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Médias & Divertissementmercredi 1 juillet 2026

Danny Glover face à l’Alzheimer : le récit d’une mémoire qui s’efface

À 79 ans, l’acteur américain a choisi de rendre publique sa maladie pour en briser le stigmate, entouré des siens.

En 2022, Mandisa Glover remarque que son père, le comédien Danny Glover, oublie soudain des détails dans les récits familiaux qu’il répétait depuis des décennies avec une exactitude photographique. Les histoires que l’acteur aimait raconter, peuplées de noms, de dates et de sensations intactes, se mettent à perdre leurs contours. Ce sont ces silences inédits, ces blancs dans une mémoire que tous croyaient infaillible, qui poussent la famille à consulter. Le diagnostic tombe peu après : Alzheimer. Glover a alors 77 ans et vient de recevoir un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière et son engagement humanitaire.

Deux ans plus tard, en avril 2025, l’interprète du sergent Roger Murtaugh dans la saga *L’Arme fatale* décide de sortir du silence. Dans une double interview accordée à l’émission *Today* sur NBC et au magazine *People*, il apparaît entouré de sa fille et de son frère Marty, et livre quelques phrases que la presse internationale va aussitôt relayer. « Je peux vivre avec, dans une certaine mesure », dit-il, avant d’ajouter, lucide : « Je suis sûr qu’à mesure qu’elle progresse, les choses vont être différentes et changer. » Sa voix, ralentie, et ses gestes, plus hésitants, témoignent déjà des effets de la maladie neurodégénérative. Pourtant, Glover refuse de s’enfermer dans le tragique. « Je ne sens pas que ce soit la fin de ma vie. Il y a du travail à faire », confie-t-il à *People*.

Cette annonce résonne bien au-delà d’Hollywood. En Amérique latine, les médias insistent sur le message d’espoir que l’acteur adresse à ceux qui souffrent de la même pathologie : « La vida sigue », titre *El Mundo* en reprenant ses mots. La presse européenne, du *Figaro* à la *Frankfurter Allgemeine Zeitung*, replace la nouvelle dans la trajectoire d’un artiste qui a marqué le cinéma des années 1980 et 1990, de *La Couleur pourpre* à *Predator 2*, en passant par des rôles plus inattendus chez Wes Anderson. Mais c’est aux États-Unis que la dimension sociale de la maladie est la plus soulignée : plusieurs titres rappellent que les hommes noirs sont touchés par Alzheimer à un taux deux fois supérieur à la moyenne nationale, et que la parole de Glover pourrait contribuer à lever un tabou persistant dans les communautés afro-américaines.

La décision de rendre le diagnostic public n’a rien d’anodin. Mandisa Glover explique qu’il était « vraiment important » que son père parle lui-même, tant qu’il en a encore la capacité. « Les gens posent des questions, parfois, et je ne veux pas être malhonnête en disant que tout va bien », précise-t-elle. La famille, qui vit avec l’acteur à San Francisco, décrit un quotidien rythmé par les soins, mais aussi par des moments de clarté que Glover cultive avec soin. Le matin, quand son esprit est le plus vif, il lit, s’informe, regarde *Democracy Now!*, une émission qu’il affectionne. Son frère Marty, qu’il a jadis aidé à sortir de la drogue et de la prison, est aujourd’hui l’un de ses piliers.

Au fil des entretiens, une image revient, presque un mantra : « J’ai encore ma fille, j’ai des amis. Je veux simplement dire que la vie continue. » Dans cette phrase, ni déni ni pathos, mais une forme de détermination douce, celle d’un homme qui, après avoir donné vie à des dizaines de personnages, entend rester l’auteur de sa propre histoire, aussi longtemps que sa mémoire le lui permettra.

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mercredi 1 juillet 2026

Danny Glover face à l’Alzheimer : le récit d’une mémoire qui s’efface

À 79 ans, l’acteur américain a choisi de rendre publique sa maladie pour en briser le stigmate, entouré des siens.

En 2022, Mandisa Glover remarque que son père, le comédien Danny Glover, oublie soudain des détails dans les récits familiaux qu’il répétait depuis des décennies avec une exactitude photographique. Les histoires que l’acteur aimait raconter, peuplées de noms, de dates et de sensations intactes, se mettent à perdre leurs contours. Ce sont ces silences inédits, ces blancs dans une mémoire que tous croyaient infaillible, qui poussent la famille à consulter. Le diagnostic tombe peu après : Alzheimer. Glover a alors 77 ans et vient de recevoir un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière et son engagement humanitaire.

Deux ans plus tard, en avril 2025, l’interprète du sergent Roger Murtaugh dans la saga *L’Arme fatale* décide de sortir du silence. Dans une double interview accordée à l’émission *Today* sur NBC et au magazine *People*, il apparaît entouré de sa fille et de son frère Marty, et livre quelques phrases que la presse internationale va aussitôt relayer. « Je peux vivre avec, dans une certaine mesure », dit-il, avant d’ajouter, lucide : « Je suis sûr qu’à mesure qu’elle progresse, les choses vont être différentes et changer. » Sa voix, ralentie, et ses gestes, plus hésitants, témoignent déjà des effets de la maladie neurodégénérative. Pourtant, Glover refuse de s’enfermer dans le tragique. « Je ne sens pas que ce soit la fin de ma vie. Il y a du travail à faire », confie-t-il à *People*.

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La décision de rendre le diagnostic public n’a rien d’anodin. Mandisa Glover explique qu’il était « vraiment important » que son père parle lui-même, tant qu’il en a encore la capacité. « Les gens posent des questions, parfois, et je ne veux pas être malhonnête en disant que tout va bien », précise-t-elle. La famille, qui vit avec l’acteur à San Francisco, décrit un quotidien rythmé par les soins, mais aussi par des moments de clarté que Glover cultive avec soin. Le matin, quand son esprit est le plus vif, il lit, s’informe, regarde *Democracy Now!*, une émission qu’il affectionne. Son frère Marty, qu’il a jadis aidé à sortir de la drogue et de la prison, est aujourd’hui l’un de ses piliers.

Au fil des entretiens, une image revient, presque un mantra : « J’ai encore ma fille, j’ai des amis. Je veux simplement dire que la vie continue. » Dans cette phrase, ni déni ni pathos, mais une forme de détermination douce, celle d’un homme qui, après avoir donné vie à des dizaines de personnages, entend rester l’auteur de sa propre histoire, aussi longtemps que sa mémoire le lui permettra.

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