
L’Iran veut imposer un péage sur le détroit d’Ormuz, Washington et Mascate tracent une route alternative
Téhéran menace d’agir unilatéralement si Oman refuse un accord de contrôle maritime, tandis que les États-Unis et leurs alliés du Golfe développent un corridor sud pour contourner la pression iranienne.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré le 30 juin que l’Iran souhaitait conclure un accord avec Oman pour superviser le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, tout en se réservant la possibilité d’agir seul si Mascate ne donnait pas suite. Cette annonce intervient alors que, selon des sources militaires américaines, les États-Unis et Oman orientent depuis plusieurs semaines une part croissante du trafic commercial vers un corridor sud longeant la côte omanaise, hors de portée immédiate des forces iraniennes. D’après la société de renseignement maritime Windward, près de la moitié du trafic entrant emprunte déjà cette route alternative.
Du côté américain, le président Donald Trump a martelé sur les réseaux sociaux qu’il n’y aurait « aucun péage » à l’issue de la période de négociation de soixante jours prévue par le mémorandum d’entente. Des responsables saoudiens, par la voix du ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, ont rejeté toute remise en cause du statu quo, estimant que la gestion du détroit fonctionnait avant le conflit. Les capitales européennes, sans être directement parties aux pourparlers, suivent le dossier avec attention : selon des analystes maritimes basés à Paris, un précédent de péage sur un détroit naturel pourrait fragiliser le principe de liberté de navigation inscrit dans la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, et encourager d’autres États riverains de points de passage stratégiques – de la Turquie à l’Indonésie – à revoir leur propre position.
L’enjeu dépasse le seul trafic pétrolier. Les attaques menées par les Gardiens de la révolution contre des navires empruntant le corridor sud ont, d’après d’anciens commandants de la Ve Flotte américaine, pour objectif de rendre l’assurance commerciale si coûteuse que les armateurs hésitent à revenir, sans qu’il soit nécessaire de fermer physiquement le détroit. En représailles, Washington a frappé des cibles militaires iraniennes liées aux opérations maritimes, avant qu’un cessez-le-feu ne soit annoncé et que des négociations soient programmées à Doha. Les marchés ont réagi : le trafic reprend timidement, avec le passage lundi de vingt-quatre navires de marchandises, dont un superpétrolier saoudien, selon les données de Kpler citées par Bloomberg.
Les discussions à venir entre l’Iran, les États-Unis, Oman et les États riverains du Golfe porteront sur « l’administration future et les services maritimes » du détroit, selon les termes du mémorandum. Téhéran, par le biais de médias proches des Gardiens de la révolution, présente déjà les amendements de dernière minute – notamment la clause sur l’administration future et la disposition temporaire sur les péages – comme des victoires diplomatiques. La position omanaise reste déterminante : en tant que partie à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, Mascate pourrait soit légitimer un mécanisme conjoint, soit isoler l’initiative iranienne. Les négociations de Doha, dont la date précise n’a pas été confirmée, devraient clarifier si le corridor sud devient une solution permanente ou un levier temporaire dans un rapport de force régional.
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L'Iran affirme de manière agressive son contrôle sur le détroit d'Ormuz, en utilisant des attaques et des menaces pour préserver son levier stratégique. Les États-Unis et leurs alliés ripostent en développant des corridors maritimes alternatifs, mais les actions de Téhéran accentuent les tensions et perturbent les flux pétroliers mondiaux. La situation reste volatile à l'approche de nouvelles négociations.
Le corridor maritime alternatif au large des côtes omanaises, destiné à contourner les menaces iraniennes, s'avère risqué après les récentes attaques. Les pourparlers entre l'Iran et Oman sur la gestion du détroit soulignent la complexité de sécuriser cette voie navigable vitale. L'affrontement entre Téhéran et Washington continue de menacer le passage sécurisé.
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