
Colombie-RD Congo : un ticket pour les seizièmes dans le viseur
Vainqueur de l’Ouzbékistan, la Colombie aborde en favorite un rendez-vous face à une RD Congo revigorée par son nul historique contre le Portugal.
Le premier tour du groupe K a livré des verdicts contrastés. La Colombie a imposé sa loi face à l’Ouzbékistan (3-1) dans l’antre de l’Azteca, grâce à des réalisations de Daniel Muñoz, Luis Díaz et Jaminton Campaz, prenant seule la tête avec trois points et un différentiel de +2. Dans le même temps, la République démocratique du Congo signait un résultat inattendu en tenant le Portugal en échec (1-1) au NRG Stadium de Houston. Le but de Yoane Wissa, inscrit dans le temps additionnel de la première période, a non seulement offert aux Léopards leur premier point et leur premier but en phase finale de Coupe du monde depuis l’unique apparition du Zaïre en 1974, mais il a aussi redistribué les cartes d’un groupe où Portugais et Congolais se retrouvent à égalité derrière les Cafeteros.
C’est dans ce contexte que les deux sélections se retrouvent ce mardi à l’Estadio Akron de Guadalajara (20h00 locales, 23h00 heure de Brasília). Une victoire colombienne validerait mathématiquement le billet pour les seizièmes de finale, un format inédit à 48 équipes qui qualifie les deux premiers de chaque poule ainsi que les huit meilleurs troisièmes. La presse sud-américaine souligne la prudence affichée par le sélectionneur Néstor Lorenzo, qui a répété que son équipe ne renoncerait pas à son identité faite de possession et de mobilité offensive, tout en insistant sur la nécessité de neutraliser les transitions rapides congolaises. L’assistant Amaranto Perea a évoqué l’existence de plans A, B et C, signe que le staff technique a identifié la dangerosité d’un adversaire dont le 5-3-2, bâti autour des attaquants Wissa et Cédric Bakambu, excelle dans le jeu de contre-attaque.
Du côté africain, le discours est celui du challenger qui a déjà déjoué les pronostics. Le sélectionneur Sébastien Desabre, dont les propos sont relayés par les médias internationaux, a rappelé que son groupe avait obtenu sa qualification sur cette même pelouse de Guadalajara face à la Jamaïque et qu’il entendait capitaliser sur l’élan du nul arraché au Portugal. Le milieu Aaron Tshibola a résumé l’état d’esprit : une équipe « difficile à battre », agressive dans les transitions et portée par la fierté de représenter un pays absent de la scène mondiale depuis un demi-siècle. Les observateurs européens notent que ce match nul congolais s’inscrit dans une série de résultats serrés qui ont marqué le début du tournoi – Espagne accrochée par le Cap-Vert, Belgique par l’Iran, Uruguay par ce même Cap-Vert –, illustrant un rééquilibrage compétitif entre les continents.
La dimension tactique de la rencontre se cristallise autour de la gestion des espaces. Lorenzo a loué la versatilité de Luis Díaz, capable de déborder comme de conclure dans l’axe, et a laissé entendre que la composition du milieu pourrait évoluer, avec une concurrence entre Richard Ríos et Gustavo Puerta. La presse colombienne insiste sur la nécessité de ne pas tomber dans la précipitation, un écueil déjà entrevu lors d’une fin de match poussive contre l’Ouzbékistan. En face, le bloc bas congolais et la vitesse de ses flèches offensives constituent une menace documentée par les analystes sud-américains, qui rappellent que le Congo avait déjà compliqué la tâche du Danemark en match de préparation.
Quel que soit le résultat, la soirée de Guadalajara pèsera lourd dans la dernière journée du groupe K. Le Portugal, qui affrontait l’Ouzbékistan un peu plus tôt dans la journée à Houston, pourrait voir le classement se resserrer ou s’écarter définitivement. Pour la Colombie, l’enjeu est de s’éviter une attente fébrile ; pour la RD Congo, chaque point supplémentaire rapproche d’une qualification historique qui viendrait récompenser une génération en pleine ascension.
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