
Iran conditionne le respect du mémorandum à une stricte réciprocité américaine
Téhéran affirme qu’il honorera ses engagements si Washington fait de même, alors que les deux capitales divergent sur la nature des discussions prévues à Doha.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi 29 juin que la République islamique respecterait le mémorandum d’entente signé le 18 juin avec les États-Unis à la condition expresse que Washington s’acquitte de l’intégralité de ses obligations. Dans un message publié sur le réseau X, il a qualifié l’accord de « voie à double sens », tout en avertissant que l’Iran opposerait une « défense résolue et sans crainte » à toute menace. Cette prise de position intervient alors que les deux pays s’efforcent de consolider un cessez-le-feu fragilisé par des frappes réciproques autour du détroit d’Ormuz.
Du côté américain, le président Donald Trump a annoncé qu’une rencontre entre les deux parties se tiendrait le 30 juin à Doha, à la demande de Téhéran selon lui, et a affirmé que l’Iran aurait accepté une « dénucléarisation ». La Maison-Blanche a dépêché l’émissaire Steve Witkoff et le conseiller Jared Kushner dans la capitale qatarie. Les responsables américains insistent sur le fait que les discussions techniques relatives à la mise en œuvre du mémorandum se poursuivent comme prévu, en dépit des récents échanges de tirs. Washington conditionne par ailleurs tout déblocage d’avoirs iraniens gelés à des achats humanitaires strictement contrôlés et à la performance de Téhéran dans l’exécution du texte.
La divergence est nette quant à la nature des pourparlers. Le ministère iranien des Affaires étrangères, par la voix de son porte-parole Esmaïl Baghaï, a démenti toute négociation nouvelle, précisant que la délégation envoyée à Doha est uniquement chargée du suivi de l’article 11 du mémorandum, qui porte sur la libération des avoirs iraniens bloqués. Aucune rencontre de niveau politique n’est programmée dans l’immédiat, selon Téhéran, qui subordonne l’ouverture de discussions sur un accord définitif à l’application effective des premières clauses, notamment celles relatives aux exportations pétrolières et à la sécurité maritime.
Le mémorandum du 18 juin, conclu à Islamabad sous médiation pakistanaise et qatarie, avait mis fin à plusieurs semaines d’affrontements militaires directs. Il prévoit un cessez-le-feu immédiat, la levée progressive du blocus naval, un allègement des sanctions et le déblocage de fonds iraniens, en échange d’un engagement de l’Iran à ne pas chercher à se doter de l’arme nucléaire et à suspendre l’enrichissement d’uranium pour une durée de cinq à quinze ans. Selon des sources russes, le texte ouvre une fenêtre de négociation de trente jours en vue d’un règlement global, pendant laquelle les restrictions maritimes doivent être levées par étapes.
La situation reste volatile. Les frappes américaines du 27 juin contre des infrastructures de surveillance et de défense iraniennes près du détroit d’Ormuz, suivies de représailles du Corps des gardiens de la révolution contre des cibles américaines au Koweït et à Bahreïn, ont mis à l’épreuve la trêve. Dans ce contexte, les discussions techniques se poursuivent, mais le fossé entre les interprétations américaine et iranienne du processus laisse planer l’incertitude sur la prochaine étape, alors que la date butoir du 16 août pour un éventuel accord définitif approche.
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L'Iran conditionne le respect de l'accord à la pleine réciprocité de Washington et prévient qu'il ne tolérera pas les menaces. La déclaration intervient dans un climat de tension croissante avant la réunion de Doha, Téhéran démentant de nouvelles négociations.
L'Iran n'honorera l'accord que si les États-Unis font de même, en soulignant son approche rationnelle et digne face aux fanfaronnades américaines. Téhéran insiste sur le fait que toute entente doit être mutuelle et fondée sur le respect, rejetant les rhétoriques menaçantes.
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