
Le désir d’enfant à l’épreuve du réel : quand l’économie contrarie les berceaux
Une enquête onusienne et des études menées en Argentine, en Indonésie ou en Italie révèlent que la chute de la fécondité tient moins à un refus de la parentalité qu’à un faisceau de contraintes économiques et sanitaires.
« Il n’existe pas de droit à être grand-mère », lance Marina à sa mère, Abigail, 75 ans, qui rêvait d’une ribambelle de petits-enfants. L’avocate de 38 ans, elle, a choisi : sa carrière, ses voyages, ses chats. La scène, rapportée par la presse argentine, dit beaucoup d’un basculement générationnel qui traverse les continents. Dans le salon familial, le silence qui suit la réplique de la fille en dit plus long que tous les graphiques démographiques.
Pourtant, les chiffres sont là. Selon une vaste enquête du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) menée auprès de 108 000 adultes de 18 à 39 ans dans 73 pays, le désir d’être parent reste puissant : parmi les 35-39 ans sans enfant, 79 % des hommes et 72 % des femmes souhaitent encore le devenir. Ce qui flanche, ce sont les conditions pour y parvenir. L’étude, rendue publique à l’occasion de la Journée mondiale de la population, écarte l’idée d’un repli individualiste ou d’un supposé « égoïsme » des jeunes générations. Elle pointe plutôt les barrières financières, l’infertilité et les maladies chroniques, que les femmes perçoivent d’ailleurs comme plus lourdes que les hommes.
En Argentine, une enquête longitudinale de l’Université Austral confirme ce glissement des représentations. Seuls 46 % des adultes jugent désormais « très important » d’avoir des enfants, contre 77 % il y a dix ans. Pour la première fois, la raison principale invoquée par ceux qui n’en veulent pas n’est ni économique ni professionnelle : 57,3 % affirment que la parentalité ne fait tout simplement pas partie de leur projet de vie. En Indonésie, la vice-ministre chargée de la population, Isyana Bagoes Oka, entend les jeunes lui répéter « in this economy », manière de dire que l’incertitude économique, le coût du logement, de l’éducation et de la santé rendent l’idée même de fonder une famille hors de portée. Le gouvernement de Jakarta dit vouloir créer les conditions pour que chacun puisse réaliser ses aspirations, sans orienter les choix individuels.
Ces dynamiques s’inscrivent dans un paysage sanitaire lui-même en mutation. Une étude parue dans The Lancet prévoit que le nombre de femmes touchées par l’infertilité dans le monde passera de 53,6 millions en 2023 à 80 millions en 2036, la hausse la plus marquée concernant les 35-39 ans, en raison du report des grossesses. En Italie, la Fondation Ibdo alerte sur un doublement de la prévalence de l’obésité chez les 18-34 ans, surtout chez les femmes en âge de procréer, avec des conséquences sur la santé maternelle et infantile. En Argentine, des chercheurs observent une remontée de la mortalité par cancer du sein chez les moins de 45 ans depuis 2010, qu’ils relient en partie à la baisse du nombre de grossesses et de la durée d’allaitement. En Indonésie, la hausse des infections sexuellement transmissibles, y compris chez les jeunes, complique encore la santé reproductive.
Au milieu de ces tensions, la directrice exécutive de l’UNFPA, Diene Keita, évoque « un sens inspirant de l’espoir » chez les jeunes et appelle à lever les obstacles financiers pour qu’ils puissent faire les choix qui leur conviennent. Reste l’image de ces mères qui, comme Abigail, voient s’éloigner le bruissement des berceaux, non par rejet de la vie familiale, mais parce que le chemin qui y mène est devenu, pour beaucoup, un luxe silencieux.
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | −0.20 | neutral |
| Presse d'Asie du Sud-Est | 0.00 | neutral |
Young Argentines choose career and personal freedom over parenthood.
The article uses a survey from a private university to present the decline in parenthood as a voluntary, value-driven shift, downplaying economic or structural factors.
The article omits the economic constraints highlighted by the UN survey, such as financial insecurity and unstable employment, which are central to the African bloc's framing.
Economic hardship, not feminism, prevents young people from starting families.
The article universalizes the UN survey's findings to counter a common narrative, using authoritative data to shift blame from cultural values to economic structures.
The article omits the medical infertility projections from the Southeast Asian bloc, which focus on age-related biological decline rather than economic factors.
Global infertility will rise due to delayed motherhood, an inevitable biological fact.
The article presents a Lancet study as an objective scientific projection, using numbers to depoliticize the issue and frame it as a natural consequence of age, ignoring social or economic factors.
The article omits the UN survey's finding that young people still want children but are blocked by economic constraints, which would complicate the biological determinism.
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