
Jeunes sans emploi, couples sans enfants : le grand paradoxe mondial
Des trentenaires milanais sans logement aux diplômées iraniennes classées « femmes au foyer », une enquête sur les aspirations contrariées d’une génération.
À Téhéran, une jeune femme range son diplôme d’ingénieur dans un tiroir. Elle a passé la matinée à parcourir des offres d’emploi sur son téléphone, sans succès. Pourtant, dans les statistiques officielles iraniennes, elle n’est pas comptée parmi les chômeurs. Elle est « femme au foyer », une catégorie qui, avec les étudiants et les découragés, permet au taux de chômage de rester à 7,5 %. En réalité, à peine 37 % des Iraniens en âge de travailler ont un emploi, un chiffre bien en deçà de la moyenne mondiale.
À Milan, un trentenaire confie à une enquête des Nations unies qu’il désire deux enfants, mais qu’il n’en a aucun. Avec sa compagne, il étouffe sous les loyers et les contrats précaires. L’étude, menée auprès de 108 000 jeunes dans 73 pays, révèle une fracture mondiale entre le désir de fonder une famille et l’impossibilité matérielle de le faire. Letizia Mencarini, démographe à l’Université Bocconi, balaie le cliché d’une génération hostile à la parentalité : « Ils ne font pas le pas parce qu’ils ne peuvent pas se le permettre. » En Italie, la province de Milan affiche un taux de fécondité de 1,16 enfant par femme, loin du seuil de renouvellement.
En Argentine, la situation semble inverse : le chômage officiel tombe à 7,8 %, un niveau historiquement bas. Mais cette façade statistique cache une précarisation massive. Depuis 2010, le secteur informel ne cesse de gonfler, aspirant plus de 48 % des travailleurs, tandis que l’industrie et la construction s’effondrent. Dans le Grand Buenos Aires, cœur productif du pays, un emploi formel sur quatre détruit depuis 2023 l’a été dans cette région. Les salaires réels ont reculé de plus de 11 % selon une estimation du CEPA, et le chômage des jeunes frôle les 15 %. Ici aussi, les découragés disparaissent des radars officiels, enchaînant les « changas » – ces petits boulots sans lendemain.
Pourtant, une récente étude menée par le Prix Nobel Daron Acemoglu suggère que le vieillissement démographique n’est pas une fatalité économique. Sur les soixante-dix dernières années, la chute de la natalité s’est accompagnée d’une hausse de 26,8 % du PIB par travailleur. Les entreprises et les travailleurs se tournent vers la technologie pour compenser le manque de main-d’œuvre, augmentant ainsi la productivité. Mais cette promesse dépend d’investissements dans l’innovation et la formation, précisément ce qui fait défaut dans les régions les plus touchées par la désindustrialisation.
Au crépuscule, dans les banlieues de Buenos Aires, un jeune livreur à vélo slalome entre les voitures. Il est l’un des visages de cette nouvelle économie mondiale, où les aspirations se heurtent à des structures rigides. À Téhéran comme à Milan, le bruit des berceaux se fait plus rare, remplacé par le silence des projets reportés.
| Presse européenne continentale | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | −0.60 | critical |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.50 | critical |
Young Europeans see their aspirations denied due to lack of housing and stable jobs, while global initiatives offer hope for the future.
Constructs a global narrative that ties the local problem to a perspective of universal empowerment, using the authority of UNFPA to legitimize optimism.
It does not mention hidden unemployment in Iran or structural labor precarity in Argentina, focusing instead on global data and Italian housing issues.
Economic policies fail to create decent work, hiding precarity behind deceptive official statistics.
Systematically contrasts official macroeconomic data with microeconomic indicators to expose the distortion of labor reality.
It does not address the global context of population aging or the Iranian situation, limiting itself to domestic Argentine critique.
The Iranian regime hides the true scale of unemployment through statistical manipulation, condemning youth to inactivity.
Dismantles official figures by revealing the very low activity rate, attributing the discrepancy to deliberate omission.
It does not consider global youth empowerment initiatives nor analyses on Latin American precarity.
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