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Géopolitique et Politiquelundi 29 juin 2026

L’accord-cadre israélo-libanais à l’épreuve des frappes et du rejet du Hezbollah

La destruction d’un tunnel du Hezbollah au Liban-Sud, deux jours après la signature d’un accord sous égide américaine, illustre les obstacles à un processus de paix conditionné au désarmement du mouvement chiite.

La signature, le 26 juin à Washington, d’un accord-cadre entre Israël et le Liban visant à mettre fin aux hostilités et à restaurer la souveraineté libanaise dans le sud du pays a été immédiatement suivie, le 28 juin, par la destruction par l’armée israélienne d’un tunnel du Hezbollah long de 200 mètres à Majdal Zoun, présenté par Tel-Aviv comme un site de stockage d’armes et de lanceurs. Selon un communiqué conjoint du premier ministre Benyamin Nétanyahou et du ministre de la défense Israël Katz, les États-Unis avaient été informés au préalable de cette opération, qui s’inscrit dans le maintien d’une « zone de sécurité » élargie où les forces israéliennes entendent rester déployées tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé.

Le Hezbollah a qualifié ces frappes de « violation flagrante » du cessez-le-feu auquel il dit avoir adhéré jusqu’à présent, et s’est réservé le droit de « défendre sa patrie et son peuple ». Son chef, Naïm Qassem, a rejeté l’accord-cadre comme « nul et non avenu », dénonçant une « capitulation de la souveraineté » libanaise. Le président du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah et chef du mouvement Amal, a décrit le texte comme un « diktat » « dix fois pire » que l’accord avorté du 17 mai 1983, mettant en garde contre le risque de « sédition » et de divisions internes. Pour Beyrouth, la seule voie réaliste pour obtenir un retrait israélien réside, selon M. Berri, dans les négociations entre l’Iran et les États-Unis, dont le volet libanais ne saurait être dissocié.

Le gouvernement libanais, dirigé par le président Joseph Aoun et le premier ministre Nawaf Salam, a pour sa part accepté le cadre négocié, qui prévoit le déploiement progressif de l’armée libanaise dans des « zones pilotes » du Liban-Sud, conditionnant le redéploiement israélien à la vérification du désarmement des groupes armés non étatiques. Washington, qui a parrainé les pourparlers, s’est engagé à soutenir les forces armées libanaises et à fournir une aide humanitaire. Cette architecture repose sur un postulat que les capitales occidentales et Israël partagent : la nécessité de priver le Hezbollah de sa capacité militaire indépendante, objectif que Beyrouth poursuit officiellement depuis l’affaiblissement du mouvement lors de la guerre de 2024.

Le contexte régional immédiat est celui d’un conflit élargi entre l’Iran et les États-Unis, dans lequel le front libanais s’est ouvert le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des missiles en solidarité avec Téhéran, après une frappe israélienne ayant tué le guide suprême iranien. Téhéran a constamment exigé un cessez-le-feu au Liban comme condition à tout accord intérimaire avec Washington, tandis que les États-Unis ont mené des discussions séparées entre Israël et le Liban, auxquelles Beyrouth a participé malgré l’opposition du Hezbollah. Selon des sources proches du dossier, l’administration américaine considère l’accord-cadre comme un test de la capacité de l’État libanais à reprendre le contrôle de son territoire, mais la mise en œuvre bute sur le refus du Hezbollah de lier son désarmement à un retrait israélien.

Le dossier se trouve ainsi dans une impasse opérationnelle : alors que l’armée israélienne poursuit ses destructions d’infrastructures souterraines et que le Hezbollah menace de reprendre les armes, la perspective d’une application de l’accord dépend de la capacité de Beyrouth à imposer son autorité dans le sud, sans déclencher une confrontation interne. Les prochaines étapes annoncées incluent la définition de zones pilotes supplémentaires et la mise en place d’un groupe de coordination militaire soutenu par les États-Unis, mais aucun calendrier contraignant n’a été rendu public.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse iranienne et apparentéePresse israélienne
Presse iranienne et apparentée/ Régime
IndignationAlarmeVictimisation

L'accord négocié par les États-Unis est un diktat, dix fois pire que l'accord de 1983, et vise à diviser le Liban. Seules des négociations directes entre l'Iran et les États-Unis peuvent garantir un retrait israélien ; dissocier le Liban de cette voie prolongera l'occupation. Le rejet du Hezbollah est justifié et l'accord-cadre est mort-né.

Presse israélienne/ Sécurité
ScepticismePragmatisme

L'accord-cadre fait face à son premier test majeur : le Hezbollah refuse de désarmer et reste enraciné dans le sud du Liban. Le défi est de savoir si l'État libanais peut imposer son autorité dans la zone alors que le groupe militant reste armé et opposé. La viabilité de l'accord dépend du désarmement du Hezbollah, une perspective qui semble lointaine.

