
En riposte à la liste noire du Pentagone, Pékin sanctionne 56 entreprises américaines
Pékin interdit l'exportation de biens à double usage vers dix entreprises américaines et bloque les achats publics auprès de 46 autres, en riposte à la liste noire du Pentagone visant des géants chinois.
Le 22 juin, la Chine a annoncé l'entrée en vigueur immédiate de deux séries de restrictions visant 56 entreprises américaines. Dix sociétés, dont les producteurs de terres rares MP Materials et USA Rare Earth ainsi que des fabricants de drones et de véhicules militaires, sont désormais interdites d'exportation de biens à double usage depuis la Chine. Parallèlement, le ministère des Finances a proscrit l'achat de produits issus de 46 groupes, parmi lesquels Lockheed Martin, Raytheon et la division défense de Boeing, pour toutes les entités publiques chinoises.
Ces mesures constituent une riposte directe à la mise à jour, début juin, de la liste du Pentagone recensant les « entreprises militaires chinoises » opérant aux États-Unis. Washington y a ajouté les géants Alibaba, Baidu et BYD, les privant de contrats avec le département de la Défense. Pékin dénonce une « pratique malveillante » et justifie ses restrictions par la protection de sa sécurité nationale. Les analystes du cabinet The Asia Group, basé à Washington, estiment toutefois que l'impact sera « largement symbolique », la plupart des firmes américaines visées n'entretenant pas de relations commerciales directes avec la Chine.
L'escalade survient un mois après la visite du président Trump à Pékin, où les deux dirigeants s'étaient engagés à réduire les droits de douane et à stabiliser une relation mise à mal par les rivalités technologiques et militaires. La question taïwanaise reste un point de friction majeur : plusieurs des sociétés aujourd'hui sanctionnées l'avaient déjà été en 2024 et 2025 pour leur participation aux ventes d'armes américaines à Taipei. Le secrétaire d'État Marco Rubio a récemment indiqué qu'un nouveau paquet d'aide militaire de 14 milliards de dollars était « en cours d'examen ».
Si les entreprises à capitaux américains opérant en Chine sont exemptées du ban sur les achats publics, la prohibition des transferts par des pays tiers étend la portée des contrôles. La prochaine échéance à surveiller est la fin juin, date à laquelle le Pentagone ne pourra plus contracter directement avec les sociétés chinoises figurant sur sa liste noire, avant une interdiction totale des achats indirects d'ici 2027. Cette séquence illustre la normalisation des instruments de coercition économique dans la compétition sino-américaine, même en période de détente diplomatique affichée.
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La Chine a pris les contre-mesures nécessaires face aux sanctions américaines, imposant des contrôles à l'exportation sur 10 entreprises américaines de défense et de terres rares et interdisant les achats publics auprès de 46 sociétés américaines. Cette action légitime protège la sécurité nationale et répond à la mise sur liste noire injuste d'entreprises chinoises par Washington.
La mesure punitive de Pékin contre Washington vise 10 entreprises américaines vitales de défense et de terres rares, signalant que les États-Unis ne peuvent agir impunément. L'escalade survient malgré la récente visite de Trump destinée à apaiser les tensions, illustrant la fragilité de la diplomatie entre grandes puissances.
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