
Pourparlers américano-iraniens en Suisse : entre progrès affichés et rupture de la délégation de Téhéran
Le vice-président J. D. Vance a salué une « grande avancée » lors du sommet du lac des Quatre-Cantons, mais la délégation iranienne a suspendu sa participation après les menaces de Donald Trump contre le Hezbollah.
L’ouverture, dimanche 22 juin, de négociations directes entre les États-Unis et l’Iran en Suisse, sous médiation du Qatar et du Pakistan, a immédiatement donné lieu à des déclarations contradictoires. Le vice-président américain J. D. Vance, à la tête de la délégation de Washington, a évoqué des « progrès considérables » et un « nouveau chapitre » dans les relations bilatérales, conformément au mémorandum d’entente signé quelques jours plus tôt. Pourtant, quelques heures après ces propos, l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim annonçait que les représentants de Téhéran avaient quitté le lieu des discussions, en signe de protestation contre un message du président Donald Trump menaçant de frapper « encore plus durement » la République islamique si ses « proxys » au Liban ne cessaient pas leurs actions.
Les positions des parties reflètent l’écheveau d’enjeux régionaux et bilatéraux qui entravent toute désescalade. Côté américain, l’objectif prioritaire, selon les déclarations officielles relayées par la presse anglophone et germanophone, est d’obtenir un engagement iranien irréversible de non-prolifération nucléaire ; Washington exigerait que les inspecteurs de l’ONU puissent accéder aux sites d’enrichissement, dont certains auraient été endommagés lors de récentes frappes attribuées à Israël. En échange, des médias qataris évoquent le déblocage progressif de 6 milliards de dollars de fonds iraniens gelés, destinés à des achats humanitaires. De son côté, le président iranien Massoud Pezechkian a réaffirmé le droit à l’enrichissement de l’uranium, tout en se disant prêt à fournir des garanties écrites que son pays ne cherche pas à se doter de l’arme atomique. Téhéran place cependant la résolution du conflit libanais au cœur des négociations. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a insisté sur le fait que sans cessation définitive des combats entre Israël et le Hezbollah, l’Iran ne pourrait entrer dans la phase des discussions sur l’accord final.
Le Liban constitue ainsi le point de friction le plus immédiat. Un cessez-le-feu, inclus dans le mémorandum américano-iranien, reste très largement inappliqué sur le terrain : l’armée israélienne poursuit ses opérations contre les positions du Hezbollah, tandis que Téhéran fait état d’une « trêve fragile ». En riposte, la marine iranienne a de nouveau annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, ce que contestent les commandements militaires américains, bien que des données de navigation commerciale montrent un net ralentissement du trafic. Selon des analystes de la région, relayés par la presse indienne, cette instrumentalisation du point de passage stratégique vise à accroître la pression sur les États-Unis, dont l’économie subirait des perturbations en cas de blocage prolongé.
Le statut des pourparlers reste incertain. Si la chaîne CNN, citant une source iranienne, évoque des discussions « au point mort » sans pour autant être formellement interrompues, les médiateurs qataris continuent d’afficher leur volonté de maintenir le dialogue. Les équipes techniques, dont la mise en place avait été annoncée par Doha, devaient entamer des travaux sur les dispositions du mémorandum. La feuille de route prévoit un délai de soixante jours pour parvenir à un règlement global. Les observateurs européens s’inquiètent d’un possible enlisement, alors que les canaux diplomatiques restent ouverts mais que la défiance mutuelle et la persistance des violences au Liban hypothèquent toute avancée substantielle.
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Malgré les déclarations de progrès du vice-président américain, la délégation iranienne a quitté les négociations pour protester contre les menaces de Trump au sujet du Liban. L'Iran insiste sur son droit à l'enrichissement d'uranium et la situation reste tendue.
Les États-Unis et l'Iran ont réalisé de grands progrès lors des pourparlers en Suisse, le vice-président saluant une transformation des relations. Un accord de paix à long terme est recherché malgré les tensions persistantes.
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