
Royaume-Uni : les réfugiés devront rembourser jusqu’à 10 000 livres avant d’obtenir le statut de résident permanent
Le gouvernement travailliste impose une contribution financière aux demandeurs d’asile reconnus, suscitant l’opposition des organisations humanitaires et le scepticisme des chercheurs.
Le gouvernement britannique a déposé lundi un projet de loi sur l’immigration et l’asile qui obligera les adultes reconnus réfugiés à rembourser environ 10 000 livres sterling (près de 13 200 dollars) pour les frais d’hébergement et de subsistance perçus durant l’examen de leur demande. Ce paiement, étalé dans le temps et conditionné à un revenu suffisant, devra être acquitté avant toute demande de résidence permanente. Selon le ministère de l’Intérieur, la mesure vise à alléger une charge annuelle de 4 milliards de livres pour les contribuables, tout en instaurant un mécanisme de remboursement inspiré des prêts étudiants, avec des garde-fous contre le dénuement.
Les organisations de défense des réfugiés au Royaume-Uni dénoncent une « taxe supplémentaire sur les réfugiés », jugée injuste et impraticable. Le Conseil britannique pour les réfugiés, par la voix de son directeur des affaires extérieures Imran Hussain, souligne que l’interdiction de travailler pendant l’instruction des dossiers place les demandeurs dans une dépendance totale à l’aide publique, rendant ce remboursement particulièrement pénalisant pour ceux qui arrivent sans ressources. L’Observatoire des migrations de l’Université d’Oxford, cité par plusieurs médias britanniques, met en doute la capacité de l’État à recouvrer des sommes significatives : en 2023, seuls 13 % des réfugiés ayant obtenu leur statut cinq ans plus tôt gagnaient au moins 20 000 livres par an, un seuil pourtant inférieur au salaire minimum à temps plein.
L’exécutif travailliste, confronté à la pression électorale du parti de droite radicale Reform UK, assume un tournant restrictif. La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood justifie cette réforme par un principe de responsabilité : « Une fois que les personnes peuvent contribuer et rembourser la générosité du peuple britannique, nous attendons d’elles qu’elles le fassent. » L’opposition conservatrice, par la voix du ministre de l’Intérieur fantôme Chris Philp, revendique la paternité de ce dispositif, bloqué selon lui par les travaillistes lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Le projet de loi prévoit également l’expulsion de 45 000 personnes supplémentaires en situation irrégulière sur la prochaine décennie et l’ouverture de nouvelles voies légales de parrainage communautaire et universitaire, sur le modèle canadien.
Le débat parlementaire s’annonce tendu, une partie des députés travaillistes s’opposant aux mesures les plus strictes. Les seuils de revenu et les modalités précises de recouvrement seront fixés ultérieurement par la ministre, qui disposera d’un pouvoir d’ajustement pour éviter de basculer dans la précarité. Le texte doit être examiné dans les prochains jours par les Communes, alors que l’immigration demeure l’un des sujets les plus clivants de la vie politique britannique.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
2 groupes éditoriaux · 4 langues
Le projet du gouvernement britannique de facturer 10 000 livres aux demandeurs d'asile pour leur hébergement est dénoncé comme une cruauté performative qui endettera des personnes vulnérables. Les critiques affirment qu'il crée un système à deux vitesses et entrave l'intégration, tandis que le ministère de l'Intérieur le justifie par la réduction de la charge pesant sur les contribuables.
Les nouvelles règles d'asile britanniques obligeront les réfugiés à rembourser environ 10 000 livres pour l'hébergement avant de pouvoir s'installer. Présentée comme un moyen de dissuader la migration irrégulière, cette mesure suscite des inquiétudes quant à la pression financière sur les personnes fuyant les persécutions.
Élargis ton regard
Washington refuse de prolonger le T-MEC, l’accord commercial nord-américain placé sous revue annuelle
7 langues · 32 sources
Depuis TechnologyWhatsApp lance les noms d’utilisateur : l’Inde met en garde contre les risques de fraude
3 langues · 15 sources
Depuis Science & HealthUne cellule synthétique capable de croître et de se diviser redessine les frontières du vivant
6 langues · 10 sources