
Argentine, Inde, Brésil : le fléau des violences sexuelles en position d’autorité
De La Plata à Vasai, une série d’affaires récentes met en lumière les abus de pouvoir et les carences des protections, malgré des avancées judiciaires.
Le 14 juin, à La Plata, capitale de la province de Buenos Aires, l’arrestation de Federico Hernán Pez, directeur municipal de l’information territoriale, a provoqué une onde de choc politique et institutionnelle. Accusé d’abus sexuels et de violences de genre sur trois employées placées sous sa supervision, il a été immédiatement démis de ses fonctions sur ordre judiciaire. L’enquête, confiée à la procureure Mariana Ruffino, spécialiste des crimes de genre, intervient après des plaintes dénonçant un harcèlement sexuel et moral systématique. Ce scandale, largement relayé par la presse argentine, illustre la persistance d’un climat d’impunité dans les institutions publiques, mais aussi une réactivité grandissante de la justice face à ces dossiers sensibles.
L’Argentine, où le mouvement Ni Una Menos a marqué un tournant sociétal, connaît une multiplication de dénonciations similaires. Le 3 juillet prochain, le chirurgien Federico Nicolás Mazzini, ancien coordinateur des urgences à l’Hôpital italien de Buenos Aires, sera jugé pour abus sexuel aggravé et violences envers son ex-compagne – une affaire où des enregistrements vidéo accablants figurent au dossier. Parallèlement, dans la localité de San Vicente, un ‘pai umbanda’ a été arrêté pour avoir torturé et abusé d’une femme et de ses filles pendant trois ans, profitant de l’emprise spirituelle qu’il exerçait sur la famille. La récurrence de ces cas, des élites professionnelles aux secteurs religieux, souligne l’ampleur structurelle des violences, dépassant les clivages sociaux.
À plusieurs milliers de kilomètres, des récits font écho en Asie du Sud. Dans l’État du Maharashtra, en Inde, un entraîneur de football a été interpellé pour le viol répété d’une adolescente de 17 ans qu’il avait filmée afin de la faire chanter ; les agressions auraient duré trois ans. Non loin, dans le district de Krishna, un homme de 26 ans et sa famille sont poursuivis pour avoir marié de force une orpheline de 15 ans et l’avoir harcelée – un dossier révélé grâce à l’alerte de voisins et à l’intervention des services de protection de l’enfance. Ces deux affaires, qui tombent sous le coup de la loi POCSO (Protection of Children from Sexual Offences), montrent que les dispositifs légaux indiens, bien qu’ambitieux, peinent à prévenir des abus ancrés dans le patriarcat et la précarité.
Au Brésil, un cas de harcèlement au sein de l’administration municipale d’Eusébio, dans le Nordeste, révèle que le fléau ne se limite pas aux violences physiques. Une employée a décrit des pressions insistantes et une surveillance obsédante de la part de l’ex-président de l’autorité de transport, allant jusqu’à des propositions de voyage et des commentaires déplacés quotidiens. La victime a obtenu une mesure d’éloignement, mais l’enquête illustre combien les rapports de subordination au travail restent un vecteur majeur d’abus. D’un continent à l’autre, les témoignages convergent : l’emprise psychologique, les menaces et l’abus de confiance sont des constantes, que l’agresseur soit un supérieur hiérarchique, un gourou ou un entraîneur.
Ces histoires, extraites d’un corpus médiatique international parvenu à notre rédaction, confirment que les violences sexuelles liées à l’autorité ne connaissent pas de frontières. Elles surviennent là où le pouvoir n’est pas contrôlé, et où les victimes demeurent isolées – une problématique universelle que le journalisme de terrain, en Argentine comme en Inde, contribue à documenter. L’enjeu, désormais, dépasse la seule judiciarisation : il s’agit de transformer les structures qui produisent ces prédateurs. À l’heure où les procès s’enchaînent et où les voix se libèrent, la réponse pénale, indispensable, ne saurait suffire : c’est une refonte des rapports sociaux, dans les institutions, les familles et les espaces publics, que réclament ces affaires.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 1 langues
Un fonctionnaire municipal de La Plata a été arrêté pour abus sexuels et violences sexistes sur au moins trois employées. L'affaire a provoqué un fort séisme politique et institutionnel, entraînant sa révocation immédiate. L'enquête est confiée à un parquet spécialisé dans les infractions de genre.
Un responsable municipal de La Plata a été arrêté pour agression sexuelle sur trois subordonnées, et les autorités l'ont aussitôt relevé de ses fonctions. L'enquête est menée par un parquet spécialisé dans les crimes de genre. Cette affaire s'ajoute à une série croissante de plaintes pour abus de pouvoir au travail.
Articles liés
Report des pourparlers Iran–États-Unis en Suisse : la question libanaise bloque le processus
14 langues · 63 sources
SportLe Canada fête sa première victoire mondiale, endeuillée par la jambe brisée de Koné
11 langues · 69 sources
SportLe Mexique, premier qualifié pour les seizièmes de finale après un succès laborieux face à la Corée du Sud
10 langues · 44 sources