
Négociations États-Unis-Iran en Suisse : Téhéran exige la fin des combats au Liban
De hauts responsables iraniens se rendent à Bürgenstock pour des discussions techniques avec les États-Unis, conditionnant la poursuite de l’accord de cessez-le-feu au respect des engagements sur le Liban.
Une délégation iranienne emmenée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf a quitté Téhéran samedi pour la Suisse, où des pourparlers techniques avec les États-Unis sont prévus le 21 juin à Bürgenstock. Selon le ministère pakistanais des Affaires étrangères, qui joue les médiateurs aux côtés du Qatar, ces discussions visent à mettre en œuvre le mémorandum d’entente signé à distance dans la nuit du 17 au 18 juin entre Washington et Téhéran. Côté américain, l’émissaire Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, sont déjà sur place, tandis que le vice-président J. D. Vance, qui avait annulé sa venue le 19 juin, pourrait se joindre aux échanges.
La partie iranienne entend exiger de Washington le respect intégral du texte, en insistant sur la clause de cessez-le-feu au Liban. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a prévenu que si les États-Unis ne prenaient pas « les mesures nécessaires dans les plus brefs délais, l’ensemble de l’accord serait en péril ». Téhéran reproche à l’administration américaine de ne pas avoir empêché les frappes israéliennes sur le sud du Liban, qu’elle attribue à une violation du mémorandum par l’État hébreu — pourtant non signataire. En réaction, le commandement militaire iranien a annoncé une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le transit pétrolier mondial, illustrant sa capacité à faire pression au-delà du seul dossier libanais.
Du côté américain, la relance des discussions traduit la volonté de consolider un accord de paix global au Moyen-Orient, après le déclenchement de la guerre le 28 février par des frappes américano-israéliennes ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei. Les médias américains, citant des responsables anonymes, indiquent que Witkoff et Kushner travaillent déjà sur les « aspects techniques » des négociations. J. D. Vance a évoqué la possibilité d’une rencontre dès dimanche, tout en rappelant que « l’option militaire reste sur la table ». Cette posture ambivalente, associée au souvenir du retrait américain de l’accord nucléaire de 2015, nourrit à Téhéran la crainte que les pourparlers ne servent de couverture à de nouvelles frappes, comme l’ont exprimé plusieurs responsables iraniens dans la presse nationale.
Le mémorandum prévoit une cessation complète des hostilités — y compris la réouverture du détroit d’Ormuz et l’arrêt des combats au Liban — et doit ouvrir la voie à un règlement durable des contentieux nucléaire et balistique. Mais l’absence de mécanisme contraignant pour les acteurs non étatiques et pour Israël fragilise la dynamique. La médiation pakistanaise et qatarie tente de maintenir un canal de communication direct, alors que Téhéran continue, selon les déclarations de son ministre du Pétrole, de lier toute concession sur l’enrichissement d’uranium à une levée totale des sanctions. La réunion de Bürgenstock déterminera si la trêve peut être transformée en cadre politique stable, sous la menace constante d’une escalale régionale.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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The Iranian delegation departed for Switzerland to discuss implementation of the US deal. Tehran aims to press Washington on the Lebanon ceasefire and regional de-escalation, warning that otherwise the understanding may collapse.
The ceasefire in Lebanon appears to have revived negotiations. US envoy Steve Witkoff and Jared Kushner are in Switzerland to meet the Iranian foreign minister. Technical details remain to be ironed out.
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