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Géopolitique et Politiquevendredi 3 juillet 2026

Certificats médicaux : Berlin, Téhéran et Moscou redessinent les frontières de l’obligation

De la réforme allemande du congé maladie à la refonte du système de santé iranien en passant par l’assouplissement des examens militaires russes, trois capitales interrogent le rôle du certificat médical dans le contrat social.

Le gouvernement de coalition allemand a annoncé, le 25 juin, un durcissement des règles d’arrêt maladie : l’obligation de présenter un certificat médical dès le premier jour d’absence, contre le quatrième jour auparavant, et la suppression de la prescription par téléphone instaurée pendant la pandémie de Covid-19. Selon les déclarations du chancelier Friedrich Merz (CDU) rapportées par la BBC et la chaîne italienne Mediaset, le nombre de jours d’arrêt – environ 18 par salarié et par an, un niveau que le chancelier juge « exorbitant » – constitue un « désavantage compétitif » que l’Allemagne ne peut plus se permettre. Le ministre du Travail, Bärbel Bas (SPD), a toutefois indiqué que la mise en œuvre précise restait à l’étude, tandis que le porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius, a précisé que l’attestation ne devrait pas nécessairement être remise le jour même, la vidéoconsultation demeurant possible.

Les réactions au sein de l’espace germanophone révèlent des fractures entre logiques économique et sanitaire. L’Association fédérale des médecins conventionnés (KBV) a qualifié la mesure de « folie », avertissant que des millions de consultations supplémentaires submergeraient les cabinets et exposeraient les patients contagieux aux salles d’attente. Du côté syndical, le chef de l’aile sociale de la CDU, Dennis Radtke, a invité à « reconsidérer » une réforme dont le « potentiel de conflit politique » lui paraît disproportionné. La presse italienne, citant des données de l’OCDE, replace le débat dans un cadre comparatif : avec 3,5 semaines d’absence annuelle moyenne, l’Allemagne se situe dans le tiers supérieur européen, loin derrière la Norvège (près de 6 semaines) mais très au-dessus de l’Italie (0,6 semaine) ou de la Grèce (0,2 semaine). L’institut berlinois IGES, cité par la Frankfurter Allgemeine Zeitung, souligne que la combinaison allemande d’un maintien intégral du salaire pendant six semaines et d’une durée de versement des indemnités maladie relativement longue constitue une spécificité qui pèse, selon le patronat, jusqu’à 85 milliards d’euros par an.

À Téhéran, le débat sur la certification médicale prend une tout autre forme. L’ancien vice-ministre de la Santé, Amir Mohsen Ziaei, a plaidé dans un entretien au site Khabar Online pour une réforme structurelle du système de santé iranien, articulée autour du développement de la médecine de famille et d’un système de référencement. Selon lui, ces mécanismes permettraient de réduire les consultations inutiles, les coûts superflus et le gaspillage des ressources, tout en ramenant la part des dépenses directes des patients sous la barre des 20 %. L’approche iranienne, centrée sur la réorganisation des parcours de soins plutôt que sur le contrôle des absences au travail, reflète une priorité donnée à la soutenabilité financière d’un système confronté au vieillissement de la population et à la montée des maladies chroniques.

À Moscou, la logique de l’attestation médicale est réorientée par les besoins du recrutement militaire. Le ministère de la Défense a proposé, selon un projet d’amendement publié sur le portail des actes juridiques et relayé par la chaîne Dozhd, de supprimer l’examen médical obligatoire pour les signataires de contrats et les mobilisés en période de mobilisation ou de guerre. Seuls les blessés, les porteurs de certaines pathologies limitant l’aptitude ou les personnes susceptibles d’être déclarées inaptes resteraient soumis à un contrôle, dont les modalités seraient fixées par l’armée elle-même. Parallèlement, le projet « Prizyv k sovesti » a documenté les restrictions de droits – interdiction de quitter le territoire, de créer une entreprise, de contracter un prêt – qui frappent les conscrits ne se présentant pas à une convocation, et a diffusé une procédure de recours. Ces trois dossiers, bien que distincts, illustrent comment l’instrument du certificat médical est aujourd’hui mobilisé, de Berlin à Moscou en passant par Téhéran, pour redéfinir les obligations respectives de l’individu, de l’employeur et de l’État. Les prochaines étapes concrètes incluent, en Allemagne, l’examen parlementaire du paquet de réformes fiscales et sociales, tandis qu’en Russie, le projet d’amendement doit encore franchir les étapes législatives.

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Une polémique politique a éclaté en Allemagne autour du projet d'exiger un certificat médical dès le premier jour de maladie et de supprimer la prescription par téléphone. Le gouvernement estime que le nombre de jours d'arrêt maladie est devenu trop élevé et que la souplesse de l'ère pandémique doit cesser, tandis que les critiques y voient un recul des droits des travailleurs.

Presse européenne continentale/ DACH+
IndignationIronie

Les nouvelles règles sur les arrêts maladie sont présentées comme une mesure punitive qui submergera les médecins et pénalisera les travailleurs réellement malades. Les commentateurs ironisent sur le fait qu'une migraine soit traitée avec moins de sérieux qu'une connexion internet défaillante, tandis que les médecins alertent sur des patients vomissant dans les salles d'attente parce qu'ils sont contraints d'obtenir un certificat immédiat.

