
Arrestations en série de figures du crime organisé en Colombie, Argentine et Brésil
Trois opérations menées en quelques jours ont conduit à la capture de chefs présumés du Tren de Aragua, d'un cartel mexicain et d'une faction brésilienne, illustrant la transnationalisation des réseaux criminels.
En l'espace de quarante-huit heures, les forces de sécurité colombiennes, argentines et brésiliennes ont annoncé l'arrestation de trois responsables présumés de réseaux de criminalité organisée. À Bogotá, Buenos Aires et dans le Rio Grande do Sul, les opérations ciblent des individus présentés comme des coordinateurs de trafic de stupéfiants, d'extorsions et de blanchiment, mettant en évidence une coopération régionale renforcée.
Selon le parquet colombien, Nestor Luis Castro Méndez, alias « Maracucho », a été incarcéré après avoir été désigné comme chef territorial du Tren de Aragua dans le centre de la capitale colombienne. Les enquêteurs lui imputent la gestion des « loyers criminels » – extorsions, vente de drogue, location de biens – et le contrôle violent d'un secteur allant de Santa Fe au parc des Journalistes. Il est soupçonné d'avoir ordonné le recouvrement forcé auprès de commerçants et d'avoir participé à plusieurs homicides, notamment celui d'une travailleuse du sexe en mars 2025. La justice colombienne a retenu le chef d'association de malfaiteurs aggravée ; l'accusé nie les charges.
À Buenos Aires, la police fédérale argentine, appuyée par les services de renseignement et la direction des migrations, a localisé dans un hôtel du quartier de Puerto Madero le ressortissant mexicain Rodolfo Junior Aguirre Covarrubias, visé par une notice rouge d'Interpol émise par les États-Unis. Selon les autorités argentines, l'homme de quarante-huit ans était recherché par le district nord de l'Illinois pour possession et distribution de plus de dix kilos de cocaïne dans une affaire ouverte en 2016. Après avoir bénéficié d'une liberté sous caution, il avait fui et serait entré en Argentine le 8 juillet – les sources divergent sur son point de départ, entre le Mexique et la Colombie. La détention ouvre la voie à une procédure d'extradition.
Au Brésil, la police civile de l'État du Rio Grande do Sul a interpellé Marcos da Silva Oliveira, surnommé « Marquinhos » ou « Mãe », sur une autoroute à Getúlio Vargas. Présenté comme un cadre d'une faction criminelle active à Porto Alegre et dans la région métropolitaine, il serait chargé de la logistique de stupéfiants et d'armes, ainsi que des flux financiers. Son influence se serait accrue après la mort en prison, en novembre 2024, de Jackson Peixoto Rodrigues, dit « Nego Jackson ». Les enquêteurs brésiliens examinent ses liens supposés avec le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho, notamment dans les zones frontalières avec le Paraguay.
Ces opérations concomitantes révèlent la porosité des frontières et l'adaptation des groupes criminels, qui diversifient leurs activités et leurs alliances. Les investigations se poursuivent dans les trois pays : le Colombien est en détention provisoire, le Brésilien est écroué pour homicide et recel, et le Mexicain attend son extradition vers les États-Unis. Ces arrestations s'inscrivent dans une intensification des échanges de renseignement au niveau régional, sans que l'on en mesure encore les effets à long terme sur les structures mafieuses.
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