
Inflation : entre accalmie marocaine et fièvre brésilienne, les émergents divergent
Alors que le Maroc voit son inflation refluer à 1,2 %, le Brésil subit une envolée des anticipations de prix et le Liban reste englué dans une hyperinflation, illustrant des trajectoires émergentes divergentes.
L’indice des prix à la consommation au Maroc a progressé de 1,2 % sur un an en mai 2026, contre 1,7 % en avril, selon le Haut-Commissariat au Plan. Ce reflux s’explique par une baisse des prix alimentaires (–0,7 % sur un an), notamment des légumes (–8,6 % sur un mois) et des poissons, tandis que les produits non alimentaires, tirés par le transport (+8,1 %), continuent d’augmenter. À l’inverse, au Brésil, l’enquête Focus de la banque centrale montre que les prévisions médianes d’inflation pour 2026 ont grimpé pour la quatorzième semaine consécutive, à 5,30 %, et que les anticipations de taux Selic ont été révisées à la hausse. Les marchés jugent la communication du Copom trop accommodante, ce qui a provoqué une dépréciation du real et une tension sur les taux longs.
Cette divergence s’inscrit dans un paysage émergent fragmenté. À Oman, l’inflation a atteint 3,8 % en mai, portée par les biens personnels (+9,6 %) et les transports (+9,2 %), tandis que les prix alimentaires restent sous pression (+6,6 %). Au Ghana, l’inflation à la production a bondi de 2,7 % à 5,8 % en un mois, sous l’effet du secteur minier (+11,0 %) et du transport, signalant des tensions en amont qui pourraient se répercuter sur les prix à la consommation. Le Liban, enfin, demeure un cas extrême : l’indice des prix a augmenté de 0,48 % en mai par rapport à avril, mais l’inflation annuelle atteint 19,04 %, dans un contexte de collecte de données perturbée, notamment dans le gouvernorat de Nabatieh où des prix imputés remplacent les relevés réels.
Ces dynamiques influencent directement les politiques monétaires. Au Maroc, la décrue de l’inflation sous-jacente (–0,1 % sur un an) offre à Bank Al-Maghrib une marge pour soutenir l’activité, dans un environnement où la stabilité des prix semble se consolider. Au Brésil, la crédibilité de la banque centrale est mise à l’épreuve : les économistes de marché anticipent désormais un taux directeur à 13,75 % fin 2026, et le dollar est attendu à 5,20 real, reflétant une prime de risque accrue. Au Ghana, le service statistique recommande un suivi renforcé des chaînes d’approvisionnement pour éviter une transmission aux prix de détail, tandis qu’au Liban, la politique monétaire reste paralysée par la crise multidimensionnelle.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la persistance de ces tendances. La publication du compte-rendu du Copom brésilien, les données d’inflation de juin au Maroc et à Oman, ainsi que les indices PMI flash de la zone euro et du Japon, attendus dans les prochains jours, indiqueront si la désinflation observée dans certains pays est structurelle ou simplement conjoncturelle. La confiance des consommateurs en zone euro, attendue en légère amélioration à –17, reste un indicateur à surveiller pour les équilibres extérieurs des émergents.
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L'inflation au Maroc a ralenti à 1,2% en mai, portée par la baisse des prix alimentaires, tandis qu'au Liban l'indice des prix à la consommation a encore augmenté, poussant le taux annuel à 19%. Ce contraste met en lumière un fossé grandissant entre les économies qui se stabilisent et celles toujours prises dans des spirales inflationnistes.
Après la dernière décision du Copom, les marchés ont intégré une inflation plus élevée, jugeant la banque centrale trop clémente. Les mesures d'inflation implicite ont grimpé, le real s'est affaibli et les prévisions d'inflation des analystes pour 2026 ont augmenté pour la 14e semaine consécutive.
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