de transition Ahmad al-Charaa. Il s’agit du premier déplacement d’un chef des Nations unies en Syrie depuis la visite de Ban Ki-moon en 2009, deux ans avant le déclenchement d’une guerre civile qui a fait plus d’un demi-million de morts. Qualifiant son voyage de « visite de solidarité », M. Guterres a souligné que l’ONU se tient aux côtés des Syriens « à ce moment charnière » et a appelé la communauté internationale à « ne ménager aucun effort » pour les soutenir.

Les autorités de Damas, qui cherchent à sortir de décennies d’isolement, ont mis l’accent sur l’urgence de la reconstruction et la levée complète des sanctions encore en vigueur. Selon le ministre al-Chaibani, quelques 3,5 millions de réfugiés sont déjà rentrés, mais le pays, où 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, a besoin d’un appui massif pour passer de l’aide humanitaire au développement durable. Les États-Unis et l’Union européenne ont assoupli une partie de leurs sanctions, mais les effets sur le terrain restent limités, tandis que les coupes dans l’aide internationale aggravent la précarité. Le gouvernement syrien entend profiter de cette visite pour consolider sa réintégration diplomatique, au-delà de ses alliés traditionnels russes et iraniens.

M. Guterres a par ailleurs exigé la cessation des « violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale syriennes », dénonçant en particulier ce qui se produit autour du Golan, qu’il a rappelé être « un territoire syrien ». Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, l’armée israélienne s’est déployée dans la zone tampon patrouillée par la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et mène régulièrement des frappes et incursions en profondeur. Damas réclame un retrait israélien immédiat et inconditionnel. Des cycles de négociations directes entre les deux parties ont abouti à un mécanisme de coordination, sans pour autant faire cesser les opérations militaires israéliennes, condamnées par l’ONU et plusieurs capitales occidentales.

Cette visite intervient dans un contexte intérieur fragile. La transition menée par le pouvoir islamiste issu de l’ex-rébellion a été émaillée d’épisodes de violences confessionnelles, notamment dans les régions alaouites et druzes, qui ont mis à l’épreuve les promesses de protection des minorités. M. Guterres doit s’adresser au nouveau parlement lundi et rencontrer des représentants de la société civile. Son déplacement fait suite à celui du président français Emmanuel Macron et s’inscrit dans une dynamique de réengagement international, marquée aussi par l’annonce de Washington de retirer la Syrie de sa liste des États soutenant le terrorisme. Le dossier syrien reste néanmoins suspendu à la capacité du nouvel exécutif à bâtir des institutions inclusives et à garantir la stabilité de l’ensemble du territoire.

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