
Israël officialise une présence militaire indéfinie au Liban, en Syrie et à Gaza
Malgré un accord-cadre avec Beyrouth, les dirigeants israéliens conditionnent tout retrait au désarmement du Hezbollah, laissant planer le doute sur la viabilité de la feuille de route américaine.
Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a déclaré le 1er juillet que les forces armées israéliennes resteraient « pour une durée indéterminée » dans les zones de sécurité établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. Cette annonce, intervenue au lendemain d’une visite du Premier ministre Benyamin Netanyahou auprès des troupes déployées dans le sud du Liban, survient quelques jours après la signature, sous égide américaine, d’un accord-cadre entre Israël et le Liban visant à ouvrir la voie à la paix et au désarmement du Hezbollah.
Pour le gouvernement israélien, ce maintien indéfini est justifié par la menace que représente le Hezbollah, allié de l’Iran. « Tant que le Hezbollah restera armé et menaçant, nous resterons dans le sud du Liban », a martelé M. Netanyahou, évoquant la création d’une large zone tampon le long de la frontière nord. Du côté libanais, le Premier ministre Nawaf Salam a défendu l’accord-cadre, estimant qu’il devait conduire au retrait israélien et au retour des déplacés. Selon des sources proches des négociations, le texte prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des « zones pilotes » comme préalable à tout désengagement israélien, une condition que Beyrouth juge réalisable mais que le Hezbollah, qui a poursuivi ses attaques après le cessez-le-feu du 17 juin, n’a pas acceptée.
Les capitales arabes, Le Caire en tête, ont dénoncé une « occupation prolongée » et appelé à une action internationale. Selon des diplomates onusiens, la présence israélienne en Syrie, où les troupes ont avancé au-delà de la zone démilitarisée du Golan depuis la chute de Bachar al-Assad, et à Gaza, où près de 70 % du territoire est contrôlé par Tsahal, complique la recherche d’une solution politique globale. L’Iran, parrain du Hezbollah, a vu sa capacité d’influence limitée par l’accord de cessez-le-feu américano-iranien du 17 juin, que Téhéran n’est pas parvenu à imposer à son allié libanais, selon des analystes à Washington. Les chancelleries européennes, tout en réaffirmant le droit d’Israël à sa sécurité, insistent sur le respect de la souveraineté libanaise et la mise en œuvre intégrale de l’accord.
La guerre actuelle, déclenchée le 2 mars par des tirs de roquettes du Hezbollah en riposte à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei lors de frappes israélo-américaines, a fait plus de 4 200 morts au Liban selon le ministère libanais de la Santé, et 38 soldats israéliens tués. L’accord-cadre du 27 juin, salué par Washington comme une avancée historique, reste suspendu à la capacité de l’armée libanaise à prendre le contrôle effectif des zones tampons, un processus dont le calendrier n’a pas été rendu public. L’administration américaine, qui a parrainé l’accord, n’a pas commenté officiellement les déclarations israéliennes, mais des sources au Congrès estiment que la priorité reste la stabilisation de la frontière israélo-libanaise.
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Le nouvel accord tripartite entre les États-Unis, Israël et le Liban redéfinit la lutte contre le Hezbollah, en clarifiant les engagements pour le désarmement de la milice. La présence militaire israélienne dans le sud du Liban est justifiée comme nécessaire tant que le Hezbollah reste une menace, et l'accord est présenté comme un succès stratégique.
Le régime sioniste, par ses déclarations, confirme sa volonté d'occuper en permanence des territoires au Liban, en Syrie et à Gaza, menaçant une fois de plus l'Iran. Téhéran dénonce ces manœuvres comme une preuve supplémentaire de l'expansionnisme israélien et de l'échec des tentatives d'imposer un retrait par les négociations.
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