
Séismes au Venezuela : le bilan officiel dépasse 2 500 morts, des dizaines de milliers de disparus
La présidente par intérim annonce 2 595 décès, tandis que l’ONU estime jusqu’à 50 000 disparus et que les opérations de secours se poursuivent dans un climat de tensions.
Huit jours après les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du Venezuela le 24 juin, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a porté le bilan officiel à 2 595 morts et 12 400 blessés. Selon les autorités vénézuéliennes, 189 édifices se sont entièrement effondrés, principalement dans l’État côtier de La Guaira, et près de 6 500 personnes ont été extraites vivantes des décombres. Le gouvernement assure que les opérations de recherche restent actives, sans avoir communiqué de chiffre officiel de disparus.
Les Nations unies, de leur côté, évoquent jusqu’à 50 000 personnes dont le sort demeure inconnu, tandis qu’une plateforme de l’opposition recensait jeudi 41 000 signalements. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévient que le nombre de victimes pourrait « augmenter de façon considérable » à mesure que les équipes passent de la recherche de survivants à la récupération des corps. Des sources médicales internationales soulignent que le système de santé vénézuélien, déjà fragilisé par des années de sous-investissement, manquait avant la catastrophe de 37 % des médicaments essentiels, et redoutent désormais des flambées de maladies évitables par la vaccination.
Sur le terrain, environ 3 000 secouristes venus de 33 pays – dont des équipes européennes et latino-américaines – participent aux opérations, appuyés par des dispositifs de détection acoustique. Un survivant a été extrait après huit jours sous les décombres d’un centre commercial. Toutefois, plusieurs organisations non gouvernementales, notamment allemande et chilienne, ont dénoncé des entraves : contrôles intempestifs, soupçons d’espionnage, voire exigences de pots-de-vin. La mission de l’ONG allemande ISAR a été annulée faute d’autorisation d’entrée. La présidente par intérim a rejeté ces critiques, qualifiant de « misérables » les allégations de lenteur, et affirmé que l’état d’urgence avait été décrété dans les heures suivant les secousses.
Sur le plan financier, Caracas négocie avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les États-Unis des fonds pour la reconstruction. Un fonds initial de 200 millions de dollars a été annoncé, tandis que l’OMS a débloqué 1,5 million de dollars et expédié plus de six tonnes de matériel médical. Le Programme alimentaire mondial a lancé un appel de 50 millions de dollars pour nourrir 500 000 personnes pendant trois mois. Le bilan officiel, qualifié de « rigoureux » par Delcy Rodríguez, reste provisoire alors que les répliques sismiques se poursuivent et que des milliers de familles dorment à la belle étoile, dans l’attente d’une aide humanitaire qui tarde à se déployer uniformément.
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Le gouvernement présente le bilan des victimes comme rigoureux et définitif, en soulignant l'activation immédiate des secours et l'arrivée de l'aide internationale pour la reconstruction. Il se défend des accusations de retard et maintient l'attention sur les opérations de recherche en cours.
Des sources non officielles et des organisations internationales suggèrent que le véritable bilan est bien plus lourd que ce qu'admet le gouvernement. L'exécutif est accusé de minimiser la catastrophe et d'avoir réagi avec lenteur, tandis que l'ONU met en garde contre des dizaines de milliers de disparus.
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