
Damas tend la main au Liban tout en écartant une intervention contre le Hezbollah
Le ministre syrien des Affaires étrangères a proposé un dialogue conditionnel avec le Hezbollah et invité le président libanais à Damas, tout en rejetant les pressions américaines pour une action militaire.
En visite officielle à Beyrouth le 2 juillet, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, a déclaré que Damas était « ouvert » à une rencontre avec le Hezbollah si les intérêts syriens l’exigeaient, tout en écartant toute intervention militaire au Liban. Selon la présidence libanaise, le ministre a tenu à dissiper la confusion née de déclarations américaines évoquant un rôle syrien contre le groupe chiite. Il a également transmis au président Joseph Aoun une invitation de son homologue Ahmad al-Charaa à se rendre à Damas, une première depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités syriennes fin 2024.
Les positions affichées par les deux capitales traduisent une volonté de normalisation prudente. D’après les déclarations officielles syriennes, le gouvernement de Damas entend tourner la page des ingérences passées et bâtir une relation d’État à État, fondée sur la non-ingérence et le respect de la souveraineté. Côté libanais, le président Aoun a réaffirmé l’attachement de Beyrouth à des liens fraternels, mais a encadré cette ouverture par les principes de coopération et de non-immixtion dans les affaires internes. Le Hezbollah, allié de l’ancien régime de Bachar al-Assad et désormais considéré comme un rival par les nouveaux dirigeants syriens issus de l’ancienne rébellion, n’a pas été directement associé aux discussions, a précisé M. al-Chaibani.
La visite a débouché sur la signature d’un accord créant une commission supérieure de coopération et de partenariat, destinée à coordonner les dossiers économiques, énergétiques et sécuritaires, notamment l’interconnexion électrique, les transports et la facilitation des mouvements transfrontaliers. Ce mécanisme institutionnel, selon des sources proches du dossier, vise à encadrer une relation bilatérale longtemps marquée par la tutelle syrienne sur le Liban (1976-2005) et par des contentieux non résolus, comme le sort des prisonniers syriens détenus au Liban, dont plus de 250 ont été transférés après une précédente visite ministérielle en octobre 2025.
La proposition américaine, formulée par le président Donald Trump, de laisser la Syrie « s’occuper du Hezbollah » s’inscrit dans un contexte régional tendu : le groupe libanais est engagé dans une guerre avec Israël, et Washington a encouragé Damas à envisager un déploiement dans l’est du Liban pour contribuer à son désarmement. Selon des analystes régionaux, les nouvelles autorités syriennes, soucieuses de préserver une stabilité intérieure fragile après quatorze ans de guerre civile, redoutent d’être aspirées dans un conflit qui raviverait les tensions confessionnelles des deux côtés de la frontière. Aucune date n’a été fixée pour la visite du président Aoun à Damas, mais la commission supérieure devrait servir de cadre aux prochaines étapes du rapprochement.
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Lors d'une visite à Beyrouth, le ministre syrien des Affaires étrangères a déclaré que Damas était ouvert à une rencontre avec le Hezbollah si les intérêts nationaux l'exigeaient. Cette déclaration intervient alors que Washington pousse la Syrie à jouer un rôle plus actif contre le groupe soutenu par l'Iran. Les entretiens avec les dirigeants libanais n'ont pas abordé directement la question du Hezbollah.
Damas s'est dit prêt à participer à une rencontre avec des représentants du Hezbollah si cela sert les intérêts syriens. Cette disponibilité a été exprimée alors que le président Trump critiquait les méthodes d'Israël et suggérait que la Syrie pourrait mieux gérer le groupe. La direction syrienne n'a toutefois pas l'intention d'intervenir militairement au Liban.
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