
Rangelands en première ligne : la journée mondiale contre la désertification sonne l’alarme
De la Méditerranée à l’Afrique de l’Est, la thématique des pâturages dégradés mobilise États et organisations internationales pour une restauration urgente des écosystèmes.
La célébration, ce 17 juin, de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse a placé les pâturages au cœur des débats internationaux. Sous le mot d’ordre « Reconnaître, respecter, restaurer », la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification a voulu rappeler que ces espaces, qui couvrent près de la moitié des terres émergées, sont des piliers trop souvent négligés de la sécurité alimentaire, de la biodiversité et de la résilience climatique. De Téhéran à Alger, en passant par Nairobi et Rome, les institutions ont multiplié les initiatives pour souligner l’urgence d’une action collective face à la dégradation accélérée de ces milieux.
Le bassin méditerranéen, identifié comme l’un des points chauds du changement climatique, illustre la vulnérabilité croissante des écosystèmes terrestres et aquatiques. En Italie, les chercheurs de l’Institut de recherche sur les eaux du Conseil national de la recherche (Cnr-Irsa) tirent la sonnette d’alarme : la péninsule enregistre des signaux tangibles d’érosion de la biodiversité, tant dans les milieux aquatiques que terrestres, un phénomène aggravé par la consommation effrénée des sols. La désertification n’épargne plus seulement les marges arides du Mezzogiorno, elle progresse vers le nord, menaçant les services écosystémiques dont dépendent les productions agricoles et la régulation hydrique. En Algérie, la direction générale des forêts a orchestré une série d’activités nationales pour rappeler le rôle central des parcours pastoraux dans l’adaptation aux changements climatiques et la préservation de l’identité culturelle des communautés rurales.
Au Moyen-Orient, la République islamique d’Iran a accueilli une cérémonie de haut niveau avec la participation de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Son représentant a insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des systèmes agrifood face à la sécheresse, en misant sur la restauration à grande échelle des pâturages dégradés. En Afrique de l’Est, le Kenya a déployé un double front : le vice-président Kithure Kindiki a réaffirmé l’engagement du pays à planter 15 milliards d’arbres d’ici 2032 pour contrer la dégradation des terres, tout en inaugurant à Mombasa la onzième conférence « Our Ocean », consacrée à la protection des ressources marines. Ce lien explicite entre santé des pâturages et santé des océans souligne une approche intégrée des écosystèmes, où la lutte contre l’érosion des sols et la préservation des bassins versants conditionnent directement la qualité des eaux côtières.
Ces mobilisations convergentes traduisent une prise de conscience : la désertification n’est plus une fatalité subie par les seules zones arides, mais un risque systémique pour l’ensemble des équilibres planétaires. La dégradation des pâturages accélère la perte de biodiversité, compromet la séquestration du carbone et exacerbe les tensions sur les ressources hydriques, dans un contexte où le bassin méditerranéen et la Corne de l’Afrique figurent parmi les régions les plus exposées. Les solutions mises en avant – restauration des parcours, agroforesterie, reconnaissance des savoirs pastoraux – exigent toutefois des investissements massifs et une coordination transfrontalière encore balbutiante.
L’enjeu dépasse la seule résilience écologique. Derrière la santé des pâturages se joue la stabilité de filières alimentaires entières et la survie de modes de vie pastoraux qui, de la steppe algérienne aux hauts plateaux iraniens, façonnent des identités culturelles millénaires. Alors que la prochaine décennie a été décrétée « Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes », les engagements pris en cette journée mondiale devront se mesurer à l’aune des surfaces effectivement régénérées et des communautés durablement protégées. Sans un sursaut politique et financier, la dégradation des terres continuera d’alimenter un cycle vicieux où sécheresses, migrations forcées et conflits d’usage se renforcent mutuellement.
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Un chercheur italien tire la sonnette d'alarme : la désertification menace tout le bassin méditerranéen, y compris l'Italie, avec des signes évidents de perte de biodiversité. La protection des services écosystémiques est cruciale pour lutter contre la dégradation des sols et la sécheresse.
Le ministère algérien de l'Agriculture célèbre la Journée mondiale de lutte contre la désertification par des événements nationaux, soulignant le rôle central des parcours dans l'adaptation climatique, la sécurité alimentaire et hydrique, et la préservation de l'identité culturelle des communautés pastorales.
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