Se connecter
Édition de 20:00 CETjeudi 23 juillet 2026
325 sources · 17 langues1179 briefings aujourd'hui
Médias & Divertissementjeudi 16 juillet 2026

Elsa Aguirre, de l’enfance effacée à l’éternité du cinéma mexicain

L’actrice mexicaine, disparue à 95 ans, laisse derrière elle une carrière de plus de cinquante films et un hommage national qui mêle projection, conversation et exposition photographique.

À sa naissance, en 1930 à Chihuahua, sa mère s’était exclamée : « Je crois qu’on me l’a changée. » Elsa Irma Aguirre Juárez était la seule de la fratrie à avoir la peau mate, ce qui lui valut le surnom de « la negrita » et le sentiment tenace d’être tenue à l’écart. Cette sensation d’altérité ne la quitta jamais vraiment, même lorsque, adolescente, elle remporta un concours de beauté organisé par les studios Clasa Films Mundiales et fit ses premiers pas devant la caméra dans El sexo fuerte (1946). Le destin, disait-elle, l’avait menée au cinéma sans qu’elle l’ait cherché.

En une trentaine d’années, Elsa Aguirre allait pourtant incarner l’un des visages les plus reconnaissables de l’âge d’or du cinéma mexicain. Pour le chercheur Roberto Fiesco, auteur d’un livre sur l’actrice, elle représentait « la grande beauté créole du cinéma national ». Sa filmographie, qui compte des mélodrames comme La mujer que yo amé ou des comédies telles que Cuidado con el amor, la montre aussi bien en victime qu’en séductrice. Elle partagea l’affiche avec Pedro Infante, Jorge Negrete, Dolores del Río ou Arturo de Córdova, et fut dirigée par Emilio Fernández, Roberto Gavaldón ou Ismael Rodríguez. La presse culturelle mexicaine souligne qu’elle sut se retirer des plateaux au début des années 2000 sans jamais rompre totalement avec le public, cultivant une présence discrète mais constante.

Cette retraite, elle la vécut à Cuernavaca, où elle pratiquait le yoga, la méditation et un végétarisme scrupuleux – ses infirmières racontent qu’elle refusait de faire du mal « même à une fourmi ». En janvier 2026, la présidente Claudia Sheinbaum lui rendit visite et la décrivit comme « un exemple de grande force ». Six mois plus tard, dans la nuit du 14 juillet, Elsa Aguirre s’éteignait à son domicile, à 95 ans, des suites d’un arrêt cardiorespiratoire. Ses quatre infirmières, présentes jusqu’au bout, ont confié à la presse qu’elle était restée « tranquille, entourée d’amour ». Conformément à sa volonté, son corps a été incinéré et ses cendres devaient être dispersées par son filleul Hassim « dans un lieu élevé, plus éloigné de la matière ».

Le 22 juillet, la Cineteca Nacional de México projettera Cuatro noches contigo (1952), suivi d’une conversation sur son apport au septième art. En août, une exposition de photographies issues des archives de l’IMCINE, de la Cineteca et de la Filmoteca de l’UNAM prendra le relais à Chapultepec. La secrétaire à la Culture, Claudia Curiel de Icaza, a déclaré que cet hommage visait à « préserver les œuvres qui ont construit son héritage et permettre à de nouveaux publics de les rencontrer ». Ainsi, la petite fille que l’on croyait échangée à la naissance continue de traverser les générations, non plus comme une énigme familiale, mais comme une mémoire partagée du cinéma mexicain.

Élargis ton regard

Lire plus
Dernières
Guerre en Ukraine : escalade des frappes et crise politique à Kiev·Salaires impayés et licenciements : la précarité des revenus ouvriers sous tension mondiale·Quand les artistes lancent des bouteilles à la mer numériques·Google lance la connexion par selfie vidéo, entre commodité et controverse biométrique·Frenkie de Jong, victime d’une déchirure ligamentaire, manquera le début de saison du Barça·WhatsApp déploie des fonctions très attendues tout en multipliant les suspensions de comptes·Incendies en Europe du Sud : des dizaines de milliers d’évacuations et trois pompiers tués·Italie : la piste Guardiola bute sur un salaire astronomique·Guerre en Ukraine : escalade des frappes et crise politique à Kiev·Salaires impayés et licenciements : la précarité des revenus ouvriers sous tension mondiale·Quand les artistes lancent des bouteilles à la mer numériques·Google lance la connexion par selfie vidéo, entre commodité et controverse biométrique·Frenkie de Jong, victime d’une déchirure ligamentaire, manquera le début de saison du Barça·WhatsApp déploie des fonctions très attendues tout en multipliant les suspensions de comptes·Incendies en Europe du Sud : des dizaines de milliers d’évacuations et trois pompiers tués·Italie : la piste Guardiola bute sur un salaire astronomique·
Màj 11:273 langues · 10 sources
PrécédentMédias & DivertissementSuivant
10 sources|3 langues|3 min de lecture
jeudi 16 juillet 2026

