
Washington impose des droits de douane de 50 % sur une large gamme de produits canadiens
La décision, qui entrerait en vigueur le 19 août, vise près de 20 milliards de dollars d’importations et relance les négociations commerciales entre les deux pays.
L’administration Trump a annoncé lundi l’imposition de droits de douane additionnels de 50 % sur une vaste liste de produits canadiens, représentant environ 5 % des exportations du Canada vers les États-Unis, soit près de 20 milliards de dollars. Invoquant pour la première fois la section 338 de la loi tarifaire de 1930, Washington justifie cette mesure par le traitement jugé discriminatoire des exportations américaines de véhicules, de produits laitiers et d’alcool. Les nouveaux tarifs, qui doivent entrer en application dans un délai de trente jours, ne prévoient aucune exemption pour les marchandises conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), rompant avec la pratique antérieure qui protégeait la majorité des échanges.
La décision s’inscrit dans un contentieux commercial qui s’est aggravé depuis le début de l’année 2025. Les griefs américains portent notamment sur le système de gestion de l’offre dans le secteur laitier canadien, les restrictions provinciales sur la vente d’alcool américain – seules l’Alberta et la Saskatchewan n’y participent pas – et les droits de douane de rétorsion de 25 % imposés par Ottawa sur les automobiles et l’acier. Le représentant américain au Commerce a souligné que le Canada et la Chine sont les seuls partenaires à avoir maintenu des mesures de rétorsion, ce qui expliquerait la pression accrue sur le voisin nord-américain. Le refus de Washington, le 1er juillet, de reconduire l’ACEUM sous sa forme actuelle ajoute une incertitude structurelle, le pacte étant désormais soumis à des révisions annuelles.
Face à cette escalade, le premier ministre canadien Mark Carney a indiqué mardi s’être entretenu avec le président Trump et avoir convenu d’« intensifier les négociations » dans les semaines à venir, tout en se réservant « toutes les options » si les tarifs entraient en vigueur. Les provinces canadiennes, réunies à l’Île-du-Prince-Édouard, ont affiché des positions fermes : le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a plaidé pour une riposte « dollar pour dollar », tandis que celui de la Colombie-Britannique a exclu tout retour de l’alcool américain sur les étagères. Les économistes des grandes banques canadiennes estiment que l’impact macroéconomique resterait limité – environ 0,8 % du PIB – mais que certains secteurs, comme la chimie, les plastiques ou les produits forestiers, seraient durement touchés, et que la confiance des entreprises continuerait de s’éroder.
Le délai de trente jours avant l’entrée en vigueur des droits de douane laisse une fenêtre de négociation que les deux parties semblent vouloir exploiter. Les discussions bilatérales entre les États-Unis et le Mexique, qui se poursuivent cette semaine sans le Canada, illustrent toutefois la complexité d’une renégociation à trois. La prochaine échéance à surveiller est le 19 août, date à laquelle ces tarifs pourraient s’appliquer si aucun accord global n’est trouvé, avec le risque d’une fragmentation accrue du commerce nord-américain.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
| Presse russe et CEI | +0.10 | neutral |
| Presse d'Asie du Sud-Est | −0.40 | critical |
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