
Uruguay : l’implosion amère de l’ère Bielsa au Mondial 2026
L’élimination précoce de la Celeste couronne deux années de tensions entre le sélectionneur argentin et ses joueurs, marquées par l’affrontement avec Luis Suárez.
Une dernière erreur de Muslera, une défaite 1-0 face à l’Espagne à Guadalajara, et la sortie de route de l’Uruguay au premier tour du Mondial 2026 est scellée. Le gardien, fautif sur le but de Baena à la 41e minute, a lui-même demandé à être remplacé à la mi-temps – Marcelo Bielsa le confirmera : « C’était sa décision. » Les larmes de Muslera, qui n’a « jamais autant souffert », racontent le calvaire d’un vétéran (19 matchs en Coupe du monde) impliqué sur trois buts adverses dans le tournoi, une première pour un portier depuis 1966 selon les données d’Opta.
La campagne uruguayenne s’arrête avec deux petits points, arrachés lors de nuls contre l’Arabie saoudite et le Cap-Vert. Dans un groupe largement à leur portée, les coéquipiers de Federico Valverde n’auront jamais trouvé le rythme, accumulant les prestations sans éclat. L’élimination, la deuxième consécutive dès la phase de groupes après Qatar 2022, choque par sa médiocrité : « une des pires depuis cinquante ans », titre le quotidien uruguayen El Observador, quand El País parle de « déception de l’Amérique du Sud ».
Sur le banc, c’est la figure de Marcelo Bielsa qui concentre les critiques. Arrivé en 2023 avec l’aura d’un génie tactique, il laisse un bilan en chute libre après la rupture avec Luis Suárez lors de la Copa América 2024. Le « Pistolero » avait dénoncé des restrictions excessives et un climat de défiance ; la réponse glaciale de Bielsa (« Merci beaucoup ») précipita sa retraite internationale et ouvrit une guerre médiatique. Depuis, les résultats se sont effondrés – cinq victoires en dix-sept matchs – et le vestiaire s’est fracturé. L’exclusion surprise de Nahitan Nandez, proche de Suárez, puis le refus d’un ultime retour de l’attaquant pour le Mondial (un simple « non » de Bielsa) ont achevé de miner le groupe.
Devant la presse, le technicien argentin n’a pas fui ses responsabilités. « Ce que j’ai apporté au football uruguayen, c’est rien », a-t-il lâché, ajoutant que sa place en qualification ou à la Copa América « ne valaient rien ». Des mots qui résonnent avec la sévérité de la Fédération : le vol charter prévu pour le retour a été annulé, contraignant joueurs et staff à regagner Montevideo sur des lignes commerciales. L’image d’un Bielsa isolé sur le bus, silencieux, puis s’emportant contre un producteur TV, symbolise la fin d’un cycle miné par l’incommunicabilité.
En Uruguay, les anciennes gloires règlent leurs comptes. Diego Lugano fustige un sélectionneur qui « a contaminé l’ambiance et s’est accroché à un contrat mirobolant », tandis que Diego Forlán s’interroge sur le remplacement précoce de Valverde contre l’Espagne. La page Bielsa se tourne sur un football charrúa orphelin d’identité, éliminé sans gloire et promis à un nouvel examen de conscience avant les éliminatoires suivants.
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Latin American media portrayed Uruguay's elimination as Bielsa's personal failure, describing a toxic environment and fierce criticism from former players. The coach was accused of contaminating the dressing room and being more focused on his million-dollar contract than on the team. Goalkeeper Muslera's error was just the last straw in a situation already full of tensions.
Continental European media highlighted the punishment imposed by the Uruguayan federation, which canceled the players' private return flight after the disappointing World Cup. The tone is between ironic and scandalized, emphasizing the drastic reaction to poor performance. The disciplinary aspect is highlighted more than the game dynamics.
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