
Washington suspend pour 60 jours les sanctions sur le pétrole iranien
Une licence temporaire du Trésor américain autorise, jusqu’au 21 août, la production et la vente de brut iranien, en contrepartie d’engagements de Téhéran sur le détroit d’Ormuz et les inspections de l’AIEA.
Le Département du Trésor des États-Unis a émis lundi une licence générale temporaire de 60 jours autorisant la production, la livraison et la vente de pétrole brut, de produits pétrochimiques et de dérivés pétroliers d’origine iranienne. Cette décision, qui permet également les importations de ces produits sur le territoire américain et les paiements en dollars, a immédiatement accentué la baisse des cours du brut : le baril de Brent est passé sous la barre des 78 dollars, loin du pic de 126 dollars atteint lors du paroxysme du conflit au Moyen-Orient.
Selon le secrétaire au Trésor Scott Bessent, cette mesure s’inscrit dans le cadre des « discussions productives en cours en Suisse » et répond à deux engagements pris par Téhéran : garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz et autoriser le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Du côté iranien, le porte-parole de la diplomatie a toutefois précisé qu’il n’y avait eu qu’une « très brève discussion » sur le volet nucléaire, sans entamer de véritables négociations. L’ambassade d’Iran à Rome a présenté la licence non comme une concession, mais comme un engagement américain découlant de l’accord-cadre d’Islamabad, tandis que la banque centrale iranienne a fait état de « progrès significatifs » vers le déblocage d’avoirs gelés, sans que Washington confirme un transfert effectif.
La licence générale, qui couvre aussi les services associés – transport, assurance, opérations bancaires –, lève de fait plus de quatre décennies de restrictions pétrolières américaines imposées depuis la révolution de 1979 et renforcées après le retrait unilatéral de l’accord nucléaire de 2015 par l’administration Trump en 2018. Pour les acteurs du marché énergétique, cette autorisation temporaire réduit considérablement les risques juridiques pour les armateurs, assureurs et acheteurs internationaux, et pourrait relancer les exportations iraniennes, qui s’étaient effondrées à environ 260 000 barils par jour sous l’effet du blocus naval américain. Les exclusions visant la Corée du Nord, Cuba et les territoires ukrainiens sous contrôle prorusse rappellent toutefois que d’autres régimes de sanctions restent intacts.
Cette suspension des sanctions s’insère dans un mémorandum d’entente signé la semaine dernière entre Washington et Téhéran, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, et prolonge un cessez-le-feu fragile après une guerre de plusieurs semaines déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes. Les deux parties ont convenu d’une feuille de route pour un accord définitif dans un délai de 60 jours, avec la poursuite immédiate de discussions techniques en Suisse. Les dirigeants israéliens ont exprimé de vives réserves, insistant sur le maintien de leurs troupes dans le sud du Liban. La confirmation effective du retour des inspecteurs de l’AIEA, annoncée par le vice-président américain J.D. Vance mais non encore officialisée par Téhéran, reste l’un des points de friction à surveiller dans les prochaines semaines.
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Les États-Unis ont temporairement levé les sanctions pétrolières contre l'Iran pour 60 jours dans le cadre des négociations de paix. Téhéran s'est engagé à garantir le libre transit dans le détroit d'Ormuz et à autoriser le retour des inspecteurs de l'AIEA, ce qui justifie pragmatiquement cette décision. Cette licence temporaire est un pas concret vers un accord définitif, mais le temps presse.
Les États-Unis ont suspendu les sanctions sur le pétrole iranien pour deux mois, mais la licence exclut explicitement les transactions avec Cuba, la Corée du Nord et la Crimée, révélant le caractère sélectif de la politique de sanctions de Washington. Cette mesure intervient dans le cadre des pourparlers de paix, bien que la rhétorique agressive de Trump ait initialement assombri les négociations. Il s'agit d'une concession limitée, présentée comme faisant partie d'un accord de cessez-le-feu élargi.
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