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vendredi 3 juillet 2026

Certificats médicaux : Berlin, Téhéran et Moscou redessinent les frontières de l’obligation

De la réforme allemande du congé maladie à la refonte du système de santé iranien en passant par l’assouplissement des examens militaires russes, trois capitales interrogent le rôle du certificat médical dans le contrat social.

Le gouvernement de coalition allemand a annoncé, le 25 juin, un durcissement des règles d’arrêt maladie : l’obligation de présenter un certificat médical dès le premier jour d’absence, contre le quatrième jour auparavant, et la suppression de la prescription par téléphone instaurée pendant la pandémie de Covid-19. Selon les déclarations du chancelier Friedrich Merz (CDU) rapportées par la BBC et la chaîne italienne Mediaset, le nombre de jours d’arrêt – environ 18 par salarié et par an, un niveau que le chancelier juge « exorbitant » – constitue un « désavantage compétitif » que l’Allemagne ne peut plus se permettre. Le ministre du Travail, Bärbel Bas (SPD), a toutefois indiqué que la mise en œuvre précise restait à l’étude, tandis que le porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius, a précisé que l’attestation ne devrait pas nécessairement être remise le jour même, la vidéoconsultation demeurant possible.

Les réactions au sein de l’espace germanophone révèlent des fractures entre logiques économique et sanitaire. L’Association fédérale des médecins conventionnés (KBV) a qualifié la mesure de « folie », avertissant que des millions de consultations supplémentaires submergeraient les cabinets et exposeraient les patients contagieux aux salles d’attente. Du côté syndical, le chef de l’aile sociale de la CDU, Dennis Radtke, a invité à « reconsidérer » une réforme dont le « potentiel de conflit politique » lui paraît disproportionné. La presse italienne, citant des données de l’OCDE, replace le débat dans un cadre comparatif : avec 3,5 semaines d’absence annuelle moyenne, l’Allemagne se situe dans le tiers supérieur européen, loin derrière la Norvège (près de 6 semaines) mais très au-dessus de l’Italie (0,6 semaine) ou de la Grèce (0,2 semaine). L’institut berlinois IGES, cité par la Frankfurter Allgemeine Zeitung, souligne que la combinaison allemande d’un maintien intégral du salaire pendant six semaines et d’une durée de versement des indemnités maladie relativement longue constitue une spécificité qui pèse, selon le patronat, jusqu’à 85 milliards d’euros par an.

À Téhéran, le débat sur la certification médicale prend une tout autre forme. L’ancien vice-ministre de la Santé, Amir Mohsen Ziaei, a plaidé dans un entretien au site Khabar Online pour une réforme structurelle du système de santé iranien, articulée autour du développement de la médecine de famille et d’un système de référencement. Selon lui, ces mécanismes permettraient de réduire les consultations inutiles, les coûts superflus et le gaspillage des ressources, tout en ramenant la part des dépenses directes des patients sous la barre des 20 %. L’approche iranienne, centrée sur la réorganisation des parcours de soins plutôt que sur le contrôle des absences au travail, reflète une priorité donnée à la soutenabilité financière d’un système confronté au vieillissement de la population et à la montée des maladies chroniques.

À Moscou, la logique de l’attestation médicale est réorientée par les besoins du recrutement militaire. Le ministère de la Défense a proposé, selon un projet d’amendement publié sur le portail des actes juridiques et relayé par la chaîne Dozhd, de supprimer l’examen médical obligatoire pour les signataires de contrats et les mobilisés en période de mobilisation ou de guerre. Seuls les blessés, les porteurs de certaines pathologies limitant l’aptitude ou les personnes susceptibles d’être déclarées inaptes resteraient soumis à un contrôle, dont les modalités seraient fixées par l’armée elle-même. Parallèlement, le projet « Prizyv k sovesti » a documenté les restrictions de droits – interdiction de quitter le territoire, de créer une entreprise, de contracter un prêt – qui frappent les conscrits ne se présentant pas à une convocation, et a diffusé une procédure de recours. Ces trois dossiers, bien que distincts, illustrent comment l’instrument du certificat médical est aujourd’hui mobilisé, de Berlin à Moscou en passant par Téhéran, pour redéfinir les obligations respectives de l’individu, de l’employeur et de l’État. Les prochaines étapes concrètes incluent, en Allemagne, l’examen parlementaire du paquet de réformes fiscales et sociales, tandis qu’en Russie, le projet d’amendement doit encore franchir les étapes législatives.

Divergence des sources

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29%Moyenne

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

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Critique57%

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Les nouvelles règles sur les arrêts maladie sont présentées comme une mesure punitive qui submergera les médecins et pénalisera les travailleurs réellement malades. Les commentateurs ironisent sur le fait qu'une migraine soit traitée avec moins de sérieux qu'une connexion internet défaillante, tandis que les médecins alertent sur des patients vomissant dans les salles d'attente parce qu'ils sont contraints d'obtenir un certificat immédiat.

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