
La Crimée sous blocus énergétique : Kiev frappe les dépôts pétroliers et le fret maritime
Après une vague nocturne de drones ukrainiens, les autorités d’occupation russes suspendent la vente de carburant aux civils, restreignent les transports et instaurent des coupures d’électricité dans la péninsule annexée.
Les ventes de carburant aux particuliers et aux entreprises ont été suspendues « jusqu’à nouvel ordre » sur l’ensemble de la Crimée annexée, ont annoncé dimanche les responsables installés par Moscou. Selon le gouverneur Sergueï Aksionov, les stations-service ne délivreront plus de carburant qu’aux organismes publics assurant « le fonctionnement et la sécurité de la république ». Dans la ville fédérale de Sébastopol, le gouverneur Mikhaïl Razvojaïev a parallèlement ordonné l’arrêt de la vente de carburant les 22 et 23 juin, la réduction des horaires des transports publics et des centres commerciaux, ainsi que la suspension des éclairages publics et des rassemblements extérieurs. Ces mesures, présentées comme temporaires et destinées à garantir la sécurité et la stabilité du réseau électrique, font suite à une nuit d’attaques de drones ukrainiens ayant visé des dépôts pétroliers et des infrastructures de fret de part et d’autre du détroit de Kertch.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a explicitement revendiqué ces frappes, les présentant comme un volet de « sanctions de longue portée » contre l’infrastructure énergétique russe et comme une riposte aux bombardements russes. Il a confirmé que des installations logistiques militaires, quatre stations radar de systèmes S-400 et deux systèmes Pantsir avaient également été touchées, en plus d’un dépôt de carburant à Kertch et d’un terminal pétrolier dans la région de Krasnodar. « La Russie ne comprend que la force, et notre force de longue portée œuvre assurément pour la paix », a déclaré M. Zelensky, tandis que le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, réitérait l’objectif de « transformer la Crimée en île » en coupant ses voies d’approvisionnement terrestres, maritimes et ferroviaires.
Au-delà de la suspension du carburant, les conséquences sur la population sont immédiates. Selon Krymenergo, l’entreprise publique locale, des « dommages au réseau électrique » ont provoqué une panne partielle, entraînant des coupures dans les districts du Nord-Ouest, du Centre et de la côte sud de la péninsule. Le trafic des ferries de passagers et de véhicules à travers le détroit de Kertch a été interrompu après qu’un drone a frappé le navire Panagia, tuant une personne. Déjà soumise depuis mai à un rationnement du carburant – limité à 20 litres hebdomadaires par véhicule via un système de coupons rapidement épuisé –, la Crimée, annexée en 2014 et stratégiquement cruciale pour l’effort de guerre russe, voit sa dépendance logistique aggravée par l’offensive ukrainienne. Des analystes occidentaux, relayés par le Figaro et la télévision suédoise, estiment que les frappes de drones ont réduit d’environ un tiers les capacités de raffinage russes et rendu certains axes intérieurs impraticables pour les camions-citernes, plaçant la péninsule sous une pression inédite.
Dans le même temps, les forces russes ont poursuivi leurs bombardements sur les régions ukrainiennes de Poltava, Dnipropetrovsk, Kharkiv et Zaporijia, faisant selon Kiev au moins sept morts et plus de trente blessés sur le week-end. Moscou revendique l’interception de 239 drones ukrainiens dans la seule nuit de samedi à dimanche, tandis que l’état-major ukrainien recense environ 2 200 drones d’attaque, 1 800 bombes aériennes guidées et 87 missiles tirés par la Russie sur la semaine écoulée. Aucune perspective de désescalade ne se dégage des capitales, où les pourparlers de cessez-le-feu n’ont toujours pas repris. À Londres, le gouvernement britannique a indiqué tester de nouveaux systèmes d’armes à longue portée destinés à être fournis à l’Ukraine dans les prochains mois, confirmant l’enlisement du conflit dans une guerre d’usure logistique et énergétique.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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The coverage highlights civilian casualties from Ukrainian drone strikes on Crimea and the ensuing fuel shortage, with gas stations halting sales to the public. It portrays the attack as part of an intensified Ukrainian campaign to disrupt Russian supply lines.
The coverage frames the Ukrainian strike on Kerch port as a significant blow to Russian logistics, with civilian casualties. Some outlets highlight it as a justified response to Russian brutality, while others focus on the broader escalation of hostilities.
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