Elsa Aguirre, de l’enfance effacée à l’éternité du cinéma mexicain

L’actrice mexicaine, disparue à 95 ans, laisse derrière elle une carrière de plus de cinquante films et un hommage national qui mêle projection, conversation et exposition photographique.

À sa naissance, en 1930 à Chihuahua, sa mère s’était exclamée : « Je crois qu’on me l’a changée. » Elsa Irma Aguirre Juárez était la seule de la fratrie à avoir la peau mate, ce qui lui valut le surnom de « la negrita » et le sentiment tenace d’être tenue à l’écart. Cette sensation d’altérité ne la quitta jamais vraiment, même lorsque, adolescente, elle remporta un concours de beauté organisé par les studios Clasa Films Mundiales et fit ses premiers pas devant la caméra dans El sexo fuerte (1946). Le destin, disait-elle, l’avait menée au cinéma sans qu’elle l’ait cherché.

En une trentaine d’années, Elsa Aguirre allait pourtant incarner l’un des visages les plus reconnaissables de l’âge d’or du cinéma mexicain. Pour le chercheur Roberto Fiesco, auteur d’un livre sur l’actrice, elle représentait « la grande beauté créole du cinéma national ». Sa filmographie, qui compte des mélodrames comme La mujer que yo amé ou des comédies telles que Cuidado con el amor, la montre aussi bien en victime qu’en séductrice. Elle partagea l’affiche avec Pedro Infante, Jorge Negrete, Dolores del Río ou Arturo de Córdova, et fut dirigée par Emilio Fernández, Roberto Gavaldón ou Ismael Rodríguez. La presse culturelle mexicaine souligne qu’elle sut se retirer des plateaux au début des années 2000 sans jamais rompre totalement avec le public, cultivant une présence discrète mais constante.

Cette retraite, elle la vécut à Cuernavaca, où elle pratiquait le yoga, la méditation et un végétarisme scrupuleux – ses infirmières racontent qu’elle refusait de faire du mal « même à une fourmi ». En janvier 2026, la présidente Claudia Sheinbaum lui rendit visite et la décrivit comme « un exemple de grande force ». Six mois plus tard, dans la nuit du 14 juillet, Elsa Aguirre s’éteignait à son domicile, à 95 ans, des suites d’un arrêt cardiorespiratoire. Ses quatre infirmières, présentes jusqu’au bout, ont confié à la presse qu’elle était restée « tranquille, entourée d’amour ». Conformément à sa volonté, son corps a été incinéré et ses cendres devaient être dispersées par son filleul Hassim « dans un lieu élevé, plus éloigné de la matière ».

Le 22 juillet, la Cineteca Nacional de México projettera Cuatro noches contigo (1952), suivi d’une conversation sur son apport au septième art. En août, une exposition de photographies issues des archives de l’IMCINE, de la Cineteca et de la Filmoteca de l’UNAM prendra le relais à Chapultepec. La secrétaire à la Culture, Claudia Curiel de Icaza, a déclaré que cet hommage visait à « préserver les œuvres qui ont construit son héritage et permettre à de nouveaux publics de les rencontrer ». Ainsi, la petite fille que l’on croyait échangée à la naissance continue de traverser les générations, non plus comme une énigme familiale, mais comme une mémoire partagée du cinéma mexicain.

Divergence des sources

Médias & Divertissement · 10 sources · 3 langues

0%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Favorable100%

Cette actualité est parue dans

10 sources · 3 langues

Élargis ton regard

Depuis Geopolitics & Politics

L’UE verrouille le prix du pétrole russe mais cède sur le gaz et les visas dans son 21e paquet de sanctions

10 langues · 36 sources

Depuis Economy & Markets

IA : la course à l’inférence redessine l’économie du travail

6 langues · 12 sources

Depuis Technology

Quand l’IA s’affranchit : les modèles d’OpenAI piratent Hugging Face de manière autonome

8 langues · 24 sources

Lire plus