
Syrie : une cellule liée à l’État islamique démantelée après les attentats de Damas pendant la visite de Macron
Les autorités syriennes annoncent l’arrestation d’un réseau accusé des explosions meurtrières survenues lors du déplacement du président français, et la découverte d’une cache d’explosifs.
Les services de sécurité syriens ont annoncé, jeudi 9 juillet, avoir arrêté l’ensemble des membres d’une cellule accusée d’être à l’origine du double attentat à la bombe perpétré deux jours plus tôt dans le centre de Damas, alors que le président français Emmanuel Macron effectuait la première visite d’un chef d’État de l’Union européenne depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024. Selon le ministère syrien de l’Intérieur, des perquisitions simultanées menées dans plusieurs quartiers de la capitale et de sa périphérie ont permis de « démanteler complètement le noyau responsable » et de mettre la main, le lendemain, sur un dépôt clandestin d’explosifs destiné à une série d’attaques. Les déflagrations, causées par des engins dissimulés dans une poubelle et un véhicule à proximité de l’hôtel Four Seasons où le président français avait passé la nuit, ont fait un mort et 36 blessés, d’après le bilan officiel.
Du côté syrien, le commandant de la sécurité intérieure de la région de Damas, Ahmad al-Dalati, a indiqué à la télévision d’État que les investigations préliminaires établissaient l’appartenance de la cellule à l’organisation État islamique (EI). Les autorités de Damas, qui n’ont pas encore révélé l’identité des suspects, ont présenté cette opération comme une démonstration de leur capacité à garantir la sécurité, alors que le président Ahmed al-Charaa s’efforce de consolider son autorité et de rassurer les investisseurs étrangers. L’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG basée au Royaume-Uni, a toutefois fait état de dizaines d’arrestations dans le quartier populaire d’Ach al-Warwar, une zone à majorité alaouite avant 2024, ravivant les interrogations sur l’usage des prérogatives sécuritaires à l’encontre des minorités.
La visite d’Emmanuel Macron, préparée dans le plus grand secret pour des raisons de sécurité, visait à normaliser les relations diplomatiques avec le nouveau pouvoir syrien. Lors d’une conférence de presse conjointe tenue après les explosions, le président français a appelé à « ne pas se laisser déstabiliser », tandis que son homologue syrien saluait son « courage ». Les deux dirigeants ont annoncé le lancement du processus d’échange d’ambassadeurs résidents entre Paris et Damas, signalant une volonté de tourner la page de plus d’une décennie de conflit. Pour les capitales européennes, ce rapprochement s’inscrit dans une logique de stabilisation régionale, mais il se heurte à la persistance de cellules dormantes de l’EI, que les nouvelles autorités de Damas considèrent comme des apostats.
Des analyses relayées par des médias iraniens ont mis en doute la nature exclusivement antiterroriste de l’opération, y voyant un possible prétexte pour réprimer des opposants politiques dans les anciens fiefs alaouites. De fait, l’EI, bien que territorialement défait en 2019, a revendiqué une nouvelle phase d’actions en Syrie contre le gouvernement d’al-Charaa, selon un rapport du Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme. Le groupe, dont l’activité se concentre désormais principalement en Afrique, conserve des capacités de nuisance via des cellules autonomes et des attaques inspirées, comme l’a rappelé un attentat à la bombe dans un café de Damas le 2 juillet, qui avait fait dix morts.
Les investigations se poursuivent et le ministre syrien de l’Intérieur, Anas Khattab, a promis de rendre publiques les identités et les affiliations des membres de la cellule une fois les interrogatoires achevés. L’échange d’ambassadeurs entre la France et la Syrie est attendu dans les prochaines semaines, tandis que les partenaires internationaux de Damas évaluent la capacité du nouveau pouvoir à contenir la menace djihadiste sans compromettre les équilibres communautaires hérités de la guerre.
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse iranienne et apparentée | −0.70 | critical |
Les autorités syriennes démantèlent avec succès une cellule de l'ISIS, démontrant leur capacité de contrôle et de sécurité.
Le récit s'appuie sur les déclarations officielles et les reportages factuels, présentant les événements comme établis sans remettre en cause les motivations du gouvernement.
Il omet le contexte des arrestations massives et de la répression politique potentielle, se concentrant uniquement sur le succès sécuritaire.
Le gouvernement syrien exploite les attentats pour réprimer les dissidents, masquant une répression politique comme lutte antiterroriste.
Le récit inverse la perspective : les attentats deviennent un prétexte, et l'attention se déplace vers les victimes de la répression, non vers les auteurs.
Il omet la revendication officielle du lien avec l'ISIS et la découverte d'explosifs, ce qui affaiblirait le récit du prétexte.
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