
Le pétrole retombe à ses niveaux d’avant-guerre, entre diplomatie et tensions persistantes
Les cours du brut ont touché leurs plus bas depuis février, portés par les progrès des pourparlers américano-iraniens sur le détroit d’Ormuz, mais la menace d’une riposte iranienne et la prudence des experts du Golfe rappellent la fragilité de l’accalmie.
Les prix du pétrole ont glissé pendant trois séances consécutives pour revenir, jeudi 2 juillet, à des niveaux inconnus depuis la fin février, avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Le Brent de la mer du Nord s’est échangé autour de 70,80 dollars le baril, tandis que le WTI américain est descendu sous les 68 dollars. Ce reflux, qui a ramené les cours à leurs planchers d’avant-guerre, est directement lié à la perception d’une détente progressive dans le détroit d’Ormuz, par où transitait un cinquième de l’approvisionnement mondial avant les hostilités.
La dynamique baissière s’est enclenchée après l’annonce par le Qatar de « progrès positifs » dans les discussions indirectes entre Washington et Téhéran, tenues à Doha sous médiation qatarie. Le mémorandum d’entente du 17 juin, qui a suspendu les combats, a permis une reprise graduelle du trafic maritime. Les données de suivi naval montrent que les exportations saoudiennes ont retrouvé environ 90 % de leur volume antérieur, que la production koweïtienne a triplé en juin pour atteindre 1,65 million de barils par jour, et que les Émirats arabes unis exportent à leur rythme le plus élevé depuis 2017. Au total, les flux quotidiens à travers le détroit dépassent désormais les 10 millions de barils, contre 18 à 19 millions avant la guerre.
Cette normalisation, même partielle, divise les lectures du marché. Les grandes banques américaines, comme Citibank et UBS, ont révisé à la baisse leurs prévisions de prix, tablant sur un Brent à 75 dollars au troisième trimestre 2026, puis 65 dollars en 2027, en misant sur une poursuite de la hausse de l’offre. À l’inverse, des experts du Golfe, dont le consultant Mohamed al-Shatti et le cabinet Facts Global Intelligence, estiment que l’accalmie est « temporaire » et que les prix restent « bien inférieurs » à ce qu’exigerait le risque géopolitique latent. Ils soulignent que la remontée des flux ne constitue pas un rétablissement complet et que toute escalade – comme la menace de « riposte immédiate » proférée jeudi par le commandement militaire iranien à l’encontre des navires s’écartant des couloirs autorisés – pourrait inverser la tendance.
La prochaine séquence s’annonce donc décisive. La réunion de l’OPEP+ prévue ce dimanche devrait entériner une nouvelle hausse des quotas de production à partir d’août, ce qui pèserait davantage sur les cours si la demande ne redémarre pas plus franchement. Parallèlement, le prochain round de négociations américano-iraniennes n’interviendra qu’après les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, le 9 juillet. D’ici là, le marché reste suspendu à un équilibre fragile entre le retour de l’offre et la persistance de foyers de tension dans le Golfe.
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La baisse des prix du pétrole est présentée comme une manœuvre tactique des États-Unis pour faire pression sur l’Iran, et non comme une véritable avancée. La stabilité régionale reste fragile et les négociations sont perçues comme un jeu à somme nulle où les intérêts arabes pourraient être marginalisés. Le récit met en garde contre un optimisme naïf et souligne le risque d’un accord qui profite à Washington et Téhéran au détriment des États du Golfe.
La baisse des prix du pétrole à des niveaux d’avant-guerre est une évolution bienvenue pour les économies latino-américaines qui dépendent des importations de carburant. L’accent est mis sur le soulagement immédiat pour les consommateurs et les entreprises, avec peu d’attention aux complexités géopolitiques. Le récit traite la baisse des prix comme un événement dicté par le marché, non comme une victoire politique.
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