
L’économie mexicaine accélère au deuxième trimestre, mais la reprise latino-américaine reste déséquilibrée
L’indicateur avancé de l’activité au Mexique signale une croissance annuelle de 1,7 % en juin, tandis que les données régionales confirment une dynamique portée par les services et la dépense publique, l’industrie demeurant fragile.
L’économie mexicaine a changé de rythme au deuxième trimestre. Selon l’Indicateur opportun de l’activité économique (IOAE) publié par l’INEGI, le PIB a progressé de 1,7 % en juin en glissement annuel, après 1,6 % en mai et 2,2 % en avril. Ce sursaut porte la croissance estimée du trimestre à 1,8 % en rythme annuel, contre seulement 0,4 % au premier trimestre, et ramène l’acquis de croissance du premier semestre à 1,1 %. L’amélioration est principalement imputable aux activités tertiaires (+2,2 % en juin), qui représentent les deux tiers de l’économie, tandis que les activités secondaires, portées par la construction, repassent en territoire positif (+0,5 %) après des mois de faiblesse.
Ce rebond mexicain s’inscrit dans un paysage latino-américain où la reprise, bien que perceptible, demeure inégale et fortement dépendante des services et de la dépense publique. En Colombie, l’Indice de suivi de l’économie (ISE) a crû de 4,1 % en mai sur un an, un plus haut depuis juillet 2025, mais les analystes de la place de Bogotá soulignent que hors administration publique, santé et éducation, la hausse n’est que de 1,8 %. Au Brésil, le chiffre d’affaires réel des PME a progressé de 3,1 % en juin, tiré par un bond de 7 % du commerce, alors que l’industrie est restée stable. En Argentine, les consultants privés anticipent une hausse mensuelle de 0,3 % de l’estimation mensuelle d’activité (EMAE) pour mai, après une contraction de 1,5 % en avril, mais décrivent un mouvement en « dents de scie » qui peine à se consolider.
Les perspectives pour le second semestre restent prudentes. Au Mexique, le consensus des analystes interrogés par Citibanamex table sur une croissance de 1,1 % pour l’ensemble de 2026, un chiffre que le premier semestre a déjà atteint. Certaines institutions, comme Banorte, maintiennent une prévision de 1,4 %, misant sur une reprise modeste de l’investissement fixe et l’effet de la Coupe du monde de football. Le FMI a pour sa part abaissé sa projection à 1,2 % en juillet, tout en anticipant une accélération modérée. Les risques identifiés par les économistes de Mexico et de São Paulo incluent la révision de l’accord de libre-échange nord-américain (T-MEC), la faiblesse de l’investissement privé et un environnement extérieur incertain.
La prochaine étape déterminante sera la publication des données définitives de l’IGAE pour juin, qui confirmera ou infirmera l’estimation de l’IOAE. Les décisions de politique monétaire, notamment au Mexique où l’inflation reflue à 4,1 %, pourraient offrir des marges de manœuvre supplémentaires, mais la consolidation d’une croissance plus large dépendra de la capacité des secteurs productifs à prendre le relais de la consommation et des services.
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