
Israël a introduit clandestinement des terminaux Starlink en Iran, affirme l’ex-premier ministre Naftali Bennett
L’ancien chef du gouvernement israélien révèle avoir orchestré l’envoi de récepteurs satellitaires pour contourner les coupures d’internet imposées par Téhéran, tout en accusant Benyamin Netanyahou d’avoir abandonné ce programme.
L’ancien premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré, le 23 juin lors d’un sommet sur la politique internationale à Jérusalem, que son gouvernement avait engagé entre 2021 et 2022 un processus d’achat et d’introduction clandestine en Iran de « dizaines de milliers » de récepteurs du réseau satellitaire Starlink. Selon lui, ces équipements devaient permettre aux manifestants antigouvernementaux de maintenir leur connexion à Internet et aux réseaux sociaux lors des coupures ordonnées par Téhéran, afin de coordonner leurs actions et, à terme, de contribuer au renversement du régime. M. Bennett a imputé l’absence de ces infrastructures lors des protestations ultérieures à l’arrêt du programme par l’actuel gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou, qu’il a qualifié d’« incompétent ». Ni le bureau du premier ministre israélien ni la société SpaceX, propriétaire de Starlink, n’ont réagi dans l’immédiat à ces affirmations.
Les autorités de la République islamique d’Iran considèrent de longue date l’introduction de tels terminaux comme une menace pour leur sécurité nationale. Starlink ne dispose d’aucune licence officielle pour opérer sur le territoire iranien, bien que son fondateur Elon Musk ait indiqué par le passé que le service y était actif. Téhéran a procédé à des interruptions générales de l’Internet public lors des épisodes de contestation meurtriers de janvier dernier, ainsi que tout au long de la guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran à partir de fin février. Le Parlement iranien a en outre adopté, après les affrontements de l’été 2024, une loi aggravant les peines pour espionnage et collaboration avec Israël, qui assimile les équipements de type Starlink à des instruments servant les desseins de l’ennemi et punit de prison leur utilisation, leur facilitation ou leur simple détention personnelle.
Cette révélation intervient dans un paysage régional et diplomatique contrasté. D’après des médias américains, Washington aurait lui aussi acheminé des milliers de terminaux Starlink en Iran avant le récent conflit, mais l’administration Trump a depuis engagé des négociations directes avec Téhéran – le vice-président J. D. Vance a rencontré une délégation iranienne de haut rang en Suisse le 22 juin, et les deux parties ont annoncé la formation de groupes de travail pour poursuivre les discussions. Dans la perspective des capitales du Moyen-Orient, l’offensive rhétorique de M. Bennett, qui appelle à une coalition régionale pour « repousser et finalement renverser » le régime iranien et prédit son effondrement à la manière de l’Union soviétique, s’inscrit autant dans sa campagne pour les élections israéliennes d’octobre que dans la continuité de sa doctrine dite des « mille couteaux », fondée sur une déstabilisation multiforme de l’Iran.
Le dossier reste marqué par l’absence de confirmation officielle israélienne et par le silence de SpaceX. Les propos de l’ancien premier ministre, qui visent à disqualifier la gestion de M. Netanyahou face à l’Iran, devraient alimenter le débat électoral tout en compliquant la perception des efforts diplomatiques américains, Téhéran interprétant toute ingérence technologique comme une agression. Les prochaines étapes connues incluent la poursuite des pourparlers américano-iraniens et la campagne législative israélienne, au cours de laquelle la question des moyens de pression sur l’Iran restera un thème central.
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L'ancien Premier ministre israélien Bennett a révélé avoir lancé l'envoi clandestin de milliers de terminaux Starlink en Iran pour aider les manifestants à contourner les coupures d'internet. Il a accusé le gouvernement Netanyahou de ne pas avoir poursuivi le plan, qualifiant cela d'incompétence. L'affaire met en lumière les divisions politiques internes en Israël sur les opérations secrètes contre Téhéran.
L'ancien Premier ministre Bennett a reconnu qu'Israël avait introduit clandestinement des terminaux Starlink en Iran pour soutenir les manifestants antigouvernementaux, mais a vivement critiqué Netanyahou pour avoir abandonné l'initiative. Cette révélation expose une fracture au sein des dirigeants israéliens sur l'agressivité à adopter pour un changement de régime en Iran. Le récit de Bennett suggère une occasion manquée d'affaiblir la République islamique.
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