
Médiation pakistanaise : Téhéran remercie Islamabad et esquisse une coopération renforcée
La visite du président iranien au Pakistan, au lendemain de l’accord avec Washington, illustre le rôle central d’Islamabad dans les négociations et les attentes économiques qui en découlent.
Le président iranien Massoud Pezeshkian s’est rendu ce mardi à Islamabad pour une visite officielle d’une journée, accueilli avec les honneurs militaires par son homologue Asif Ali Zardari et le Premier ministre Shehbaz Sharif. Selon les déclarations officielles iraniennes, ce déplacement vise à exprimer la gratitude de Téhéran pour le rôle de médiation joué par le Pakistan dans les pourparlers avec les États-Unis, qui ont abouti à un mémorandum d’accord. M. Pezeshkian a souligné que l’engagement d’Islamabad pour la paix dans la région était « plus grand que le nôtre » et que le Pakistan avait joué un « rôle irremplaçable » dans la finalisation de ce texte.
Du côté pakistanais, la présidence a publié un communiqué affirmant que cette rencontre témoigne de la volonté des deux pays d’entrer dans une « nouvelle phase de coopération stratégique ». Le président Zardari a qualifié les relations bilatérales d’historiques, fondées sur des liens religieux et culturels communs, et a salué la « résistance sans pareille » du peuple iranien. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a pour sa part déclaré que la préférence d’Islamabad pour le dialogue plutôt que la confrontation avait été reconnue internationalement, et que les relations avec l’Iran allaient se renforcer.
L’analyse publiée par l’agence Reuters, reprise par plusieurs médias régionaux, indique que ce rôle de médiateur a rehaussé le profil diplomatique du Pakistan et pourrait lui apporter des bénéfices économiques. Des analystes basés à Washington estiment que le pays pourrait s’intégrer davantage dans l’économie élargie du Moyen-Orient, tandis qu’un ancien ministre des Finances pakistanais, Miftah Ismail, évoque la possibilité d’un essor du commerce bilatéral avec l’Iran, notamment via la frontière du Baloutchistan, en cas d’allègement des sanctions. Toutefois, plusieurs économistes pakistanais mettent en garde : sans réformes structurelles, ces gains ne résoudront pas les déséquilibres profonds – inégalités, base fiscale étroite, dépendance au FMI – qui caractérisent l’économie nationale.
Sur le plan régional, le commandement militaire américain (CENTCOM) maintient deux porte-avions en état d’alerte au Moyen-Orient, tandis que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz se poursuit normalement, contrairement aux affirmations des Gardiens de la révolution iraniens, selon les données de suivi naval relayées par Reuters. Le Danemark et l’Italie ont rouvert leurs ambassades à Téhéran, invoquant une amélioration de la situation sécuritaire. Parallèlement, le ministère israélien des Affaires étrangères accuse le Hezbollah d’avoir construit, avec un financement iranien, un réseau d’infrastructures militaires au Sud-Liban. Les discussions techniques entre l’Iran et les États-Unis doivent se poursuivre dans le cadre de la feuille de route adoptée en Suisse, qui prévoit un accord final sous soixante jours. La visite de M. Pezeshkian inclut également des volets commerciaux, sécuritaires et de connectivité régionale, et une invitation a été lancée au président Zardari pour un prochain déplacement à Téhéran.
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Le président Pezeshkian s'est rendu au Pakistan à bord d'un avion spécial baptisé en mémoire des 168 élèves martyrs de Minab, honorant leur souvenir tout en renforçant les liens bilatéraux. Il a reçu un accueil chaleureux et les rencontres au plus haut niveau ont souligné la gratitude pour le rôle pacificateur du Pakistan et l'engagement commun en faveur d'une nouvelle phase de coopération stratégique, de sécurité régionale et de connectivité économique.
La médiation pakistanaise entre l'Iran et les États-Unis a suscité des éloges diplomatiques, faisant naître l'espoir d'un dividende économique pour Islamabad. Mais les analystes préviennent que ce capital politique ne suffira probablement pas à guérir les fractures structurelles profondes d'une économie historiquement prisonnière de cycles d'expansion et de récession.
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