
Allemagne : l’élimination par le Paraguay précipite la chute de Julian Nagelsmann
Réuni en crise après la défaite aux tirs au but face au 41e mondial, le DFB a offert au sélectionneur un départ négocié ; Jürgen Klopp est pressenti pour lui succéder.
Le parcours allemand au Mondial 2026 s’est arrêté dès les seizièmes de finale, au terme d’une séance de tirs au but où le Paraguay, 41e au classement FIFA, a fait vaciller une nation classée dix rangs plus haut. Après un match dominé par la Mannschaft mais conclu sur un score de 1-1 – Enciso ayant ouvert le score en fin de première période, Havertz égalisant au retour des vestiaires –, un but allemand annulé en prolongation a précédé l’échec décisif de Tah et les deux arrêts du gardien Gill. Cette élimination constitue le troisième échec précoce consécutif de l’Allemagne en Coupe du monde, après les sorties de groupe en Russie et au Qatar, et la première défaite en match à élimination directe depuis le sacre de 2014.
Dès le surlendemain, la Fédération allemande (DFB) a convoqué Julian Nagelsmann à son siège de Francfort pour une réunion de crise de trois heures. Selon la presse allemande, le sélectionneur de 38 ans s’est vu proposer une indemnité de départ de sept millions d’euros pour quitter ses fonctions, alors que son contrat courait jusqu’en 2028. Les dirigeants, parmi lesquels le président Bernd Neuendorf et le directeur sportif Rudi Völler, lui ont demandé d’envisager une démission volontaire, tout en lui laissant un délai de réflexion. Aucune décision définitive n’a été annoncée, mais les médias d’outre-Rhin estiment qu’un divorce est inéluctable, Nagelsmann ayant perdu tout soutien au sein de l’instance.
Au-delà de la défaillance ponctuelle, plusieurs commentateurs allemands, notamment dans la Neue Zürcher Zeitung, replacent cet épisode dans une dynamique plus large de surestimation des capacités de la sélection par le DFB. Le départ programmé de Nagelsmann ferait de lui le troisième sélectionneur remercié en cinq ans, après Joachim Löw et Hansi Flick, illustrant une instabilité chronique que les observateurs attribuent autant aux choix techniques qu’à une communication fédérale erratique. La différence de 31 places au classement mondial entre les deux équipes fait de cette élimination la quatrième plus grande surprise de l’histoire des phases finales en termes d’écart de rang, derrière Espagne-Russie (2018) et les deux exploits sud-coréens de 2002.
La succession s’organise déjà autour du nom de Jürgen Klopp, ancien entraîneur de Liverpool aujourd’hui responsable du football mondial chez Red Bull. L’ancien président du DFB Reinhard Grindel a révélé qu’un accord informel avait été envisagé dès 2019 pour que Klopp prenne la tête de la sélection en 2022, projet abandonné après sa démission. La presse internationale, du Nigeria à l’Indonésie en passant par la Suède et la Russie, relaie l’existence d’un accord tacite permettant à Klopp de quitter Red Bull pour le poste de sélectionneur. Ses interventions télévisées, où il n’a pas caché son intérêt, sont interprétées comme une candidature à peine voilée.
La décision officielle du DFB est attendue au plus tard en début de semaine prochaine. Le Paraguay, lui, poursuit son aventure américaine : il affrontera la France en huitième de finale, à Philadelphie, fort d’un exploit qui résonne bien au-delà des frontières du football sud-américain.
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L'élimination choc de l'Allemagne par le Paraguay au Mondial a plongé l'équipe dans le chaos. L'entraîneur Julian Nagelsmann subit une pression énorme pour démissionner après qu'une réunion secrète de la DFB lui aurait proposé une indemnité de 7 millions d'euros. Les spéculations vont bon train autour de Jürgen Klopp et même de Pep Guardiola comme successeurs possibles, transformant la crise en un feuilleton dramatique.
L'élimination précoce de l'Allemagne n'est pas qu'un échec sportif, mais le symptôme d'une surestimation chronique de ses capacités par la DFB. La position de Nagelsmann est intenable, mais il pourrait résister pour obtenir une confortable indemnité, tandis que l'idée de Klopp en sauveur est accueillie avec un profond scepticisme. La crise reflète des erreurs d'appréciation structurelles, certains estimant que Klopp aurait dû être nommé il y a des années.
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