
Reprise des exécutions en Jordanie : un tournant répressif face au terrorisme et au narcotrafic
Après huit ans d’interruption, le royaume hachémite a exécuté six condamnés pour terrorisme et crimes liés à la drogue, et annoncé une extension de la peine capitale aux grands trafiquants.
Le 2 mars 2025, les autorités jordaniennes ont procédé à la pendaison de six hommes condamnés pour des affaires de terrorisme et de crimes liés au trafic de stupéfiants, mettant fin à un moratoire de facto observé depuis mars 2017. La décision a été confirmée par le porte-parole du gouvernement, Mohammad Momani, qui a précisé que ces exécutions avaient été menées après épuisement des voies de recours et sous la supervision du parquet près la Cour de sûreté de l’État.
Les six exécutés incluaient deux membres de la cellule de Salt (août 2018), à l’origine de la mort de six agents de sécurité lors d’une opération antiterroriste ; un homme reconnu coupable du meurtre d’un officier supérieur lors des émeutes contre la hausse des carburants en 2022 ; et trois trafiquants de drogue impliqués dans des fusillades ayant coûté la vie à trois autres membres des forces de l’ordre entre 2014 et 2018. Selon le gouvernement, cette reprise des exécutions constitue un « message clair » adressé à ceux qui s’attaquent aux « forces armées et aux services de sécurité ». Le Premier ministre Jaafar Hassan a par ailleurs annoncé sa volonté de modifier la loi pour élargir l’application de la peine capitale aux « grands trafiquants et passeurs de drogue opérant avec des réseaux étrangers », une mesure qui, d’après des analystes proches du pouvoir, répond à l’ampleur croissante du trafic de captagon en provenance de Syrie.
La reprise des exécutions, après huit ans d’interruption, suscite l’inquiétude des chancelleries occidentales et des organismes de défense des droits humains. L’Union européenne, qui milite pour l’abolition universelle de la peine de mort, a régulièrement appelé la Jordanie à maintenir son moratoire ; des diplomates européens en poste à Amman rappellent que ce royaume est un partenaire clé dans la lutte antiterroriste et la stabilisation régionale, et que le retour de la peine capitale pourrait ternir son image. De leur côté, les Nations unies et des ONG comme Human Rights Watch dénoncent le recours à la Cour de sûreté de l’État, dont les procédures sont jugées non conformes aux standards internationaux d’équité, notamment en matière de droits de la défense.
Dans le contexte du Moyen-Orient, le maintien de la peine de mort demeure largement pratiqué, et la décision jordanienne est saluée par les courants sécuritaires de la région qui y voient un instrument de dissuasion face à la menace terroriste et au narcotrafic. Reste que plus d’une centaine de condamnés attendent encore leur tour dans les couloirs de la mort ; les autorités ont indiqué que les exécutions se poursuivraient « une par une ». Le projet d’extension législative annoncé par le Premier ministre devrait être examiné prochainement par le Parlement, dominé par les forces conservatrices et loyalistes, rendant son adoption probable. L’attention se portera donc sur la réaction des bailleurs de fonds occidentaux et des opinions publiques arabes, dans un pays où la peine capitale bénéficie d’un soutien populaire mais où les organisations de la société civile tentent de faire entendre une voix abolitionniste.
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Le reportage se concentre sur la fin factuelle du moratoire de neuf ans en Jordanie, détaillant les crimes et les déclarations officielles sans langage émotionnel. Il présente la position du gouvernement de manière neutre, en soulignant les procédures légales et le nombre de condamnés à mort restants.
La couverture présente les exécutions comme un puissant moyen de dissuasion et un message clair aux criminels, les présentant comme une victoire pour les forces de sécurité et l'État. Elle souligne la détermination du gouvernement à étendre la peine de mort pour les trafiquants de drogue, décrivant cette décision comme une réponse justifiée à des crimes odieux.
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