
Voitures en Iran, crédit en Argentine : les marchés émergents sous pression
Des baisses de prix inattendues à Téhéran au ralentissement des financements à Buenos Aires, les acheteurs des pays du Sud font face à des obstacles croissants.
En Iran, le 31 mai 2026, une cérémonie de priorisation a réparti 62 000 véhicules Iran Khodro parmi 1,7 million de postulants, soit un taux d’attribution inférieur à 4 %. Simultanément, le marché a enregistré une chute généralisée des prix : la Dena Plus automatique a perdu 50 millions de tomans (environ 1 000 euros), tandis que des modèles d’assemblage comme le Haval H9 ont cédé jusqu’à 300 millions. Les analystes locaux attribuent cette correction à une relative stabilité du taux de change, à un afflux d’offres et au marasme saisonnier des transactions. Ce double mouvement – demande pléthorique fractionnée par loterie et baisse des cours – illustre les distorsions d’un marché où l’accès à l’automobile reste administré.
En Argentine, les tensions prennent une forme différente. Selon une enquête de la plateforme Kavak, les dix modèles d’occasion les plus recherchés en 2025-2026 sont dominés par les compactes (Peugeot 208, Toyota Etios, Fiat Cronos), la carrosserie à hayon concentrant 48 % des ventes et la transmission manuelle 69 %. Pourtant, le financement s’essouffle : en mai 2026, les crédits automobiles ont chuté de 14 % par rapport à avril et de 30 % sur un an. L’économiste Darío Rubinsztein souligne le décalage entre le coût mensuel d’entretien d’un véhicule neuf (entre 600 000 et 900 000 pesos) et le revenu médian des ménages (environ 3 millions de pesos), grevé par des dettes préexistantes. Résultat, un tiers seulement des ventes s’appuie sur un prêt, et ceux-ci sont majoritairement indexés sur l’inflation (UVA).
En Indonésie, l’attention se porte sur l’entretien : un « tune-up » complet, qui restaure la performance du moteur, coûte entre 300 000 et 1,2 million de roupies (18 à 72 euros) pour les citadines low cost, et jusqu’à 5 millions pour les SUV diesel haut de gamme. Cette maintenance préventive, encouragée par les médias locaux, vise à éviter les pannes coûteuses. L’obsession de la valeur de revente trouve un écho dans une étude américaine menée par iSeeCars sur 1,2 million de véhicules : les teintes rares (jaune, orange) se déprécient de seulement 24 % en trois ans, contre 32 % pour le blanc ou le noir, plus communs.
Ces signaux esquissent les nouvelles lignes de fracture de l’automobile dans les économies émergentes : maîtrise des coûts d’usage, sélectivité du crédit et interventions publiques sur l’offre. Prochaine étape à surveiller : la publication des résultats définitifs d’attribution chez Iran Khodro, qui mesurera la pression réelle de la demande solvable, tandis qu’à Buenos Aires se profile un possible ajustement des conditions de prêt pour relancer les ventes.
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Les médias proches du régime iranien présentent la loterie automobile et la baisse des prix comme une réponse bien gérée à une forte demande. La cérémonie officielle de priorisation est décrite comme une méthode d'attribution transparente, tandis que les corrections des prix sont attribuées à la stabilité du taux de change et aux tendances saisonnières, soulignant une normalisation.
La presse argentine dépeint un marché automobile assoiffé de crédit, avec des ventes à tempérament en chute libre et un report massif vers l'occasion. Les articles mettent en avant la dépréciation selon la couleur et listent les modèles d'occasion les plus recherchés, reflétant les tensions économiques et un comportement d'achat prudent.
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