
La tournée de Rubio dans le Golfe pour apaiser les craintes après l’accord avec l’Iran
Le secrétaire d’État américain tente de convaincre les monarchies du Golfe que le rapprochement avec Téhéran ne se fera pas à leurs dépens, alors que les négociations se poursuivent.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a entamé mardi à Abou Dhabi une tournée de trois jours qui le conduira également au Koweït et à Bahreïn, où il participera à une réunion ministérielle du Conseil de coopération du Golfe. Ce déplacement, le premier d’un responsable américain de ce rang depuis la signature, le 14 juin, d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, vise à expliquer aux alliés régionaux les termes de ce cadre diplomatique et à recueillir leurs « points de vue », selon les déclarations de M. Rubio à son arrivée. Il intervient après un premier cycle de négociations en Suisse, qualifié de « très bonne base » par le vice-président J. D. Vance, mais dont les contours suscitent de vives inquiétudes dans les capitales du Golfe.
Du côté américain, le président Donald Trump alterne entre ouverture et menace. Il affirme rechercher un accord « équitable » avec Téhéran, tout en prévenant que si l’Iran n’agit pas « de manière logique », les États-Unis pourraient « finir le travail en moins d’une semaine ». Il a par ailleurs indiqué que des fonds iraniens débloqués serviraient à acheter des produits agricoles américains, une mesure présentée comme humanitaire. M. Rubio, pour sa part, a écarté toute demande de contribution financière des alliés du Golfe à un éventuel fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars, qualifiant ce projet d’« affaire d’un avenir lointain ». Il a aussi insisté sur la séparation entre les négociations sur le Liban – menées directement avec Beyrouth – et l’accord avec l’Iran, et a rappelé qu’aucun pays ne peut imposer de taxes sur une voie navigable internationale, en référence au détroit d’Ormuz.
Selon des informations rapportées par l’agence Reuters et confirmées par des sources diplomatiques dans la région, les monarchies du Golfe expriment une profonde préoccupation face à plusieurs dispositions du mémorandum. L’absence de restrictions sur le programme de missiles balistiques iranien, la perspective d’un fonds de reconstruction qui renforcerait les capacités de Téhéran, et des clauses susceptibles d’étendre l’influence régionale de l’Iran et son contrôle sur les routes pétrolières sont au cœur des alarmes. Ces États, qui abritent des bases militaires américaines et ont été la cible de frappes de représailles iraniennes durant la guerre, redoutent qu’un rééquilibrage trop favorable à Téhéran ne compromette leur sécurité et la liberté de circulation énergétique. Certaines capitales auraient fait part, en privé, de leur « frustration et stupéfaction » face au texte signé à Versailles, et plusieurs d’entre elles ont, ces derniers mois, diversifié leurs partenariats de défense, signe d’une confiance érodée dans la garantie de sécurité américaine.
Du côté iranien, le négociateur en chef Mohammad Bagher Qalibaf a déclaré que la situation dans le détroit d’Ormuz « ne reviendra pas à ce qu’elle était avant la guerre » et que l’Iran assumera un rôle central dans la gestion de ce passage stratégique. Téhéran a parallèlement accepté le retour des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, un geste de transparence souligné par Donald Trump. Les pourparlers doivent se poursuivre dans les semaines à venir, le mémorandum conditionnant tout accord final à la fin du conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban. La réunion de M. Rubio avec les ministres des Affaires étrangères du CCG à Bahreïn constituera un test décisif de la capacité de Washington à maintenir la cohésion de son alliance régionale tout en poursuivant son ouverture diplomatique envers Téhéran.
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Les États-Unis font avancer un accord avec l'Iran qui promet un soulagement économique et des garanties de sécurité, tandis que certaines voix nationales mettent en garde contre le financement de l'extrémisme. La tournée de Rubio dans le Golfe vise à rassurer les alliés régionaux et à démontrer qu'un Iran affaibli n'a d'autre choix que de se conformer.
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