
Crise de l’emploi : l’Asie accélère les recrutements publics
De Jakarta à Téhéran, en passant par Dacca, les gouvernements ouvrent des milliers de postes pour amortir les chocs économiques et combler les déficits de personnel.
Le programme Padat Karya de Jakarta a attiré 100 000 candidatures pour 2 843 postes, un afflux qui illustre la pression sur le marché du travail indonésien. Initié par le gouverneur Pramono Anung comme filet social, ce dispositif de travaux publics temporaires cible les habitants à bas revenus, offrant des salaires équivalents au salaire minimum provincial pour des contrats de trois à six mois. Les postes, concentrés dans les services de la voirie, des espaces verts, de l’eau et de l’environnement, ont suscité un tel engouement qu’une deuxième phase de recrutement débutera dès la clôture des inscriptions, le 25 juin pour certaines catégories.
Au Bangladesh, le ministère de l’Administration publique a présenté au Parlement un plan échelonné de recrutement : 2 879 postes seront pourvus d’ici six mois, 4 459 en un an et 3 110 en cinq ans, sur un total de 468 220 vacances recensées dans l’ensemble des administrations. Cette montée en charge, détaillée par le ministre délégué, répond à une attrition élevée et à une demande de services publics croissante, dans un pays où l’emploi public reste un débouché majeur pour les diplômés.
En Iran, le ministre de l’Éducation nationale, Alireza Kazemi, a détaillé les solutions pour pallier la pénurie d’enseignants : intégration des 30 000 diplômés annuels de l’Université Farhangian, recours aux lauréats des concours précédents non encore affectés, et rappel de professeurs retraités. Ces mesures doivent garantir la rentrée scolaire sans rupture de service, tout en s’appuyant sur la formation continue pour améliorer la qualité.
Ces trois politiques reflètent une tendance asiatique à utiliser l’emploi public comme amortisseur en période d’incertitude économique, tout en renforçant les capacités administratives. À Jakarta, la transparence affichée du processus vise à prévenir le népotisme ; à Dacca, la planification pluriannuelle cherche à rationaliser une masse salariale historiquement fragmentée ; à Téhéran, la dépendance aux retraités révèle les limites des viviers de formation. Les prochains repères seront l’annonce des résultats de la première vague de Padat Karya le 27 juin et la publication du bilan semestriel bangladais à l’automne.
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Le gouvernement du Bangladesh a présenté au Parlement un plan de recrutement échelonné pour pourvoir des milliers de postes vacants dans l'administration publique dans les années à venir. Des échéances claires témoignent d'une approche pragmatique et méthodique de la gestion du personnel.
Le programme de travail intensif de Jakarta a attiré plus de 100 000 candidats pour seulement 2 800 postes, soulignant la forte demande de revenus parmi les résidents. Conçu comme un filet de sécurité sociale, ce dispositif sera déployé en plusieurs vagues de recrutement.
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