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Économie & Marchésmardi 23 juin 2026

Brésil : les dépenses hors cadre budgétaire propulsent les taux longs au-dessus de 14 % pour une décennie

L’annonce de près de 190 milliards de reais de prestations, dont 60 % échappent aux règles fiscales, a fait grimper la courbe des taux futurs à des niveaux inédits depuis la présidence Dilma Rousseff, ébranlant la confiance des marchés.

Le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva a dévoilé un ensemble de mesures représentant environ 190 milliards de reais de bénéfices directs à la population et aux entreprises, dont 118 milliards – soit près de 60 % – sont structurés de manière à ne pas être comptabilisés dans le plafond de dépenses du cadre budgétaire. L’effet immédiat sur les marchés a été une réévaluation brutale des anticipations de taux d’intérêt : la courbe des contrats futurs sur le Selic, négociée à la B3, indique désormais un taux directeur supérieur à 14 % pour chacune des dix prochaines années, une configuration que les analystes brésiliens n’avaient plus observée depuis le mandat de Dilma Rousseff.

Ce mouvement trouve son origine dans la perte de crédibilité de l’ancre budgétaire. En recourant à des dépenses extra-orçamentaires et à des montages financiers qui contournent le cadre officiel, l’exécutif parvient à afficher un respect formel de la cible de déficit primaire tout en continuant d’alimenter la dette publique. Les spécialistes des comptes publics au Brésil soulignent que la composition de la dépense est déjà défavorable : l’investissement public occupe une part très réduite, tandis que le déficit nominal est gonflé par le service d’une dette dont le coût explose avec des taux réels de 8 à 9 %. Cette dynamique, perçue comme insoutenable, se traduit par une prime de risque élevée qui pèse sur l’ensemble de la courbe des rendements et, par ricochet, sur les projets d’investissement de long terme des entreprises.

Ce choc de taux spécifiquement brésilien se déploie dans un contexte mondial où l’inflation demeure la première préoccupation des grands investisseurs internationaux, selon un sondage de Bank of America. Les gérants d’actifs européens mettent en garde contre une possible troisième vague inflationniste, alimentée cette fois par les investissements massifs dans l’intelligence artificielle et les goulets d’étranglement sur les infrastructures (puces, centres de données, production d’électricité). Toutefois, la détente observée sur le marché pétrolier – le baril de Brent est repassé sous les 80 dollars après un accord de paix entre Washington et Téhéran – offre un contrepoids partiel. En Inde, les économistes estiment que ce repli des cours du brut, conjugué à une roupie stabilisée par les mesures de la banque centrale, crée un potentiel de croissance supérieur à 7 % et des risques baissiers sur les prévisions d’inflation, ce qui contraste avec la situation brésilienne où le risque fiscal domestique domine.

La prochaine étape déterminante pour les marchés brésiliens sera la publication, ce mardi, du compte-rendu de la dernière réunion du Comité de politique monétaire (Copom). Le communiqué précédent, jugé confus par les analystes pour avoir évoqué un possible espace de baisse des taux tout en repoussant l’horizon de convergence de l’inflation, avait accentué l’inconfort. Les investisseurs attendent de ce document qu’il clarifie la trajectoire envisagée par la banque centrale face à une politique budgétaire expansionniste qui continue d’éroder la prévisibilité de l’économie brésilienne.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse latino-américainePresse atlantique / anglosphère
Presse latino-américaine/ Marché
AlarmeScepticisme

Le « paquet de bonnes choses » du gouvernement brésilien, près de 190 milliards de reais de dépenses électorales en grande partie hors des règles budgétaires, a anéanti la confiance des marchés. Les analystes préviennent que cette irresponsabilité budgétaire pousse les anticipations de taux d'intérêt au-dessus de 14 % et rend la dette publique insoutenable. L'enquête Focus de la banque centrale confirme la hausse des prévisions d'inflation et du taux Selic, traduisant une vive inquiétude sur la trajectoire économique du pays.

Presse atlantique / anglosphère/ Économique
AlarmePragmatisme

L'économiste en chef de la BCE prévient que l'inflation pourrait rester au-dessus de l'objectif de 2 % pendant une période prolongée. Cela reflète les inquiétudes inflationnistes mondiales plus larges, alors que les banques centrales luttent contre des pressions persistantes sur les prix. Cette déclaration souligne l'équilibre délicat entre soutien à la croissance et maîtrise de l'inflation dans les grandes économies.

