
Après la mort de Khamenei, Téhéran affiche une liste de cibles et ravive le débat entre guerre et négociation
La publication par un quotidien conservateur d’une « liste de vengeance » visant treize dirigeants étrangers illustre la lutte d’influence entre partisans de la riposte et défenseurs de la diplomatie au sein du régime iranien.
Le quotidien Hamshahri, proche de la municipalité de Téhéran, a diffusé en ligne le 11 juillet une infographie présentant treize responsables politiques étrangers comme cibles d’une « vengeance » après la mort de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février lors d’une frappe conjointe américano-israélienne. Y figurent le président américain Donald Trump, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, ainsi que plusieurs dirigeants européens – le Britannique Keir Starmer, le Français Emmanuel Macron, l’Italienne Giorgia Meloni et l’Allemand Friedrich Merz –, tous représentés en tenue de prisonnier. Cette publication, qui n’a pas été reprise dans l’édition imprimée du journal et dont aucun organe officiel iranien n’a confirmé le caractère exécutoire, coïncide avec la première déclaration publique du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, affirmant que « la vengeance est la volonté de la nation et doit inévitablement être exécutée ».
Selon des analystes de la politique intérieure iranienne cités par le New York Times, cette mise en scène médiatique reflète moins une décision d’État qu’une offensive des courants conservateurs pour restreindre l’espace des négociations en cours. Les funérailles d’Ali Khamenei, marquées par des drapeaux rouges et des slogans antiaméricains, ont offert une tribune aux partisans de la ligne dure, qui qualifient tout compromis avec Washington de « stratégiquement dangereux et moralement illégitime ». En parallèle, des responsables iraniens poursuivent, via le sultanat d’Oman, des discussions indirectes avec les États-Unis, notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz. D’après des sources diplomatiques à Mascate, des propositions étaient encore examinées quelques heures avant la reprise des frappes américaines, illustrant la coexistence de deux visions au sein de l’appareil d’État : l’une fondée sur la « primauté du champ de bataille », l’autre sur la recherche d’un allègement des sanctions et d’une stabilisation économique.
Du côté des capitales occidentales, la publication de cette liste a accentué les tensions. Téhéran accuse plusieurs États européens d’avoir facilité les opérations aériennes américaines en autorisant le survol de leur territoire, un grief qui, selon des déclarations relayées par l’agence de presse iranienne, aggrave la détérioration des relations bilatérales. Washington, de son côté, a mené des frappes sur environ 140 cibles en réponse à des attaques contre des navires commerciaux, tandis que Donald Trump a reconnu être « sur toutes leurs listes ». Les monarchies du Golfe sont également prises dans l’escalade : le Qatar et Oman ont condamné les raids américains, alors que l’Iran a mis en cause Bahreïn, le Koweït et d’autres voisins pour leur coopération militaire avec les États-Unis.
Le dossier reste marqué par une forte incertitude. Aucun document officiel ne valide la liste de Hamshahri, mais sa diffusion, conjuguée au discours de Mojtaba Khamenei, signale un durcissement de la rhétorique au moment où les canaux diplomatiques restent ouverts. La séquence récente – discussions sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, attaque d’un navire marchand, riposte américaine massive et nouvelle fermeture du détroit par l’Iran – montre combien les initiatives militaires peuvent court-circuiter les efforts de médiation. Les prochaines étapes dépendront de l’équilibre interne entre les factions iraniennes et de la capacité des médiateurs omanais à maintenir un espace de dialogue, alors que la question de la liberté de circulation dans le golfe Persique demeure le point de friction le plus immédiat.
| Presse israélienne | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.20 | neutral |
Israël a eu tort : l'assassinat de Khamenei a consolidé le régime, ne l'a pas affaibli.
L'argument utilise des données de sondage et une logique de cause à effet pour montrer que le coup prévu s'est retourné, rendant le régime plus fort qu'avant.
Il omet la liste de vengeance iranienne et le débat interne entre faucons et colombes à Téhéran.
L'Iran est divisé entre ceux qui veulent la vengeance et ceux qui veulent négocier ; le choix déterminera l'avenir du pays.
Le récit crée une opposition binaire entre deux camps, donnant une impression d'analyse équilibrée tout en présentant l'issue comme un choix crucial.
Il ne liste pas les dirigeants mondiaux sur la liste iranienne et ne discute pas de l'assassinat de Khamenei comme événement déclencheur.
L'Iran a publié une liste noire de dirigeants mondiaux à cibler : Trump, Netanyahu, Meloni et d'autres sont dans le viseur.
En nommant des dirigeants spécifiques et connus, le récit personnalise la menace, la rendant concrète et urgente pour le public.
Il ne mentionne pas la division interne en Iran entre faucons et colombes ni la possibilité d'une solution diplomatique.
Élargis ton regard
Washington impose 25 % de droits de douane au Brésil, qui promet des mesures de réciprocité
2 langues · 14 sources
Depuis TechnologySpaceX : l’annulation en vol du Starship freine les ambitions lunaires et boursières
7 langues · 16 sources
Depuis Science & HealthAlzheimer et vieillissement : la détection précoce par biomarqueur sanguin redessine la prévention
6 langues · 7 sources