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lundi 29 juin 2026

L’accord-cadre israélo-libanais à l’épreuve des frappes et du rejet du Hezbollah

La destruction d’un tunnel du Hezbollah au Liban-Sud, deux jours après la signature d’un accord sous égide américaine, illustre les obstacles à un processus de paix conditionné au désarmement du mouvement chiite.

La signature, le 26 juin à Washington, d’un accord-cadre entre Israël et le Liban visant à mettre fin aux hostilités et à restaurer la souveraineté libanaise dans le sud du pays a été immédiatement suivie, le 28 juin, par la destruction par l’armée israélienne d’un tunnel du Hezbollah long de 200 mètres à Majdal Zoun, présenté par Tel-Aviv comme un site de stockage d’armes et de lanceurs. Selon un communiqué conjoint du premier ministre Benyamin Nétanyahou et du ministre de la défense Israël Katz, les États-Unis avaient été informés au préalable de cette opération, qui s’inscrit dans le maintien d’une « zone de sécurité » élargie où les forces israéliennes entendent rester déployées tant que le Hezbollah n’aura pas été désarmé.

Le Hezbollah a qualifié ces frappes de « violation flagrante » du cessez-le-feu auquel il dit avoir adhéré jusqu’à présent, et s’est réservé le droit de « défendre sa patrie et son peuple ». Son chef, Naïm Qassem, a rejeté l’accord-cadre comme « nul et non avenu », dénonçant une « capitulation de la souveraineté » libanaise. Le président du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah et chef du mouvement Amal, a décrit le texte comme un « diktat » « dix fois pire » que l’accord avorté du 17 mai 1983, mettant en garde contre le risque de « sédition » et de divisions internes. Pour Beyrouth, la seule voie réaliste pour obtenir un retrait israélien réside, selon M. Berri, dans les négociations entre l’Iran et les États-Unis, dont le volet libanais ne saurait être dissocié.

Le gouvernement libanais, dirigé par le président Joseph Aoun et le premier ministre Nawaf Salam, a pour sa part accepté le cadre négocié, qui prévoit le déploiement progressif de l’armée libanaise dans des « zones pilotes » du Liban-Sud, conditionnant le redéploiement israélien à la vérification du désarmement des groupes armés non étatiques. Washington, qui a parrainé les pourparlers, s’est engagé à soutenir les forces armées libanaises et à fournir une aide humanitaire. Cette architecture repose sur un postulat que les capitales occidentales et Israël partagent : la nécessité de priver le Hezbollah de sa capacité militaire indépendante, objectif que Beyrouth poursuit officiellement depuis l’affaiblissement du mouvement lors de la guerre de 2024.

Le contexte régional immédiat est celui d’un conflit élargi entre l’Iran et les États-Unis, dans lequel le front libanais s’est ouvert le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des missiles en solidarité avec Téhéran, après une frappe israélienne ayant tué le guide suprême iranien. Téhéran a constamment exigé un cessez-le-feu au Liban comme condition à tout accord intérimaire avec Washington, tandis que les États-Unis ont mené des discussions séparées entre Israël et le Liban, auxquelles Beyrouth a participé malgré l’opposition du Hezbollah. Selon des sources proches du dossier, l’administration américaine considère l’accord-cadre comme un test de la capacité de l’État libanais à reprendre le contrôle de son territoire, mais la mise en œuvre bute sur le refus du Hezbollah de lier son désarmement à un retrait israélien.

Le dossier se trouve ainsi dans une impasse opérationnelle : alors que l’armée israélienne poursuit ses destructions d’infrastructures souterraines et que le Hezbollah menace de reprendre les armes, la perspective d’une application de l’accord dépend de la capacité de Beyrouth à imposer son autorité dans le sud, sans déclencher une confrontation interne. Les prochaines étapes annoncées incluent la définition de zones pilotes supplémentaires et la mise en place d’un groupe de coordination militaire soutenu par les États-Unis, mais aucun calendrier contraignant n’a été rendu public.

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L'accord négocié par les États-Unis est un diktat, dix fois pire que l'accord de 1983, et vise à diviser le Liban. Seules des négociations directes entre l'Iran et les États-Unis peuvent garantir un retrait israélien ; dissocier le Liban de cette voie prolongera l'occupation. Le rejet du Hezbollah est justifié et l'accord-cadre est mort-né.

Presse israélienne/ Sécurité
ScepticismePragmatisme

L'accord-cadre fait face à son premier test majeur : le Hezbollah refuse de désarmer et reste enraciné dans le sud du Liban. Le défi est de savoir si l'État libanais peut imposer son autorité dans la zone alors que le groupe militant reste armé et opposé. La viabilité de l'accord dépend du désarmement du Hezbollah, une perspective qui semble lointaine.

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