
Minions et Michael Jackson, rois d’un box-office indifférent aux critiques
Tandis que les Minions battent des records d’approbation sur Rotten Tomatoes, le biopic de Michael Jackson devient le plus rentable de l’histoire, confirmant le fossé entre la critique et le public.
Dans une salle obscure, les lumières ne se rallument pas tout de suite. Le générique de Minions & Monstros défile, et les spectateurs qui s’attardent découvrent non pas une, mais cinq scènes supplémentaires – un record pour la franchise. On y retrouve la petite Agnes, le chien Kyle et le Dr Nefário, comme autant de clins d’œil à un univers que le public, lui, ne se lasse pas de retrouver. Ce rituel de la scène post-générique, devenu incontournable, dit beaucoup d’une époque où chaque film est aussi une promesse de suite.
Le septième volet de l’univers Moi, moche et méchant a en effet débarqué avec une ambition claire : séduire la critique sans perdre son public. Selon les agrégateurs américains, le film obtient 89 % d’avis favorables, un sommet pour la saga, loin devant les 54 % de Supergirl, autre blockbuster de l’été. La presse mexicaine salue un hommage aux classiques de Universal et à l’âge d’or hollywoodien, tandis que les médias économiques américains décryptent déjà la stratégie de sortie en vidéo à la demande : après cinq week-ends en salles, le film migrera vers le streaming, suivant un calendrier désormais bien rodé chez Universal.
Ce succès critique n’est pourtant pas la norme. Une autre adaptation, celle de Minecraft, a divisé bien plus nettement. Avec à peine 47 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes, le film a pourtant frôlé le milliard de dollars de recettes mondiales, porté par un public familial et des fans du jeu vidéo. La presse argentine souligne ce paradoxe : un échec critique devenu phénomène commercial, au point qu’une suite est déjà en production. Même mécanique pour le biopic Michael, qui a dépassé Oppenheimer au box-office mondial avec 977 millions de dollars, malgré des accusations de « blanchiment » de la part de plusieurs critiques anglo-saxons, qui regrettent l’absence des allégations d’abus sexuels dans le récit.
Cette déconnexion entre la critique et les foules s’observe aussi dans la résurgence du catalogue musical de Michael Jackson. Les classements Billboard montrent que ses albums Number Ones et Bad atteignent des sommets historiques, tandis que Thriller frôle la première place des ventes physiques. La presse économique américaine y voit l’effet direct du biopic, mais aussi un appétit pour la possession de la musique, au-delà du streaming. En France, le podcast Il Post note que même réfugié au festival Cinema Ritrovato de Bologne, on n’échappe pas aux Minions, tant la franchise imprègne l’imaginaire collectif.
Reste une image, celle de ces créatures jaunes égarées dans le Hollywood muet des années 1920, incapables de se faire comprendre quand le cinéma devient parlant. Un siècle plus tard, elles sont devenues le langage universel d’une industrie qui, entre suites et univers étendus, a appris à parler avant tout le langage du public.
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La franchise des Minions atteint un nouveau sommet avec 'Minions & Monsters', obtenant la meilleure approbation critique de la série et renforçant la domination des propriétés intellectuelles animées établies sur les marchés latino-américains. Les plateformes de streaming surfent également sur cette tendance en ajoutant des adaptations de jeux vidéo comme le film Minecraft pour attirer le public familial.
Le biopic sur Michael Jackson alimente un renouveau dans les classements de ses albums, démontrant la puissance commerciale de la propriété intellectuelle musicale établie. Pendant ce temps, la stratégie de sortie d'Universal pour le film des Minions reste ancrée dans des fenêtres PVOD éprouvées, reflétant une approche calculée pour maximiser les revenus entre les salles et le streaming.
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