
Retards du Patriot : la Suisse négocie un second système antiaérien avec Paris, Séoul et Tel-Aviv
Berne a engagé des pourparlers contractuels avec la France, Israël et la Corée du Sud pour un système sol-air de longue portée, tout en relançant les paiements pour les missiles Patriot américains dont la livraison accuse quatre à cinq ans de retard.
La Confédération helvétique a annoncé mercredi l’ouverture de négociations contractuelles avec des industriels français, israéliens et sud-coréens en vue de l’acquisition d’un second système de défense sol-air de longue portée. Parallèlement, le gouvernement suisse a confirmé la reprise des versements destinés au système Patriot américain, commandé en 2022, malgré un report de livraison désormais estimé entre quatre et cinq ans. Selon le Département fédéral de la défense, cette double démarche répond à la « dégradation de la situation sécuritaire » en Europe et à la nécessité, pour un pays neutre, de pouvoir se défendre rapidement contre des attaques à distance.
Du point de vue de Berne, le futur système doit réduire la dépendance à un fournisseur unique et à une chaîne d’approvisionnement unique, tout en complétant les capacités des Patriot. Le ministre suisse de la Défense, Martin Pfister, a précisé que le coût de cette seconde commande serait « significativement plus élevé » que l’enveloppe initiale d’environ 2 milliards de francs. Le directeur de l’armement, Urs Loher, a exclu que le système israélien Arrow fasse l’objet des discussions en cours, sans détailler les autres modèles envisagés. La France, Israël et la Corée du Sud ont ainsi été retenus, alors que l’Allemagne, un temps citée comme fournisseur potentiel, n’apparaît plus dans le tour de table actuel.
Le retard du Patriot est attribué, côté américain, aux conséquences de la guerre en Ukraine, qui a contraint Washington à réorienter ses capacités de production. La Suisse avait suspendu ses paiements l’an dernier, jugeant le calendrier incertain, avant de constater que les États-Unis avaient utilisé des fonds suisses destinés aux chasseurs F-35 pour honorer des échéances du Patriot. Berne a par ailleurs revu à la baisse sa commande de F-35A, passant de 36 à 30 appareils, en raison de surcoûts liés à l’inflation et aux matières premières. Ces tensions illustrent, selon des analystes européens, une fragilisation des chaînes d’approvisionnement transatlantiques dans le domaine de la défense.
Sur le plan budgétaire, le gouvernement suisse entend créer un fonds pour l’armement alimenté par une hausse de 0,5 point de TVA, une proposition qui s’ajoute à d’autres demandes de relèvement de cet impôt pour financer les retraites et les infrastructures ferroviaires. Les négociations avec les trois pays fournisseurs sont en cours, et Berne affirme vouloir disposer d’un système opérationnel dans les meilleurs délais, au cas où la livraison des Patriot ne se concrétiserait pas. Le dossier doit désormais être soumis au Parlement, qui devra se prononcer sur le financement de ce renforcement capacitaire.
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
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| Presse israélienne | +0.70 | aligned |
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.60 | critical |
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