
Trafic maritime en chute libre dans le détroit d’Ormuz après la rupture du cessez-le-feu américano-iranien
Les échanges de frappes entre Washington et Téhéran ont provoqué un effondrement du transit commercial dans ce corridor énergétique vital, ravivant les craintes d’une perturbation prolongée des approvisionnements mondiaux.
Le transit commercial par le détroit d’Ormuz s’est effondré cette semaine, selon les données de plusieurs sociétés de suivi maritime, après la rupture du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran et la reprise des frappes militaires. Alors que le trafic quotidien s’élevait à environ 110 navires avant le conflit, il est tombé à moins de 25 passages quotidiens, et à certains moments à seulement deux bâtiments observés, d’après les firmes Kpler, Windward et MarineTraffic. De nombreux navires ont par ailleurs désactivé leur système d’identification automatique (AIS), une pratique dite de « going dark », tandis que les interférences GPS par usurpation de signal ont refait surface, compliquant le suivi des mouvements dans la zone.
Les positions des deux belligérants restent antagonistes. Le Commandement central des forces armées américaines (CENTCOM) a affirmé que « l’Iran ne contrôle pas le détroit d’Ormuz » et a indiqué avoir facilité, depuis début mai, le transit de plus de 800 navires commerciaux et de 380 millions de barils de pétrole brut. En réponse, la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a prévenu que toute ingérence américaine dans la définition des routes de navigation entraverait la réouverture progressive du passage et appellerait une « réponse écrasante ». Les médias d’État iraniens insistent sur le fait que le transit n’est autorisé que par les couloirs désignés par Téhéran, et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que le détroit ne rouvrirait que sous contrôle iranien.
Cette dégradation brutale de la sécurité maritime a des répercussions immédiates sur le commerce énergétique mondial, le détroit assurant environ 20 % de la consommation planétaire de pétrole et une part significative des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Les assureurs maritimes conseillent aux armateurs de différer leurs voyages ou de réévaluer leurs couvertures, tandis que les primes de risque de guerre augmentent. Quelques navires continuent néanmoins de franchir le passage : au moins cinq méthaniers vides, dont un contrôlé par l’armateur grec GasLog et quatre liés à la compagnie qatarie QatarEnergy, sont entrés dans le détroit ces derniers jours, de même que plusieurs pétroliers liés à des intérêts japonais. Du point de vue européen, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a souligné qu’une éventuelle opération de déminage européenne dans le détroit nécessiterait un feu vert de l’Iran et d’Oman, illustrant la dépendance des puissances extérieures vis-à-vis des riverains.
Le mémorandum d’entente en quatorze points signé le 17 juin, qui avait permis une reprise partielle du trafic, est désormais caduc, le président américain Donald Trump ayant déclaré que l’accord de paix était « terminé » tout en laissant la porte ouverte à de nouvelles négociations. Des médiateurs régionaux — le Pakistan, le Qatar et Oman — s’efforcent de ramener les parties à la table, tandis que l’Iran et Oman avaient entamé en juin des pourparlers sur une gestion conjointe du détroit et l’instauration de redevances pour les services maritimes. Aucune échéance concrète n’est fixée pour une reprise du dialogue, et la situation demeure extrêmement volatile.
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse nippo-coréenne | +0.10 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | −0.20 | neutral |
La Russie recadre le conflit comme gérable, soulignant que le transit continue et que les États-Unis maintiennent le contrôle.
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