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mardi 23 juin 2026

Brésil : les dépenses hors cadre budgétaire propulsent les taux longs au-dessus de 14 % pour une décennie

L’annonce de près de 190 milliards de reais de prestations, dont 60 % échappent aux règles fiscales, a fait grimper la courbe des taux futurs à des niveaux inédits depuis la présidence Dilma Rousseff, ébranlant la confiance des marchés.

Le gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva a dévoilé un ensemble de mesures représentant environ 190 milliards de reais de bénéfices directs à la population et aux entreprises, dont 118 milliards – soit près de 60 % – sont structurés de manière à ne pas être comptabilisés dans le plafond de dépenses du cadre budgétaire. L’effet immédiat sur les marchés a été une réévaluation brutale des anticipations de taux d’intérêt : la courbe des contrats futurs sur le Selic, négociée à la B3, indique désormais un taux directeur supérieur à 14 % pour chacune des dix prochaines années, une configuration que les analystes brésiliens n’avaient plus observée depuis le mandat de Dilma Rousseff.

Ce mouvement trouve son origine dans la perte de crédibilité de l’ancre budgétaire. En recourant à des dépenses extra-orçamentaires et à des montages financiers qui contournent le cadre officiel, l’exécutif parvient à afficher un respect formel de la cible de déficit primaire tout en continuant d’alimenter la dette publique. Les spécialistes des comptes publics au Brésil soulignent que la composition de la dépense est déjà défavorable : l’investissement public occupe une part très réduite, tandis que le déficit nominal est gonflé par le service d’une dette dont le coût explose avec des taux réels de 8 à 9 %. Cette dynamique, perçue comme insoutenable, se traduit par une prime de risque élevée qui pèse sur l’ensemble de la courbe des rendements et, par ricochet, sur les projets d’investissement de long terme des entreprises.

Ce choc de taux spécifiquement brésilien se déploie dans un contexte mondial où l’inflation demeure la première préoccupation des grands investisseurs internationaux, selon un sondage de Bank of America. Les gérants d’actifs européens mettent en garde contre une possible troisième vague inflationniste, alimentée cette fois par les investissements massifs dans l’intelligence artificielle et les goulets d’étranglement sur les infrastructures (puces, centres de données, production d’électricité). Toutefois, la détente observée sur le marché pétrolier – le baril de Brent est repassé sous les 80 dollars après un accord de paix entre Washington et Téhéran – offre un contrepoids partiel. En Inde, les économistes estiment que ce repli des cours du brut, conjugué à une roupie stabilisée par les mesures de la banque centrale, crée un potentiel de croissance supérieur à 7 % et des risques baissiers sur les prévisions d’inflation, ce qui contraste avec la situation brésilienne où le risque fiscal domestique domine.

La prochaine étape déterminante pour les marchés brésiliens sera la publication, ce mardi, du compte-rendu de la dernière réunion du Comité de politique monétaire (Copom). Le communiqué précédent, jugé confus par les analystes pour avoir évoqué un possible espace de baisse des taux tout en repoussant l’horizon de convergence de l’inflation, avait accentué l’inconfort. Les investisseurs attendent de ce document qu’il clarifie la trajectoire envisagée par la banque centrale face à une politique budgétaire expansionniste qui continue d’éroder la prévisibilité de l’économie brésilienne.

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Le « paquet de bonnes choses » du gouvernement brésilien, près de 190 milliards de reais de dépenses électorales en grande partie hors des règles budgétaires, a anéanti la confiance des marchés. Les analystes préviennent que cette irresponsabilité budgétaire pousse les anticipations de taux d'intérêt au-dessus de 14 % et rend la dette publique insoutenable. L'enquête Focus de la banque centrale confirme la hausse des prévisions d'inflation et du taux Selic, traduisant une vive inquiétude sur la trajectoire économique du pays.

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L'économiste en chef de la BCE prévient que l'inflation pourrait rester au-dessus de l'objectif de 2 % pendant une période prolongée. Cela reflète les inquiétudes inflationnistes mondiales plus larges, alors que les banques centrales luttent contre des pressions persistantes sur les prix. Cette déclaration souligne l'équilibre délicat entre soutien à la croissance et maîtrise de l'inflation dans les grandes économies.

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