
Andy Burnham, seul candidat à la tête du Labour, s’apprête à devenir Premier ministre britannique
Fort de 322 nominations parlementaires, l’ancien maire de Manchester promet une inflexion sur Gaza et une continuité atlantiste, tout en héritant d’un parti fracturé.
Andy Burnham a officiellement déposé sa candidature à la direction du Parti travailliste britannique le 10 juillet, et les nominations enregistrées le jour même lui assurent une majorité écrasante de 322 voix sur les 402 députés du groupe parlementaire. Aucun autre candidat n’ayant réuni les 81 soutiens nécessaires, le scrutin est sans opposant. Selon le calendrier communiqué par les instances du parti, M. Burnham sera proclamé chef du Labour le 17 juillet, puis nommé Premier ministre par le roi Charles III le 20 juillet, succédant ainsi à Keir Starmer, contraint à la démission le 22 juin.
Sur le dossier israélo-palestinien, le futur chef du gouvernement a, d’après des entretiens relayés par la presse britannique et libanaise, présenté des excuses pour la réponse initiale du Labour à l’offensive israélienne sur Gaza en octobre 2023, estimant que le Royaume-Uni avait « beaucoup trop tardé à appeler à un cessez-le-feu ». Il s’engage à accentuer la pression sur le gouvernement israélien, notamment par l’examen de sanctions supplémentaires contre les responsables d’actes de violence et par l’interdiction du commerce avec les colonies illégales. Tout en condamnant l’antisémitisme et les attaques du 7 octobre, M. Burnham a indiqué qu’il envisagerait un embargo sur les ventes d’armes à Israël, marquant une rupture avec la position antérieure du gouvernement Starmer, qui mettait en avant le droit d’Israël à se défendre.
Sur le plan intérieur, les médias britanniques rapportent que M. Burnham entend rompre avec la centralisation londonienne en créant un « No 10 Nord » pour coordonner la dévolution des pouvoirs, et qu’il promet une discipline budgétaire conforme aux règles d’emprunt en vigueur. En politique étrangère, il a fait savoir, dans une tribune au Times of London, que l’engagement du Royaume-Uni envers l’OTAN, la dissuasion nucléaire et le soutien à l’Ukraine resterait « absolu », et que l’alliance avec les États-Unis serait maintenue. Ces orientations sont perçues, selon des analystes européens, comme une volonté de rassurer les marchés et les partenaires internationaux tout en répondant à l’érosion électorale face au parti Reform UK de Nigel Farage.
La transition s’opère dans un climat de fractures internes. Une proche alliée de M. Burnham, l’ancienne ministre Louise Haigh, a révélé que ce dernier préparait son accession depuis plus d’un an, et a dénoncé une culture « sexiste » au sein du cabinet Starmer, évoquant un « club de garçons » ayant ciblé plusieurs femmes ministres. La démission de Keir Starmer, intervenue après la victoire de M. Burnham à une élection législative partielle, a été suivie d’un ralliement quasi unanime des députés travaillistes, soucieux d’éviter une longue guerre interne. La période de nomination s’achève le 16 juillet ; la conférence spéciale du parti entérinera le nouveau dirigeant le lendemain, avant la passation de pouvoir officielle.
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Le 'manchesterisme' est présenté comme une innovation politique combinant décentralisation et socialisme pro-business, positionnant Burnham comme un réformateur.
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Andy Burnham, le 'Roi du Nord', est sur le point de devenir Premier ministre, sa popularité à Manchester et trois victoires consécutives aux élections municipales assurant sa voie.
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