
Quand la canicule réinvente les gestes du quotidien, de Téhéran à Rome
Des mères iraniennes aux propriétaires italiens, en passant par les chiens anglais, les vagues de chaleur imposent de nouveaux rituels, entre déductions fiscales complexes et pratiques ancestrales.
Dans une cuisine de Téhéran, une mère coupe une pastèque bien fraîche et prépare des sucettes glacées à l’eau de rose pour ses enfants. Les volets sont tirés, les vêtements amples. Ce sont les gestes séculaires que la presse iranienne recommande cet été pour affronter les températures extrêmes, alors que le thermomètre dépasse les 40 °C. Sous toutes les latitudes, la canicule réveille un savoir-faire populaire qui hésite entre tradition et modernité.
En Italie, la modernité prend la forme d’un « bonus condizionatori », un dispositif fiscal prolongé jusqu’à fin 2026 qui permet de déduire jusqu’à 50 % des dépenses d’achat et d’installation d’un climatiseur à pompe à chaleur. Mais comme le rappellent les colonnes de la presse économique, ce coup de pouce est tout sauf simple : il impose un paiement par « bonifico parlante », un virement bancaire détaillant le cadre légal, le code fiscal du bénéficiaire et les coordonnées du fournisseur. Un rituel bureaucratique qui refroidit certains enthousiasmes, même si l’Agenzia delle Entrate a confirmé que l’avantage peut être obtenu sans engager de travaux de rénovation, à condition de remplacer un vieil appareil énergivore.
Pourtant, la climatisation à tout crin n’est pas sans revers. En Grande-Bretagne, où une étude révèle que 80 % des foyers ont souffert de surchauffe en 2022, l’explosion des ventes de climatiseurs après le pic de 40 °C a été qualifiée de « piège énergétique » par des experts : inégalitaire, vorace en électricité, elle encourage un recours mécanique qui oublie les leçons de l’Europe du Sud. Espagne, Italie, Grèce : les volets, les siestes et l’aération nocturne y constituent depuis longtemps une première ligne de défense passive. Le contraste culturel est net : alors qu’un Britannique perçoit encore 30 °C comme un temps de barbecue, un Romain ferme ses persiennes sans y penser.
La chaleur n’épargne ni les enfants ni les animaux. En Iran, on conseille de ne jamais couvrir un nourrisson d’une serviette humide, qui emprisonne la chaleur, mais de le laisser s’allonger dessus. Au Royaume-Uni, les propriétaires de chiens testent l’asphalte du revers de la main avant de sortir, et certains trottoirs restent déserts aux heures les plus brûlantes. Sur les plages italiennes, on se méfie des marées et des courants qui ont déjà emporté des chiens imprudents. Ainsi, entre un bonus conditionné à un virement codifié et un tapis rafraîchissant pour golden retriever, l’été 2026 dessine une géographie intime de la survie climatisée, où chaque geste compte, et où la facture, énergétique comme fiscale, reste à la merci d’un climat déréglé.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Continental European press focuses on Italy's practical measures against heat, such as the air conditioner bonus extended to 2026. It highlights rising energy costs and bills with a tone of concern but also pragmatism. There is debate whether AC is an adaptive solution or a maladaptation to climate change.
Iranian press provides advice on protecting children from extreme heat, with a paternalistic and urgent tone. Focus is on children's vulnerabilities and practical solutions like hydration and water-rich foods.
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