
Budgets 2027 : entre reprise affichée et contraintes structurelles
De Buenos Aires à Jakarta, les gouvernements dévoilent des cadrages budgétaires pour 2027 qui promettent croissance et désinflation, tandis que Brasilia et Stockholm pointent les impasses fiscales à venir.
La première semaine de juillet 2026 a vu converger, sur plusieurs continents, la publication des grandes orientations budgétaires pour l’exercice 2027. Le gouvernement argentin a transmis au Parlement un avant-projet misant sur une « désinflation significative », une reprise des salaires réels et le maintien de l’excédent primaire. Au même moment, le Parlement indonésien entérinait les hypothèses macroéconomiques du budget 2027, avec une croissance attendue entre 5,8 % et 6,5 % et un objectif de création de 2,6 à 3,5 millions d’emplois. Ces annonces dessinent un horizon de reprise, mais elles se heurtent, ailleurs, à des diagnostics plus sévères sur la soutenabilité des comptes publics.
Les mécanismes avancés par Buenos Aires et Jakarta reposent sur un triptyque classique : consolidation de la stabilité macroéconomique, stimulation de l’investissement privé et allègement de la pression fiscale. L’exécutif argentin, qui présentera son projet définitif avant le 15 septembre, table sur un excédent primaire de 0,7 % du PIB enregistré au premier semestre 2026 et sur une réduction graduelle de la pauvreté et du chômage. L’Indonésie, de son côté, arrime ses ambitions à l’industrialisation et à la transformation des ressources naturelles, avec un déficit budgétaire contenu entre 1,8 % et 2,4 % du PIB. Le Bangladesh, dont les indicateurs pour 2023-2024 montrent un recul des exportations mais une hausse des envois de fonds de la diaspora, vise pour 2026-2027 une croissance de 6,5 % et un reflux de l’inflation à 7,5 %, après une période de prix élevés.
Ces projections optimistes sont toutefois mises en regard de blocages structurels identifiés au Brésil et en Suède. Le Trésor brésilien, dans son rapport de projections fiscales, estime que sans mesures additionnelles, le gouvernement ne respectera pas le plancher de sa cible de résultat primaire entre 2028 et 2030, en raison de la progression des dépenses obligatoires – retraites, prestations sociales – qui croissent plus vite que le plafond des dépenses. Le prochain président, qui entrera en fonction en 2027, devra dégager un effort fiscal moyen de 1,2 % du PIB sur la décennie. En Suède, les économistes de la confédération syndicale LO critiquent une politique budgétaire expansive qui, malgré un déficit avoisinant 200 milliards de couronnes, privilégie les baisses d’impôts sur le capital et les hauts revenus plutôt que l’investissement public, jugé plus efficace en période de chômage élevé.
Les prochaines étapes sont désormais balisées. L’Argentine doit soumettre son projet de loi de finances avant le 15 septembre, pour un débat parlementaire qui s’annonce tendu en année préélectorale. L’Indonésie finalisera sa loi de finances d’ici fin octobre 2026, après des discussions détaillées entre le gouvernement et les commissions compétentes. Au Brésil, le rapport du Trésor servira de base aux négociations sur l’ajustement futur, sans calendrier contraignant immédiat mais avec une pression croissante sur le prochain exécutif. Ces trajectoires budgétaires, entre promesses de reprise et réalités des déficits, illustrent la difficulté commune à concilier relance et rigueur dans un contexte de taux d’intérêt encore élevés et de marges de manœuvre réduites.
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Le gouvernement a transmis au Congrès l'avant-projet de budget 2027, promettant une inflation réduite, une reprise des salaires réels et une stabilité macroéconomique durable. Le document remplit une obligation légale et prépare le terrain pour la présentation officielle de septembre, esquissant une année électorale favorable sans encore divulguer de chiffres précis sur l'inflation ou les taux de change.
Le parlement et le gouvernement se sont mis d'accord sur le cadre préliminaire du budget de l'État 2027, visant une croissance économique de 5,8 à 6,5 pour cent et la création de jusqu'à 3,49 millions d'emplois. Ce consensus guidera l'élaboration du budget complet, reflétant un engagement partagé en faveur d'une croissance de qualité et d'une planification budgétaire ordonnée.
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