
Sommet de l’OTAN à Ankara : Washington accentue la pression sur les dépenses militaires et le partage du fardeau
À une semaine du sommet, l’ambassadeur américain Matthew Whitaker prévient que certains alliés sont « en retard » sur l’objectif de 5 % du PIB, tandis que les Européens affichent leur unité.
Le sommet de l’OTAN des 7 et 8 juillet à Ankara est présenté par l’administration américaine comme une « première évaluation » des progrès accomplis depuis l’engagement de La Haye de porter les dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035. Selon l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Alliance, Matthew Whitaker, certains alliés « sont à la traîne », soit parce qu’ils ne dépensent pas assez, soit parce qu’ils ne disposent pas d’une trajectoire crédible. Washington cite la Pologne, les pays nordiques, les États baltes et l’Allemagne comme exemples de bonne volonté, tandis que l’Espagne est nommément pointée du doigt pour son refus d’avancer vers les 5 % et pour son attitude lors de l’opération militaire américaine contre l’Iran. M. Whitaker n’exclut pas d’éventuelles mesures à l’encontre des pays jugés insuffisamment engagés, sans en préciser la nature.
Du côté européen, le chancelier allemand Friedrich Merz a affiché une « confiance totale » dans la capacité du pilier européen de l’OTAN, soulignant l’interdépendance avec les États-Unis. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a réuni ses ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Économie pour préparer le sommet. Rome entend confirmer un effort de défense à 2,8 % du PIB, tout en rejetant les informations de presse selon lesquelles elle se serait opposée à un engagement financier pluriannuel en faveur de l’Ukraine. Des sources gouvernementales italiennes assurent que l’objectif est de préserver une formulation compatible avec une relance des négociations avec la Russie, et que le texte final sera approuvé.
La question de l’accès aux bases européennes durant la guerre en Iran a ravivé des tensions transatlantiques. D’après des responsables américains, le président Donald Trump est « doublement déçu » par l’Espagne et a également exprimé son mécontentement envers l’Italie et l’Allemagne. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a déclaré qu’aucun vol à visée cinétique contre le territoire iranien n’a décollé des bases italiennes, et que les demandes américaines sortant du cadre des accords bilatéraux ont été refusées, suscitant un « fort mécontentement » de Washington. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a reconnu un « certain désappointement » américain, tout en rappelant que l’Europe demeure la principale plateforme de projection de puissance des États-Unis, avec jusqu’à cinq mille sorties aériennes depuis des bases européennes.
En amont du sommet, une source au sein de l’OTAN indique que les membres européens sont en passe de combler la quasi-totalité des lacunes laissées par les États-Unis dans les plans de défense de l’Alliance, à l’exception du segment des bombardiers stratégiques. Parallèlement, Washington insiste sur le renforcement de la coopération industrielle de défense avec la Turquie, pays hôte, et sur la nécessité d’éviter des clauses protectionnistes dans les initiatives européennes. Le sommet devrait également donner lieu à des annonces « substantielles » de soutien à l’Ukraine, via notamment le programme américain Purl, tout en consacrant le transfert progressif de la charge de la défense conventionnelle du continent vers les alliés européens.
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Les alliés européens subissent une pression américaine renouvelée pour atteindre l'objectif de 5 % de dépenses de défense avant le sommet d'Ankara. L'Italie a convoqué une réunion interministérielle d'urgence pour coordonner sa position, tandis que l'Allemagne est saluée pour ses efforts, mettant en lumière les tensions internes sur les priorités budgétaires.
Le sommet d'Ankara est présenté comme un moment charnière pour évaluer les progrès des alliés sur l'engagement de 5 % de dépenses de défense et pour forger une OTAN plus forte et plus létale. Les États-Unis considèrent la réunion comme un bulletin de notes sur le partage du fardeau, confiants que l'alliance avance vers une plus grande responsabilité européenne pour la défense du continent.
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