
Washington et Mexico gèlent les avoirs d’un réseau de contrebande de carburant lié au CJNG
Les sanctions américaines visent deux hommes d’affaires et neuf sociétés accusés d’alimenter le cartel via la fraude fiscale sur les hydrocarbures, tandis que Mexico bloque des comptes supplémentaires.
Le département du Trésor des États-Unis a imposé, le 30 juin, des sanctions à deux ressortissants mexicains et à neuf entreprises – huit au Mexique, une au Royaume-Uni – pour leur rôle présumé dans un réseau de contrebande de carburant au profit du Cartel Jalisco Nouvelle Génération (CJNG). Dans la foulée, l’Unité de renseignement financier (UIF) du Mexique a annoncé le blocage de leurs comptes bancaires et l’inscription de vingt personnes physiques et morales sur sa liste nationale, soit neuf de plus que la désignation américaine. Les avoirs détenus aux États-Unis sont gelés et toute transaction avec les entités visées est interdite aux citoyens et entreprises américains.
Selon l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), le réseau utilisait des sociétés de transport, de logistique et de services financiers pour importer de l’essence et du diesel depuis le Texas vers le Mexique en falsifiant les documents douaniers. Les cargaisons étaient déclarées comme huiles usagées ou lubrifiants afin d’éluder l’impôt spécial sur la production et les services (IEPS) mexicain. Le Trésor américain estime que ce schéma, qualifié de « huachicol fiscal », générait des dizaines de millions de dollars par an pour le CJNG et constituait la principale source de revenus non liée au narcotrafic. Un des hommes sanctionnés, Óscar Guillermo Juraidini Silva, est présenté comme le comptable et concepteur de la structure financière ; le second, J. Refugio Ruiz Villagómez, est accusé d’avoir payé des groupes criminels contrôlant les points de passage frontaliers.
Du côté mexicain, la Secretaría de Hacienda a précisé que l’analyse fiscale et patrimoniale avait révélé des « indices d’opérations avec des ressources d’origine illicite » et des écarts entre les revenus déclarés et le train de vie des personnes visées. L’ambassadeur américain à Mexico, Ronald Johnson, a salué une action qui « réaffirme l’engagement du président Trump à mettre fin au trafic de fentanyl et à la violence des cartels », tout en soulignant la coopération avec le gouvernement de la présidente Claudia Sheinbaum. Le communiqué de l’OFAC ajoute que les profits du marché noir des carburants serviraient aussi à financer des campagnes politiques et des médias locaux au Mexique, sans toutefois lier nominativement les sanctionnés à des partis précis.
Cette opération bilatérale s’inscrit dans un contexte de pression accrue de Washington sur les finances du crime organisé mexicain. Le CJNG, désigné organisation terroriste par les États-Unis en 2025, a étendu ses activités au-delà du trafic de stupéfiants. D’après le Trésor, entre un quart et un tiers du carburant vendu au Mexique pourrait être d’origine illicite, et le réseau de renseignement financier FinCEN a recensé plus de 160 signalements d’activités suspectes totalisant 7 milliards de dollars en douze mois, principalement au Texas et en Floride. La mort du leader historique du cartel, Nemesio Oseguera Cervantes, en février 2026, a été suivie d’une vague de violences, mais aussi d’un renforcement de la coopération entre les agences américaines (DEA, FBI, HSI, CBP) et la UIF mexicaine.
Les prochaines étapes incluent la surveillance par les banques des indicateurs de risque détaillés dans l’alerte FinCEN, ainsi que la poursuite des enquêtes de la force opérationnelle du Sud du Texas. Les autorités mexicaines n’ont pas exclu de nouvelles inscriptions sur la liste de personnes bloquées à mesure que l’analyse patrimoniale progressera.
| Presse latino-américaine | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | +0.50 | aligned |
| Presse russe et CEI | −0.80 | critical |
The United States punishes the weak while the real culprits – drug consumers and financial intermediaries – remain unpunished.
Responsibility attribution is reversed, shifting blame from the cartel to US policy through condemnation of double standards.
Cartel violence and the damage fuel theft causes to the Mexican economy are omitted.
America protects its territory and allies by targeting a transnational threat with precise financial tools.
The action is presented as necessary and legitimate, normalizing the unilateral extension of US jurisdiction.
Humanitarian consequences for network workers and Mexican sovereignty objections are not discussed.
The United States continues its illegitimate sanctions policy, undermining international law and the sovereignty of independent states.
The US action is equated to a hostile act, building symmetry with Russia's own perceptions of Western encirclement.
The severity of Mexican organized crime and consent from some Mexican government sectors are not acknowledged.
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