
Washington impose 25 % de droits de douane au Brésil, qui promet des mesures de réciprocité
L'administration Trump a officialisé une surtaxe sur la plupart des importations brésiliennes, invoquant des pratiques commerciales déloyales, tandis que le gouvernement Lula dénonce une décision politique et prépare sa riposte.
Les États-Unis ont annoncé, dans la nuit du 15 au 16 juillet, l’entrée en vigueur d’une taxe additionnelle de 25 % sur une large gamme de produits brésiliens à compter du 22 juillet. Cette décision, issue d’une enquête d’un an menée par le Représentant américain au commerce (USTR) au titre de la section 301 de la loi sur le commerce de 1974, épargne toutefois des exportations majeures comme le café, la viande bovine, le jus d’orange et les pièces aéronautiques, afin de ne pas désorganiser les chaînes d’approvisionnement américaines. Les produits visés incluent l’éthanol, les machines agricoles, les chaussures et le papier.
Selon les conclusions de l’USTR, le Brésil maintiendrait depuis des décennies des politiques jugées discriminatoires ou déraisonnables, parmi lesquelles le système de paiement instantané Pix, accusé de fausser la concurrence au détriment des entreprises américaines, des barrières à l’éthanol, une protection insuffisante de la propriété intellectuelle et un recul dans la lutte contre la corruption et la déforestation illégale. Le secrétaire d’État Marco Rubio a personnellement mis en cause le président Luiz Inácio Lula da Silva, estimant que son gouvernement n’avait « pas négocié de bonne foi » et que ces droits de douane étaient « le prix à payer » pour avoir fait passer son « ego » avant le bien-être des Brésiliens.
La riposte de Brasília a été immédiate. Le gouvernement a qualifié la mesure de « jalon déplorable » dans les relations bilatérales et annoncé le déclenchement de la Loi de réciprocité économique, qui autorise des contre-mesures proportionnées, ainsi qu’un recours devant l’Organe de règlement des différends de l’OMC. Les milieux diplomatiques brésiliens, qui affirment avoir tenu plus de trente réunions avec Washington sur ce dossier, dénoncent une « politisation évidente » de l’enquête, rappelant que les États-Unis affichent un excédent commercial de 424,5 milliards de dollars avec le Brésil sur les quinze dernières années.
La dimension électorale est omniprésente. Le camp présidentiel accuse la famille Bolsonaro, proche de Donald Trump, d’avoir activement contribué à ce « scénario » pour affaiblir le gouvernement à l’approche du scrutin d’octobre. Le sénateur Flávio Bolsonaro, principal adversaire de Lula, a rétorqué en qualifiant le président de « Biden brésilien » et en lui imputant la responsabilité des taxes. Les fédérations industrielles brésiliennes, tout en déplorant une perte de compétitivité qui a déjà fait chuter les exportations de 13 % au premier semestre, critiquent les « bruits diplomatiques » du gouvernement et appellent à une reprise pragmatique des négociations. La porte reste officiellement ouverte des deux côtés, mais Washington a prévenu que toute mesure de rétorsion brésilienne pourrait entraîner un durcissement supplémentaire des tarifs.
| Presse latino-américaine | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | +0.10 | neutral |
Le Brésil dénonce l'injustice du tarif américain et se prépare à répondre par une réciprocité immédiate, blâmant des facteurs internes et le manque de bonne foi de Washington.
Le récit construit une identité de victime nationale, personnalisant la controverse dans les figures de Lula et Bolsonaro, et légitimant la représaille comme un acte de défense de la souveraineté.
Les États-Unis appliquent des tarifs comme une mesure standard d'application commerciale, basée sur des enquêtes juridiques, et avertissent que toute représaille pourrait conduire à un durcissement.
Le récit dépolitisé la controverse en la présentant comme une question technico-juridique de pratiques commerciales déloyales, présentant l'action américaine comme neutre et fondée sur des règles.
Le bloc omet la faute politique interne brésilienne (la famille Bolsonaro) et la caractérisation par le gouvernement brésilien du tarif comme 'une étape lamentable' dans les relations bilatérales.
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