
New Delhi débloque 1,27 billion de roupies pour ses puces et 625 milliards pour le mobile
Le gouvernement indien a approuvé deux programmes massifs visant à ancrer la production de semi-conducteurs et de téléphones sur son sol, en pleine recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le conseil des ministres indien a validé mercredi 15 juillet 2026 une enveloppe de 1,27 billion de roupies (environ 13,3 milliards de dollars) pour la deuxième phase de sa mission semi-conducteurs, ainsi qu’un nouveau programme de 625 milliards de roupies dédié à la fabrication de téléphones mobiles. Ces décisions, annoncées par le ministre des Technologies de l’information Ashwini Vaishnaw, interviennent alors que les tensions au Moyen-Orient ravivent les préoccupations sur la dépendance aux importations de composants critiques. Le gouvernement table sur des investissements totaux de 4 billions de roupies dans les puces et une production de téléphones cumulée avoisinant 39 billions de roupies sur cinq ans.
Le volet « Semicon 2.0 » élargit un premier dispositif lancé en 2021, qui avait déjà permis l’approbation de douze projets d’usines de fabrication, d’encapsulation et de test, pour des engagements cumulés de 1,64 billion de roupies. La nouvelle mouture couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris les fournisseurs de matières premières, de minéraux et de gaz, et se structure autour de six piliers, dont la conception de puces. Selon les milieux industriels indiens, l’objectif est de parvenir à l’autosuffisance pour les puces indigènes d’ici la fin du programme. Le marché indien des semi-conducteurs, évalué à environ 38 milliards de dollars en 2023, devrait atteindre 45 à 50 milliards en 2024-2025, et New Delhi vise les 100 à 110 milliards à l’horizon 2030.
Parallèlement, le programme de fabrication de mobiles (MPMS) succède au mécanisme de soutien à la production à grande échelle (PLI-LSEM) arrivé à échéance en mars 2026. Il prévoit des incitations à la production allant de 2,25 % à 5 % des ventes éligibles, auxquelles s’ajoutent jusqu’à 1,5 % pour l’approvisionnement local en composants et 3 % supplémentaires pour les marques indiennes investissant dans la conception et la R&D. L’exécutif anticipe la création d’environ 60 000 emplois directs. L’Inde, devenue le deuxième fabricant mondial de téléphones en volume, a vu ses exportations de mobiles bondir de 1 566 crores de roupies en 2014-2015 à 2,6 billions en 2025-2026, dépassant désormais les exportations de diesel et de diamants taillés.
Le même conseil des ministres a également approuvé deux projets autoroutiers dans la région de Varanasi pour un coût total de 254 milliards de roupies, ainsi que neuf usines d’urée à base de gaz. Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie plus large de relocalisation industrielle et de renforcement des infrastructures, alors que les chaînes logistiques mondiales restent exposées aux chocs géopolitiques. La mise en œuvre des nouveaux dispositifs pour les puces et le mobile s’étalera sur les cinq prochains exercices, avec un premier appel à projets attendu dans les semaines à venir.
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Le plan indien sur les semi-conducteurs est une réponse aux vulnérabilités mondiales des chaînes d'approvisionnement, faisant partie d'une course entre nations pour sécuriser la production de puces.
Il replace la décision dans le contexte de la compétition géopolitique, normalisant l'initiative indienne comme une étape nécessaire dans une tendance mondiale.
Le gouvernement indien, sous la direction du Premier ministre Modi, approuve un investissement record pour devenir un pôle mondial des semi-conducteurs, faisant preuve de leadership et de vision stratégique.
Il met l'accent sur les chiffres impressionnants et les attentes d'investissement, créant un sentiment d'élan inévitable et de succès national.
Il omet le fait que de nombreux autres pays investissent des montants similaires ou plus importants dans les semi-conducteurs, et ne mentionne pas le succès limité du programme précédent.
Le cabinet indien a approuvé une expansion de 13,3 milliards de dollars pour les semi-conducteurs, axée sur la PI, les usines et la R&D pour réduire la dépendance aux importations et attirer les capitaux étrangers.
Il réduit l'histoire à une transaction financière et à des objectifs techniques, dépouillant le cadrage géopolitique ou nationaliste.
Le programme indien de 13 milliards de dollars pour les semi-conducteurs est une décision stratégique pour devenir une puissance mondiale de l'électronique, répondant aux vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement et à la concurrence géopolitique.
Il présente l'ambition indienne comme une réponse naturelle et nécessaire aux tendances mondiales, utilisant le langage du pouvoir et de la concurrence pour légitimer l'investissement.
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