
Aceh : un couple flagellé publiquement pour un baiser diffusé sur TikTok
Dans la province indonésienne d’Aceh, un homme et une femme ont reçu 21 coups de canne chacun pour s’être embrassés lors d’une diffusion en direct, illustrant l’extension de la charia à l’espace numérique.
Le 12 juin 2025, un jeune couple a été flagellé en public à Banda Aceh, capitale de la province indonésienne d’Aceh, après avoir été reconnu coupable par un tribunal islamique d’avoir enfreint la charia en s’embrassant lors d’une diffusion en direct sur TikTok. L’homme de 22 ans et la femme de 25 ans, qui n’étaient pas mariés, ont chacun reçu 21 coups de canne de rotin, une peine réduite de 25 coups en raison des quatre mois déjà passés en détention provisoire. L’exécution, menée par des agents en robe et cagoule sur une estrade du parc Bustanussalatin, s’est déroulée devant une centaine de témoins, tandis que quatre autres personnes étaient simultanément châtiées pour jeu d’argent en ligne et adultère.
Les autorités locales justifient cette sanction par la nécessité de faire respecter la loi islamique, en vigueur dans cette seule province du pays depuis 2006. Selon le parquet de Banda Aceh, la flagellation publique vise à dissuader d’éventuels contrevenants. Le chef de la police de la charia, Muhammad Rizal, a précisé qu’il s’agissait de la première condamnation pour une infraction commise via les réseaux sociaux, marquant une extension de la jurisprudence à l’espace numérique. La loi acehnaise, qui s’applique également aux non-musulmans depuis 2015, prévoit jusqu’à 100 coups pour des délits comme l’adultère, les relations homosexuelles, la consommation d’alcool ou le port de vêtements moulants pour les femmes.
Les organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International, dénoncent une pratique « cruelle, inhumaine et dégradante », contraire à la convention internationale contre les châtiments corporels ratifiée par l’Indonésie. Pour Usman Hamid, directeur exécutif d’Amnesty Indonésie, si le comportement peut être jugé inapproprié sur des plateformes accessibles aux enfants, il ne saurait justifier une peine d’emprisonnement ou de flagellation, qualifiée d’« excessive ». À l’inverse, une partie de la population locale, à l’image d’une habitante de Banda Aceh interrogée par les médias, estime que le châtiment est « entièrement justifié » et sert d’avertissement pour un usage plus prudent des médias sociaux.
Conformément à l’accord de paix de 2005 entre le gouvernement indonésien et les rebelles séparatistes, Aceh a obtenu le droit d’appliquer la charia en échange de la fin d’un conflit armé, un compromis qui permet à Jakarta de maintenir l’unité nationale tout en concédant une autonomie juridique à cette région conservatrice. L’extension de la loi islamique aux non-musulmans et, désormais, aux contenus numériques, illustre la tension entre le cadre laïc de l’État indonésien et les dynamiques religieuses locales. L’Union européenne, partenaire stratégique de l’Indonésie, n’a pas réagi officiellement à ce cas, mais les organisations internationales de défense des droits humains maintiennent leur pression pour l’abolition des châtiments corporels.
Aucune nouvelle procédure judiciaire n’est annoncée à ce stade, mais le débat sur la légitimité des peines corporelles et leur application à l’espace numérique devrait se poursuivre, tant au sein de la société indonésienne que dans les enceintes internationales des droits de l’homme.
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Dans la province d'Aceh, la charia est appliquée avec des châtiments corporels publics : un baiser sur TikTok a valu à un jeune couple 21 coups de fouet chacun, administrés par des personnes cagoulées devant une centaine de témoins. L'incident révèle l'équilibre fragile de l'Indonésie entre modernité et intégrisme, suscitant l'indignation face à la cruauté de la peine.
Un jeune couple de la province indonésienne d'Aceh a reçu 21 coups de fouet chacun après avoir été condamné par un tribunal islamique pour un baiser diffusé en direct sur TikTok. La flagellation, exécutée par des officiels cagoulés dans un parc public, a été observée par au moins 100 personnes. L'affaire souligne l'application stricte de la loi islamique dans la région.
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